Point de gestion Multi Asset Octobre

Publié le 26 Octobre 2021   Produits  
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Période du 01/10/2021 au 22/10/2021

Performance positive des portefeuilles sur la période.

Les marchés d’actions ont repris leur tendance haussière, portés par :

  1. Un repositionnement à bon compte des investisseurs sur les actifs risqués,
  2. Une accalmie sur  la hausse du prix des matières premières nonobstant un pétrole bien au-dessus de 80$ le baril,
  3. Une stabilité sur les anticipations d'inflation et de l'évolution des salaires malgré qu'il reste difficile de prévoir la durée des tensions causées par la reprise d'activité après la pandémie de COVID-19,
  4. Des données macroéconomiques mondiales solides aux Etats-Unis et en amélioration en Asie (Chine et Japon),
  5. Des injection de liquidités par les autorités chinoises afin d’éviter un risque de contagion sur le système bancaire liée à la situation du groupe immobilier Evergrande. Les taux gouvernementaux sont restés sous tension, ils reviennent sur leurs points hauts du printemps 2021, tandis que le dollar US s’est globalement stabilisé.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, les données américaines sont toujours bien orientées, l’ISM manufacturier est ressorti en hausse à 61.1 contre 59.5 attendu et les nouvelles commandes aussi à 66.7 contre 63.6 attendu, elles ont dépassé les attentes ainsi que les prix payés. L’indice ISM des services est aussi orienté légèrement à la hausse à 61.9 en septembre contre 61.7 en août, et création de 586.000 emplois en septembre par le secteur privé américain. L’inflation a progressé à 5.4% sur un an proche du consensus de marché à 5.3%, de +0.4% sur un mois et les ventes au détail en hausse de +0.7%. De quoi contenter autant le camp des optimistes que celui des pessimistes ainsi le fait que les données sur la croissance soient en progression repousse le scénario de la stagflation et devrait donc rester positif pour les marchés actions cycliques et la « value ». Toutefois, en zone Euro, les données marquent un tassement tout en restant en expansion, le  PMI composite est ressorti un peu plus faible à 56.2 en septembre contre 59 en août mais au Japon les données se sont améliorées, les exportations de septembre sont ressorties en hausse de +13% (consensus +10.5%) et les importations aussi en hausse de +38.6% (consensus +34.6%), de plus le  PMI manufacturier préliminaire du mois d’octobre (Jibun) a été publié à 53 contre 51.5 en septembre. En Chine, la croissance du PIB au T3 s’est stabilisé à +4.9% sur un an mais les ventes au détail ont progressé de +4.4% en septembre contre un consensus de +3.5% et la production industrielle de +3.1% en septembre.

Sur le plan microéconomique, nous sommes seulement au début de la campagne des publications des résultats trimestrielles des grandes entreprises mais le taux de surprises positives est supérieur à 80% soit au-dessus du consensus.

Sur le plan monétaire, Jerome Powell estime qu’il faudrait débuter le « tapering » dès le mois de novembre pour une fin de stimulus à la mi-2022 mais ne prévoit pas de hausse des taux dans l’immédiat, ajoutant que les pressions inflationnistes devraient se modérer au cours de l’année 2022, laissant entrevoir que la Fed devrait attendre 2023 pour relever ses taux d’intérêt. A souligner, qu’à fin de mieux contrôler les interventions personnelles sur les marchés financiers de la part des membres de la Fed, elle a interdit à ses plus hauts membres (gouverneurs, présidents de Feds régionales et personnel senior) de prendre des positions sur les marchés actions et obligataires, sauf via des véhicules tels que des fonds mutuels, avec des restrictions. Côté Chine, la PBoC a rompu le silence sur la crise de la dette d’Evergrande, affirmant que les risques pour le système financier étaient contrôlables et peu susceptibles de se propager. Elle a continué à injecter d’importantes liquidités afin de limiter la contagion au système financier.

Le conseil d’administration du FMI assure sa “pleine confiance” dans le leadership et l'intégrité de sa directrice générale, Kristalina Georgieva. Il conseille aux Banques Centrales de rester vigilantes face aux risques inflationnistes, et d’agir si les pressions sur les prix devaient montrer des signes de persistance. Ainsi, il abaisse légèrement ses prévisions de croissance mondiale à +5.9% pour l’année contre +6% précédemment, citant les problèmes de chaîne de production pour les économies développées et un risque d’aggravation de la situation sanitaire pour les pays émergents. Le FMI s'attend à une modération des prix de l’énergie d'ici la fin du T1 2022 mais les prix devraient rester élevés pendant l'hiver.

Sur le plan politique, la Chambre des représentants a approuvé le projet de loi adopté par le Sénat sur un relèvement temporaire du plafond de la dette. Joe Biden a signé le texte approuvant le relèvement temporaire du plafond de la dette, mais une solution plus pérenne doit être trouvée avant la nouvelle deadline de début décembre 2021

Sur le pétrole,  les pays membres de l’OPEP + n’ont pas trouvé d’accord sur une hausse conséquente de la production de pétrole, favorisant ainsi une prolongation de la hausse des cours à plus de 80$ par baril. Afin d’éviter un risque de pénurie de gaz au cours de l’hiver, la Commission Européenne négocie avec la Russie l’achat de réserves d’urgence de gaz naturel.

Gestion

Quelques changements dans les portefeuilles à la marge. Légère hausse de l’exposition aux actions et stabilité sur la duration. Nous avons conservé nos principaux « trades » de réflation. Nous avons effectué les mouvements suivants sur la période :

  • Actions : augmentation de l’exposition avec annulation des biais short sur le Nasdaq et les EM (convergence progressive vers l’allocation stratégique) et renforcement de notre biais sur les bancaires euro. Prise de profits sur le pari sectoriel Oil&Gas et remplacement par le secteur Auto. Maintien uniquement d’achats de calls 4600 12/2021 sur le SP500 (réduction du poids de notre poche de convexité).
  • Taux : stabilité du niveau de la duration sur la période mais clôture de nos positions de pentification sur la courbe US, All et UK en vendant la partie courte 2/5 ans et en achetant la partie longue 10/30 ans. Maintien de nos achats sur les TIPS US 5/10 ans.
  • Devises : rachat du long MXN contre USD, maintien de la vente d’EUR contre GBP et du long AUD contre USD.

L’exposition globale aux actions est en légère hausse à 42.5% et 85% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée à 2.9 et 5 respectivement. L’exposition au dollar US est stable à -2.8% et -5.3%.

Perspectives

A court terme, les facteurs de soutien aux indices boursiers restent inchangés : les fondamentaux sont toujours bien orientés ; la situation sanitaire mondiale a tendance à s’améliorer dans les grands pays industrialisés ; les investisseurs conservent un appétit pour les actifs risqués ; les valorisations se sont quelque peu dégonflées suite aux révisions haussières des perspectives de résultats et le positionnement reste positif sans être encore trop extrême. Le focus pour les semaines à venir reste les publications trimestrielles alors que se profile la période la plus active que ce soit sur l’Europe ou sur les Etats-Unis.

Cependant les risques augmentent et pourraient limiter le potentiel de rebond des actions : hausse des taux; inflexion « officielle » du biais des politiques monétaires mondiales, crise immobilière chinoise, risque de hausses de taxes sur les entreprises américaines, tensions au sein du congrès américain au sujet de l’adoption des plans d’investissement en infrastructures et du relèvement du plafond de la dette. Nous doutons d’un scénario à la 2018 en raison d’un niveau des taux longs beaucoup plus faible, des liquidités plus abondantes et des relais de croissance mondiaux plus nombreux. Cependant, les éléments semblent réunis pour avoir une volatilité structurellement plus élevée, typique de la phase du cycle dans laquelle nous nous trouvons -tassement de la croissance post rebond « technique » et inflexion des biais monétaires.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.