Point de gestion Multi Asset Septembre

Publié le 13 Octobre 2020   Produits  
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Période du 28/08/2020 au 11/09/2020​

​ Mid Month October

Performance positive des fonds Multi Asset sur la période.

Dans l’espoir d’un nouveau plan fiscal américain et d’une forte probabilité de voir Joe Biden gagner les élections présidentielles américaines , les actifs risqués ont rebondi et les volatilités implicites ont poursuivi leur détente, ceci malgré une recrudescence du risque sanitaire (Covid) et du risque politique (Brexit) en Europe. Ainsi la reprise de risque graduelle a permis aux portefeuilles de bénéficier d’une partie de la hausse des indices actions.

  • Faits marquants sur la période:

Sur le plan macroéconomique, les Etats-Unis restent sur une bonne dynamique de croissance, avec particulièrement un rebond de la production et de la demande de biens durables, notamment d’équipement. Mais, la reprise manufacturière a perdu de son élan en septembre, le PMI manufacturier s’établissant à 55,4, même si l’ISM des services s’est établi en légère hausse à 57,8. Toutefois, il est fort possible que la consommation se modère s’il n’y a pas d’accord imminent quant à la prolongation des aides exceptionnelles aux ménages américains. Or, celles-ci devraient arriver à échéance courant octobre. De plus les chiffres d’emplois de septembre confirment que le marché du travail a continué de s'améliorer jusqu'à la fin du troisième trimestre, mais à un rythme nettement plus lent. Le ralentissement du retour à l’emploi des personnes exclues du marché du travail devrait limiter la hausse des revenus, impliquant un cycle vertueux moins vigoureux pour la reprise à venir. Et bien sûr, les élections représentent un facteur d’incertitude important ainsi que l’attente de l’adoption ou non d’un plan de relance par le Congrès.

En zone Euro, l’activité ralentit nettement dans les services, le PMI perdant 2,5pts à 48, pénalisée par la faiblesse des services en France (47,5) et en Espagne (42,4), deux pays très touristiques et où une deuxième vague s'est installée. Cependant , la consommation des ménages a bien rebondi, tout comme la confiance. Les ventes au détail sont repassées légèrement au-dessus de leur niveau pré-pandémie. Au-delà, l‘évolution de la consommation va fortement dépendre des comportements d’épargne.

En Chine, après un léger flottement en juillet, les données d’activité ont repris leur marche en avant en août. La nouveauté est que la demande interne, en particulier privée, s’est renforcée. Cela va soutenir la confiance qui s’est redressée en Chine plus rapidement que dans les autres grands pays et la consommation bénéficiera également du fort rebond du crédit. Ainsi, le PMI des services a continué de s’améliorer en septembre alors qu’une légère dégradation était attendue, à 55,9 l’indice est au plus haut depuis novembre 2013 porté par une amélioration de la demande interne et externe. En outre, la confiance à 12 mois dépasse maintenant les 60.

Ainsi, le redressement de l’activité mondiale se poursuit mais de façon hétérogène et il tend à se modérer en Europe suite au retour de la dynamique épidémique.

Sur le plan monétaire, pas de changement les banques centrales ont maintenu un discours toujours extrêmement accommodant et favorable à la « réflation » des économies mondiales. La Fed a désormais une politique basée sur une cible d’inflation moyenne et non plus fixe, et a annoncé que les taux resteraient sur les niveaux actuels au moins jusqu’en 2023. A noter que Jerome Powell estime que le rebond de l'emploi et des dépenses de consommation est « notable » mais il se montre prudent pour la suite. La Fed se tient prête à faire plus si nécessaire. Côté BCE, certains membres ont laissé entendre que de nouvelles mesures de soutien monétaire n’étaient pas à exclure et la BoJ a confirmé garder sa politique monétaire inchangée. Son taux de dépôt restera à -1% et sa politique de rachat d’obligations à 10 ans restera identique avec l’objectif de maintenir un rendement à 0%.

Sur le plan politique, D. Trump ,après avoir été testé positif au Covid 19, a quitté l’hôpital assez rapidement après un traitement contre le virus. Cette situation risque fortement d’annuler le deuxième débat présidentiel prévu la semaine prochaine, surtout que Joe Biden souhaite qu’il n’ait pas lieu si Donald Trump était toujours porteur du coronavirus. Pour autant, après des incertitudes concernant la suite de sa campagne, D. Trump envisage toujours de reprendre les meeting électoraux. Même si l’histoire nous a prouvé que rien n’est jamais joué d’avance, les derniers sondages continuent de donner une large victoire à Joe Biden, suggérant que le parti démocrate prendrait aussi la majorité au Sénat, ouvrant ainsi la voie à un plan de relance massif. De plus, les marchés semblent vouloir accorder du crédit à un apaisement des relations sino-américaines en cas de victoire des démocrates à la Maison Blanche. Côté Brexit, le Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne ont essayé de combler les divergences pour parvenir à un accord commercial post-Brexit, cependant aucune véritable percée n’a pu être constatée mise à part quelques avancées sur des sujets non essentiels.

  • Gestion

Début octobre, plusieurs changements sur les modèles stratégiques par rapport aux signaux envoyés le mois précédent. Nous avons une augmentation significative de l'allocation stratégique actions ce mois-ci:

- L'exposition aux actions est en hausse, grâce à un important retournement positif des modèles fondamentaux dans la zone euro, au Japon et dans les pays émergents. Le principal moteur de ces mouvements était le facteur «Earnings Momentum». Seul le facteur de tendance reste négatif en zone Euro.

- La duration modifiée a légèrement augmenté (mais reste à un niveau historique bas) avec un changement significatif du facteur d'aversion au risque (la consolidation du marché des actions a conduit à un environnement temporaire plus défavorable au risque)

Nous avons décidé de suivre l'allocation stratégique et de conserver nos paris relatifs. Nous pensons que le risque politique américain est actuellement bien (trop?) évalué par les investisseurs. La probabilité d'une victoire complète démocrate semble de plus en plus élevée. La situation macroéconomique mondiale est également solide, en particulier en Asie et aux États-Unis (moins en Europe où la situation épidémique continue de peser sur la confiance). Le futur policy-mix américain devrait être un solide soutien aux secteurs et marchés cycliques.

Sur la période, les changements suivants ont été opérés dans les portefeuilles :

-   Actions : augmentation de l’exposition sur tous les marchés développés et émergents, nous avons conservé nos paris relatifs tactiques sur US Small Cap vs Large Cap, short Nasdaq vs S & P500, long Nikkei et EM vs S & P500 et long Cyclique et Croissance européenne vs Grand marché européen.

-   Obligations :  légère baisse de la duration via une réduction de notre exposition sur le 10 ans anglais et sur les taux américains. Après la phase de consolidation en septembre, nous sommes revenus sur les TIPS US 5 ans contre les taux nominaux US à 5 ans, considérant que le marché devrait acheter un scénario de reflation.

-   Devises : réduction sur notre short GBPUSD (moins de visibilité sur les négociations Brexit) et mise en place du position short AUD/USD. Nous avons maintenu nos longs Euro, CAD et JPY, (positionnement défensif sur le Yen en cas de retournement sur les actifs risqués et baissier dollar US).

-  Matière Première : maintien du biais positif sur les actions minières (or) en guise de diversification.

L’exposition globale aux actions est passée à 30% au lieu de 18% et à 62% au lieu de 36% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est en baisse à 2 et 3.60 respectivement. L’exposition au dollar US est de -6.5% et -13.5% et sur l’or à 1.4% et 2.8%.

  • Perspectives

A court terme, les incertitudes restent très élevées (incertitudes sanitaires en Europe et aux Etats-Unis avec la hausse des mesures de précaution en Espagne, France et un risque pour la région de NYC ; incertitudes politiques liées au Brexit et aux élections présidentielles américaines ; incertitudes économiques liées à la pérennité de la reprise). Ces incertitudes opèrent dans un contexte de valorisations élevées (aux Etats-Unis en particulier) et d’indicateurs de positionnement de court terme sur des points hauts (SP500), ce qui pourrait engendrer une hausse de la volatilité à court terme. Cependant, toutes choses égales par ailleurs, l’avance toujours plus marquée du camp démocrate dans les sondages est de nature à soutenir les actifs risqués en raison de la probabilité croissante du vote d’un plan de relance massif dans les mois à venir. Une victoire des démocrates aux présidentielles américaines serait synonyme de « reflation » mondiale majeure et d’un apaisement –au moins de façade- dans les relations internationales. Ainsi, être absent des marchés des actions aujourd’hui nous paraît plus risqué que d’être investi.

A plus long terme, nous pouvons espérer que la mise sur le marché d’un vaccin contre le Codiv-19 mi 2021 soit de nature à progressivement rassurer les agents économiques et à contribuer à une reflation graduelle mais durable des économies mondiales, ce qui devrait induire une revalorisation des actifs risqués et des secteurs qui ont été les plus fortement touchés par la crise sanitaire. Dans ce contexte toujours incertain, il conviendra alors d'adopter un pilotage tactique et dynamique de l'exposition aux actions.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.