Point de gestion Multi Asset Septembre

Publié le 24 Septembre 2021   Produits  
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Période du 03/09/2021 au 17/09/2021

Performance négative des fonds multi asset sur la période à la suite de prises de profits sur les indices boursiers (sauf sur le Japon) plus une légère tension sur les taux obligataires engendrant une hausse de la volatilité. Les principaux catalyseurs de ces mouvements sont :

  1. Le risque de faillite du 3 ième groupe immobilier chinois Evergrande (possible défaut de paiements sur le remboursement de 84 m$ au 23/09) 
  2. Les échéances trimestrielles sur les futures et options (propices à de fortes fluctuations des prix, surnommées les 4 sorcières)  
  3. L’attente de la réunion du FOMC au 22/09 avec en ligne de mire une possible annonce d’un début de tapering avant la fin de l’année 2021.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, du côté des Etats-Unis les publications sont ressorties en amélioration laissant entrevoir un point bas atteint sur les surprises économiques à la suite d’une forte progression de l'indice Empire manufacturing de la Fed de New York à 34.3 points en septembre après 18.3 en août, de l'indice "Philly Fed" en hausse à 30.7 en septembre versus 19.4 en août, une hausse des ventes au détail de +0.7% le mois dernier contre une baisse de -1.8% en juillet, plus une légère amélioration du moral des ménages américains en septembre avec l’indice de confiance qui a progressé à 71,0 après 70,3 en août. De plus, l’inflation annuelle se stabilise, elle ressort à +5.3% en août, après +5.4% en juillet, soit en ligne avec les attentes, ce qui conforte pour l’instant la Fed de ne pas modifier ses taux directeurs en précisant que nous serions sur un pic d’inflation. En zone Euro, donnée rassurante avec la progression de la production industrielle de +1.5% en juillet en glissement mensuel et de +7.7% sur un an. Cependant, l'inflation est ressortie à +3.0% sur un an en août, à son plus haut niveau depuis dix ans, et d'un mois sur l'autre les prix ont augmenté de +0.4%, ayant pour effet une tension plus marquée sur le taux 10 ans Allemand comparé aux autres pays développés hors zone Euro. A signaler les propos rassurants de la Banque de France, l'économie française a rebondi plus vite que prévu en 2021 et devrait retrouver son niveau d'activité pré-Covid dès le T4 de cette année. L'institut table désormais sur un PIB de +6.3% en 2021, revu en hausse 0.5% versus les dernières projections du mois de juin. En Chine, les indicateurs restent toujours en retrait avec une hausse de la production industrielle de +5.3% en août en rythme annuel contre un consensus de +5.8% et versus +6.4% en juillet, soit le niveau le plus faible depuis juillet 2020, et les ventes au détail ont augmenté seulement de +2.5% par rapport à l'année précédente contre +8.5% en juillet.

Peu de changement en matière de politique monétaire, on constate toujours cette dichotomie marquée entre les banques centrales des pays dits « développés » et celles des pays dits « émergents ». Les banques centrales des pays développés n’ont pas fait évoluer leur message officiel, même si l’inflation fait débat au sein des différents comités et que certains membres de la Fed laissent entendre que les discussions sur le retrait des liquidités pourraient arriver plus tôt que prévu, d’où l’importance du prochain FOMC afin d’avoir une visibilité sur les différentes prises de positions par plusieurs gouverneurs plutôt « hawkish ». A l’inverse, plusieurs banques centrales émergentes ont déjà durci leur discours, voire même augmenté leurs taux directeurs, maintenant un biais haussier pour les prochains mois. En zone Euro, C. Lagarde estime que la reprise de l'économie est plus rapide que ce qui était anticipé il y a six mois et appelle à continuer à travailler main dans la main avec les différents gouvernements européens, en précisant que les mesures visant à améliorer la productivité devraient maintenant être la priorité. De plus, Ursula von der Leyen indique que la Commission européenne va lancer prochainement un réexamen des règles budgétaires de l'UE avec l'objectif de parvenir à une réforme d'ici 2023, afin de laisser du temps aux pays membres pour réduire les déficits budgétaires.

Sur le plan sanitaire, la dynamique de reprise des cas Covid lié au variant Delta dans certains pays principalement en Asie semble se stabiliser et sous contrôle. Dans les autres grands pays, la quatrième vague semble toucher à sa fin. De façon générale, les grands pays vaccinés n'ont connu qu'une hausse des hospitalisations très modérée. Le vaccin est efficace et évite les formes graves de la maladie. L'incertitude demeure cependant sur la durée de protection des vaccins en fonction du profil des personnes. Le taux de vaccination augmente dans de nombreux grands pays avec en tête l'Europe proche de 80% de primo vaccinés.

Sur le pétrole,  l’OPEP voit la demande dépasser en 2022 son niveau d'avant la pandémie soutenant ainsi les cours du baril qui ont clôturé en hausse à 73.5$ pour le Brent et à 70.45$ pour le WTI.

Les indices de volatilités se sont tendus en fin de période à l’approche de la clôture trimestrielle sur les dérivés listés et sur l’incertitude concernant un défaut potentiel sur le groupe immobilier Evergrande. 

Gestion

Peu de changements dans les portefeuilles. Légère hausse de l’exposition aux actions et de la duration. Nous avons conservé nos principaux « trades » de réflation. Nous avons effectué les mouvements suivants sur la période :

  • Actions : maintien de l’exposition aux actions développés, avec une réduction de notre sous pondération au SP500 face au Ftse100; mais réduction de notre exposition aux actions émergentes (données chinoises faibles et risque sur le groupe Evergrande). Maintien de tous les autres biais géographiques et sectoriels.
  • Taux : légère baisse de la duration ; vente tactique sur le Bund (risque sur l’inflation en zone Euro + valorisation)
  • Devises : maintien des biais toujours short USD contre EUR, GBP, JPY, AUD et MXN. 

L’exposition globale aux actions est stable à 40% et 80% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée à 3.4 et 5.8 respectivement. L’exposition au dollar US est stable à -14% et -28%.​

Perspectives

A court terme, les catalyseurs au soutien des indices boursiers restent inchangés : les fondamentaux sont toujours bien orientés ; la situation sanitaire mondiale a tendance à s’améliorer dans les grands pays industrialisés ; les investisseurs se sont récemment « deleveragés » ; les valorisations se sont quelque peu dégonflées suite aux révisions haussières des perspectives de résultats ; les banques centrales ont conservé un discours globalement accommodant et semblent vouloir encore patienter avant de faire évoluer leur biais. Le risque de correction marquée nous semble par conséquent relativement faible mais les incertitudes sur la hausse des taux est toujours d’actualité, en ligne avec une poursuite de l’amélioration du marché du travail, des investissements, des salaires et de la consommation privée, mais peut-être à un rythme plus lent et plus modéré qu’initialement attendu en raison d’un risque sanitaire non encore totalement évacué et une situation chinoise qui s’est dégradée fondamentalement plus un risque de déstabilisation du secteur immobilier, des facteurs sources d’une hausse de la volatilité sur les marchés.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.