Point de gestion Multi Asset Septembre

Publié le 28 Septembre 2020   Produits  
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Période du 28/08/2020 au 11/09/2020​

Point de gestion Seeyond Multi Asset Septembre


Performance négative des fonds Multi Asset sur la période. Forte correction des valeurs technologiques américaines, après les performances époustouflantes depuis le creux des marchés au mois de mars (Nasdaq +82%), force est de constater la violence de la correction (autour de 10%) liée à des prises de profits en particulier sur Tesla et Apple, entraînant à la baisse l’ensemble des indices actions US et une rotation sectorielle en faveur de la Value mais sans déclencher de mouvement de panique.  En Europe, nous avons constaté plutôt une consolidation des indices donc une surperformance par rapport  aux marchés américains avec ainsi un mouvement de rattrapage des actions européennes, idem sur les actions japonaises. Le tout dans un contexte où les dernières nouvelles relatives à l’épidémie Covid 19 restent  inquiétantes et toujours en attente d’un vaccin, avec en plus le retour du Brexit qui ranime les marchés entraînant une nouvelle faiblesse de la livre sterling contre les autres devises du G10.

  • Faits marquants sur la période:

Sur le plan macroéconomique, aux Etats-Unis bonne tenue de l’indice ISM manufacturier sorti en hausse à 56.0 en août versus 54.2 en juillet et mieux qu’attendu avec un consensus à 54.5 mais l’indice ISM des services est en baisse à 56.9 en août versus 58.1 en juillet. Les créations d’emplois non-agricoles sont ressortis en août à 1.371m contre 1.734m en juillet avec un  taux de chômage en baisse à 8.4% pour août vers 10.2% en juillet, le consensus était de 9.8%. En zone Euro le PMI manufacturier est ressorti globalement stable à 51.7 en août versus 51.8 en juillet mais le PMI composite est en repli à 50.5. en août versus 54.7 en juillet pour une estimation de 50.1. En Chine, le PMI manufacturier Caixin est mieux orienté à 53.1 en août versus 52.8 en juillet. L’ensemble de ces données confirment la reprise de l’économie mondiale et l’amélioration de la zone Euro.

Peu de changement du côté des banques centrales, elles maintiennent un discours toujours accommodant et favorable à la reflation des économies mondiales. Sans surprise, la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés et ne se fixe pas d’objectifs en matière de change. Le taux de la facilité dépôt reste fixé à -0,5%, le taux de refinancement à zéro et le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25%. Sa politique d’actif reste également inchangé. Elle a annoncé également s'attendre désormais à une récession cette année un peu moins violente qu'anticipé auparavant dans la zone Euro mais continue de tabler sur un ralentissement marqué de l'inflation.

Sur le plan géopolitique, statu quo sur les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Toutefois, la situation avance différemment et positivement vers un accord entre la Chine et l’UE d’ici la fin de l’année. A l’inverse côté Brexit, elle s’est dégradée depuis que le premier ministre Boris Johnson a affirmé qu’il était prêt à assumer un « no deal » si aucun accord était trouvé avant le 15 octobre. Les représentants du gouvernement  britannique estiment à 30-40% les chances de trouver un accord commun,  et le président du Conseil Européen demande à Londres de clarifier ses projets concernant les aides d’états.

Pas d’avancées sur un accord éminent entre les démocrates et les républicains sur un projet de loi de soutien par un plan de relance à l'économie américaine. Concernant les élections américaines, d’après le Real Clear Politics (RCP est un agrégateur de sondages) Biden détient toujours une petite avance sur Trump à 50% contre 43%. Au Japon, suite à la démission pour raison de santé du Premier ministre Shinzo Abe, le Parti libéral démocrate (PLD) va procéder à des élections le 14 septembre pour désigner son nouveau président.

Forte baisse du prix du pétrole, les stocks de brut sur la dernière semaine sont ressortis en hausse à +2033k contre un consensus à -3000k après avoir été de -9362k la semaine précédente, plus les craintes sur la dynamique de la reprise de la demande ont fortement affecté les cours. En revanche, le prix de l’or est resté en consolidation avec un biais faiblement baissier mais techniquement s’est maintenu au-dessus de son pivot de 1900 points, zone support importante à surveiller pour valider une reprise de la dynamique haussière.

En matière de positionnement, le sentiment des investisseurs a peu évolué sur la période mais les indicateurs techniques de sur achats sur les valeurs du secteur technologique Nasdaq (GAFAM) ainsi que sur l’indice SP500 se sont fortement détendus et désormais en territoire de neutralité, par exemple en passant sur le RSI d’un niveau à plus de 80 à maintenant autour de 50 (zone de neutralité). 

  • Gestion

Début septembre, quelques changements sur les modèles stratégiques par rapport aux signaux envoyés le mois précédent :

-     les modèles fondamentaux sur les actions passent en négatif sur l’Europe, toujours en territoire positif pour les US et négatif sur le Japon ainsi que sur le modèle EM mais leur note s’améliore encore certes  à la marge tout en restant négatif.

-       les tendances sur les actions sont toujours positives sauf pour l’EuroStoxx50 mais qui est proche d’avoir un signal positif.

-       les modèles fondamentaux sur les taux deviennent tous négatifs impliquant une baisse sensible de la duration dans les portefeuilles.

Changements dans les portefeuilles. L'exposition aux actions a diminué avec la baisse des marchés et grâce à la convexité emportée dans les fonds. Concernant la duration, nous avons pris en compte le signal négatif des modèles fondamentaux et ainsi convergé vers l'allocation stratégique. La baisse sur les marchés boursiers ne repose pas sur un mouvement risk-off mais plutôt sur une rotation sectorielles et à une forte consolidation des actions technologiques américaines. Néanmoins, nous prévoyons que ces ajustements se poursuivront dans les prochains jours et que les marchés actions demeureront en consolidation et les investisseurs prudents dans les semaines à venir en attendant le résultat des élections américaines.

-   Actions : réduction de notre exposition sur les actions américaines SP500 et sur le SMI avec ventes de nos positions optionnelles à l’achat de calls 12/2020 à la fois sur le SP500 et sur le SX5E. Nous avons introduit deux  nouvelles positions relatives long Nikkei 225 contre SP500 et short Nasdaq 100 contre SP500, plus légèrement repondéré les actions émergentes. Nous avons conservé nos autres paris long financières US contre SP500 et long Small Cap contre Large Cap US.  

-   Obligations :  réduction de la duration, nous avons vendu des taux allemands, anglais et japonais, plus une prise de bénéfice de la moitié de notre position sur les obligations indexées sur l’inflation US (TIPS 10y) . Nous avons maintenu notre diversification en faveur du 10 ans français face au 10 ans allemand mais vendu celle sur les obligations espagnoles à 10 ans toujours en face du bund.

-   Devises : prise de bénéfice sur notre long CHF/USD, nous avons réduit notre long EUR/USD pour augmenter le long CAD/USD (le positionnement des investisseurs sur l'euro semble très suracheté), nous avons mis en place un short GBP/USD sur le risque de Brexit et conservé notre long JPY/USD.

-   Matières premières : nous avons maintenu à l’identique notre allocation sur les actions minières.

L’exposition globale aux actions est de 18% et 36% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est en baisse à 1.6 et 2.8 respectivement. L’exposition au dollar US est de -6.5% et -13.5% et sur l’or à 1.5% et 3%.

  • Perspectives

A court terme, la forte correction des valeurs technologiques est plutôt saine et justifiée par un niveau de valorisations trop élevées. Comme souvent l’ajustement a été rapide et violent soit une baisse de 10% en 2 séances, cependant il a permis à plusieurs indicateurs techniques de revenir en territoire de neutralité au lieu de sur achat auparavant. Cette ajustement devrait peser sur la dynamique positive des marchés à court terme, les indices actions demeureront certainement en consolidation et les investisseurs prudents en attendant le résultat des élections américaines. En Europe, il faudra surveiller la situation de reprise épidémique dans quelques pays (Espagne, Italie, France …) elle s’est à l’évidence dégradée mais la situation est bien moins catastrophique qu’on ne l’entend dans la presse. En effet, si l’on intègre la hausse du nombre de tests, le nombre de cas paraît bien moins élevé qu’en mars/avril. De ce point de vue et dans la plupart des pays systémiques, des mesures réduites (gestes barrière, distanciation sociale, port du masque) devraient être suffisantes pour juguler le risque d’une 2ème vague. Dans les semaines à venir, la dynamique macro sera probablement le facteur de soutien favorable aux actifs risqués mais il faut s’attendre à un peu plus de prudence de la part des investisseurs dans l’attente de nouveaux catalyseurs positifs.

A plus long terme, on peut identifier plusieurs freins à une reprise pérenne et durable. Tout d'abord la hausse des taux de défaut et la détérioration des conditions d'accès au crédit font peser un risque sur le marché du travail et par ricochet sur la demande privée, risque d'autant plus élevée que les mesures d'urgence déployées par les gouvernements pour soutenir la demande des ménages vont graduellement s'estomper. Ensuite, l’approche des élections présidentielles américaines pourrait exacerber le risque politique. Les républicains sont au plus mal dans les sondages récents et la probabilité d’une majorité démocrate absolue au Congrès, au Sénat et à la Chambre des représentants, pourrait accroître le poids de l’aile gauche du parti et contribuer à une politique plus radicale en matière de fiscalité des entreprises. Enfin, le risque sanitaire est intact. Même si les effets ne seraient en rien comparables avec la première vague en raison de l’expérience acquise en matière de connaissance du virus, les états se préparent à une seconde vague et n'hésitent pas à reconfiner partiellement les régions touchées et à appeler à maintenir les mesures basiques de précaution, contraignant de façon durable les économies à ne pas tourner au maximum de leur capacité. Dans cette situation toujours incertaine, un large trading range sur les marchés des actions nous paraît hautement envisageable dans les six prochains mois. Il conviendra par conséquent d'adopter un pilotage tactique et dynamique de l'exposition aux actions.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.