Point de gestion Seeyond Multi Asset Septembre 2022

Publié le 10 Ocotobre 2022  Produits  
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Période du 16/09/2022 au 30/09/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période dû à la prolongation de la baisse des marchés d’actions et de la hausse des taux. Les marchés restent pénalisés par des chiffres d’inflations toujours élevés pour le mois de septembre et le même discours hawkish des banques centrales. Le tout dans un contexte géopolitique qui continue de se détériorer après le discours de V. Poutine annonçant une mobilisation partielle (300K réservistes) pour combattre contre l’Ukraine et en officialisant l’annexion des régions de Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia, avec en plus la découverte de fuites de gaz dans Nord Stream 1 et 2 dont l’origine reste à définir mais ces fuites pourraient avoir été provoquées par des actes de sabotage.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, les dernières données économiques confirment les craintes d’un ralentissement de l’activité mondiale. En Zone euro, le sentiment des consommateurs a baissé à son plus bas niveau jamais enregistré à -28.8 contre un consensus attendu à -25.5 en septembre. L'indice IFO du climat des affaires en Allemagne a baissé à 84,3 en septembre contre 88,6 en août. L’Indice PMI Flash composite a chuté à son plus bas niveau depuis 20 mois à 48.9 en septembre. Aux Etats-Unis, l’Indice PMI Flash est ressorti supérieur aux attentes à 49.3 contre un consensus à 46.1 mais les inscriptions au chômage ont augmenté lors des dernières publications hebdomadaires.  Au Japon, l’IPC annuel a augmenté à +3.0% en août contre +2.6% en juillet mais la production industrielle a augmenté de +2.7% sur un mois en août contre +0.2% attendu. L’OCDE a abaissé sa prévision de croissance mondiale à +2.2% en 2023 contre prévu à +2.8% en juin). Selon ses perspectives, l’Allemagne devrait entrer en récession en 2023 avec une croissance à -0.7%. La directrice générale de l’OMC a indiqué qu’elle prévoyait une récession mondiale en 2023.

Sur le plan monétaire, la Fed a remonté ses taux de +75bps soit en ligne avec les attentes. Ses taux sont désormais compris entre 3.0% et 3.25% mais la guidance de hausse des taux a augmenté avec une prévision médiane qui prévoit un taux de Fed Funds de 4,4% à la fin de 2022 et de 4,6% à la fin de 2023. La présidente de la BCE Christine Lagarde s'est engagée à tout faire pour empêcher que s'incrustent durablement les effets des hausses de prix. Elle anticipe ainsi une hausse des taux au cours des prochains meetings de la BCE mais plusieurs membres du conseil des gouverneurs de l’institution souhaitent un relèvement des taux de +75bps à nouveau en octobre, avant de procéder à des relèvements de taux de moindre ampleur. La BoE a relevé ses taux de 50bps à 2.25% soit en ligne avec les attentes. Les responsables de la BoE n’ont pas accéléré le rythme de hausse des taux en raison des mesures prises par le gouvernement pour atténuer la flambée des prix de l’énergie qui devrait limiter la hausse de l’inflation. Ainsi, la BoJ et la PBOC restent les seules grandes banques centrales mondiales a conservé un ton « dovish ».

Sur le plan géopolitique, toujours pas de progrès dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine, bien au contraire puisque V. Poutine a officialisé l’annexion des régions de Louhansk, de Donetsk, de Kherson et de Zaporijia et mobilisé 300K réservistes russes pour combattre contre l’Ukraine . V. Zelensky a déclaré que son pays soumettait une demande accélérée pour rejoindre l’OTAN et qu’ils ne négocieront pas tant que V. Poutine restera au pouvoir. A signaler en Italie, G. Meloni est arrivé en tête des élections avec son parti Fratelli d’Italia pour remplacer M. Draghi.

En matière d’énergie, les mesures des Etats pour atténuer les augmentations des prix de l’énergie se poursuivent avec notamment au Royaume Uni, des aides énergétiques qui devraient s’élever à 60Mds£ sur les 6 prochains mois. Les ministres de la zone Euro ont trouvé un accord sur le plan d’intervention énergétique qui prévoit la réduction de 5% de la consommation électrique lors des heures de pointes cet hiver et un prélèvement temporaire de 33% sur les bénéfices supplémentaires des entreprises de l’industrie du pétrole brut, du charbon, du gaz et des raffineries. En Allemagne, le gouvernement a annoncé qu’il dépenserait jusqu’à 200Mds€ pour plafonner les prix du gaz et de l’électricité.

Gestion

Les changements effectués dans les portefeuilles ont été les suivants :

- Actions : baisse de l’exposition et maintien d’un biais tactique prudent. Nous avons allégé notre position sur le SP500 et pris des bénéfices sur les positions de couverture d'options (put 4100/3800 SP500  12/2022). Nous avons introduit une nouvelle position d'options sur le put 3600 SP500 12/2022 (important support technique).

- Taux : légère baisse de la duration et maintien d’un biais tactique négatif sur les obligations souveraines. Vente d'obligations allemandes à 10 et 30 ans, en faveur d’obligations américaines à 10 ans. Maintien de nos positions d'aplatissement des courbes allemandes et américaines et de notre sous-pondération en obligations japonaises.

- Devises : pas de position.

L’exposition globale aux actions est en baisse à 9% et 18% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est à 1.7 et 3.1 respectivement. L’exposition au dollar US est quasi nulle.

Perspectives

A court terme, les tensions sur les marchés devraient se poursuivre avec une succession d'épisodes positifs et négatifs. Sur les marchés obligataires, les rendements souverains devraient rester orientés à la hausse. Aux États-Unis, la Fed devrait maintenir la pression sur sa politique monétaire malgré une détérioration de la croissance économique, et le début du resserrement quantitatif ajoutera une pression supplémentaire à la vente sur les bons du Trésor américains. En Europe, la hausse de l'inflation n'est probablement pas terminée. La crise énergétique devrait atteindre son paroxysme au début de l'hiver avec d'éventuelles restrictions. La BCE est contrainte de rattraper le retard pris ces derniers mois et la hausse des taux courts devrait accélérer. Sur les marchés d’actions, les perspectives fondamentales sont orientées à la baisse (lentement aux Etats-Unis, plus nettement en Europe). Quelques entreprises commencent à faire des avertissements sur résultats, arguant soit une hausse des coûts supérieure aux attentes, soit une pénurie d’approvisionnement en biens de production. Seul le faible positionnement des investisseurs pourrait permettre, par à-coups, de faire remonter temporairement les marchés.

A moyen terme, la probabilité de récession mondiale va s’amplifier au fur et à mesure de la hausse des taux et des prix, constituant un risque majeur sur les profits des entreprises. Dans ce contexte de hausse des taux réels, de détérioration des conditions financières et de ralentissement économique, les analystes devraient être contraints de réviser à la baisse leurs prévisions de bénéfices, accentuant le retournement des multiples. Un ajustement supplémentaire des indices actions est hautement probable. L’analyse technique rejoint l’analyse fondamentale dans une perspective de 3 à 6 mois en envoyant des signaux de grande prudence toujours en tendance baissière actions et haussière taux & dollar.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.