Point de gestion Multi Asset Novembre 

Publié le 23 Novembre 2021   Produits  
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Période du 05/11/2021 au 19/11/2021

Performance négative des portefeuilles sur la période, pénalisés par la forte sous performance du secteur bancaire, la surperformance du Nasdaq et la hausse du dollar US notamment contre l’Euro.

2 thématiques ont tiré à la hausse la volatilité sur la période : les chiffres d’inflation américains et la recrudescence des cas de Covid-19.

Hausse des taux américains ; hausse du dollar US ; forte sous performance de la value contre growth ; hausse de la volatilité.

Faits marquants 

Les chiffres clés de la période ont été les données d’inflation américaine, ressorties en nette hausse et supérieures aux attentes à 6.2% sur le global et 4.6% sur le sous-jacent. Le détail met en avant trois composantes toujours fortement haussières : l’énergie, les véhicules d’occasion et les loyers, qui contribuent pour près de 70%. Si la contribution à l’inflation des deux premières composantes pourraient graduellement s’atténuer au fil des mois, la troisième devrait conserver sa tendance haussier. En 2022, l’inflation devrait ralentir mais rester au-dessus des prévisions de la Fed et au-dessus de la cible des 2/2.25%. Le risque d’un biais plus « hawkish » en 2022 n’est pas nul.

Les autres données macroéconomiques sont globalement bien orientées, notamment aux US (immobiliers, ventes au détail, indicateurs régionaux de la confiance dans l’industrie, confiance des PME, taux d’utilisation des capacités de production) et dans la zone Euro (ventes au détail, enquêtes d’opinion dans l’industrie). En Chine, la crise immobilière continue à impacter négativement les données réelles -investissement- mais les derniers indicateurs avancés (rebond des prêts hypothécaires, hausse des émissions d’obligations des collectivités locales) et les messages proactifs de la PBOC pourraient laisser espérer un point bas d’ici peu.

Les surprises macroéconomiques envoient des signaux porteurs de rebond à moyen terme dans l’ensemble des régions -y compris en Chine-, à l’exception des pays émergents hors Chine où la dégradation ne semble pas encore avoir touché à sa fin.

Sur le plan microéconomique, les résultats des sociétés sont très bons, notamment ceux de la distribution.  Les entreprises ont du cash et peuvent encore absorber les hausses de prix. La demande est également au rendez-vous et les marges sont préservées.

Sur le plan monétaire, les banques centrales des pays développés restent accommodantes, plus que le marché à leur égard. Il y a plus de disparités dans la sphère émergente où la PBOC redevient graduellement plus « dovish » alors que les banques du Mexique et du Brésil n’ont d’autres choix que celui de conserver un posture plus agressive.

Sur le plan politique, le président Biden a validé le plan de relance en infrastructures de plus de 1 000Mds$ précédemment approuvé par le Congrès. Les fonds ont été débloqués pour le transport, les utilities et la connexion internet. Le volet social reste en attente. Quant au plafond de la dette, il pourrait n’être atteint que le 15 décembre (contre le 3 décembre initialement prévu). Cela laisserait un peu plus de temps au Congrès pour trouver un accord sur son relèvement. Au RU, les coûts liés au Brexit ne cessent de s’accroître. Les nouvelles règles post Brexit ont augmenté les coûts des paiements par carte de £150mln par an pour les distributeurs. Dans la foulée, Amazon a déclaré ne plus accepter  de paiement avec une carte de crédit Visa sur sa plateforme au Royaume-Uni à partir du 19 janvier prochain.

Sur le plan sanitaire, les nouveaux cas quotidiens d’infection au Covid-19 augmentent en Chine, mais également en Europe où l’Autriche et l’Allemagne sont particulièrement touchés. Cependant, l’organisation d’un rappel vaccinal s’accélère un peu partout et devrait éviter la mise en place de mesures strictes de confinement dans la plupart des grands pays développés. Par ailleurs, la hausse du taux d’hospitalisation reste très contenue à aujourd’hui dans la plupart des grands pays.

Sur les matières premières, les pays s’organisent pour limiter la hausse. Les Etats-Unis ont sollicité certains pays, dont la Chine, l'Inde et le Japon, pour qu'ils envisagent de puiser dans leurs réserves de brut dans le cadre d'une démarche coordonnée visant à faire baisser les prix de l'énergie. A noter que selon l’EIA, l’offre  de pétrole devrait redevenir excédentaire en 2022 et contribuer à stabiliser les prix.

Gestion

Peu de changements dans les portefeuilles sur la période :

  • Actions : maintien de l’exposition globale. Baisse du biais tactique relatif positif sur la zone Euro par rapport au SP500 (le risque Covid pourrait être un frein à la surperformance de l’Eurostoxx50)
  • Taux : maintien de la duration. Clôture de la position à l’aplatissement du spread allemand 5/30. Nous avons soldé toutes nos positions de courbes car il nous semble que ces dernières pourraient rester volatiles sans réelle direction.
  • Devises : clôture du long Euro contre USD (différentiel de politique monétaire + 5ième vague de Covid en Europe), transformation du long AUD contre USD en long AUD contre USD (l’objectif est de rester positionner sur le dollar australien mais d’être indépendant du dollar US dont la volatilité pourrait augmenter). Les ptfs sont quasi neutres sur l’USD (légèrement négatifs).

L’exposition globale aux actions est restée autour de 37% et 74% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée à 2.5 et 4.4 respectivement. L’exposition au dollar US est de -0.57% et  -1.6%.

Perspectives

A court terme, les facteurs de soutien aux indices boursiers restent inchangés : les fondamentaux macroéconomiques et microéconomiques sont toujours bien orientés ; la situation sanitaire mondiale reste sous contrôle malgré une hausse des cas en Europe; les investisseurs conservent un appétit pour les actifs risqués, notamment le retail américain ; les valorisations se sont quelque peu tendues mais les publications de résultats des entreprises sont bien orientées en Europe comme aux Etats-Unis. Par ailleurs, le marché est protégé, à en juger par les principaux indicateurs de volatilité, limitant le risque de correction à court terme.

A moyen terme, le sujet du « tapering », de l’inflation, des futures hausses de taux, du ralentissement de la croissance chinoise et de la hausse des taxes des entreprises vont graduellement revenir sur le devant de la scène au fur et à mesure que le risque sanitaire va s’apaiser. Le face-à-face entre la Fed et le marché n’est pas terminé, augurant une hausse de la volatilité sur les marchés -notamment obligataires- dans les mois  à venir.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.