Point de gestion Seeyond Multi Asset Mars 2022

Publié le 21 Mars 2022  Produits  
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Période du 25/02/2022 au 11/03/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période, tirée à la baisse par le mouvement correctif sur les marchés d’actions alors que les taux sont restés stables et n’ont pas servi de valeur refuge. Dans le sillage de la guerre en Ukraine pour laquelle il est difficile d’anticiper une issue favorable rapide, les volatilités implicites sont restées tendues, le prix des matières premières a fortement augmenté et le dollar s’est apprécié, notamment contre l’Euro. Seul l’or a profité de la période d’incertitudes et s’est renchéri. A noter que les banques de la zone Euro et les pays émergents ont fortement sous performé. Les thématiques liées au pétrole et l’or ont surperformé, à l’image du dollar Australien qui fait partie des rares devises à s’être appréciée contre dollar US.

Faits marquants 

Sur le plan géopolitique, le conflit en Ukraine s’annonce très différent de la guerre « éclair » de Crimée en 2014. Elle pourrait s’étendre dans le temps et créer des tensions inflationnistes plus durables.

Les ukrainiens s’organisent et font preuve d’une réelle résistance et détermination. Le gouvernement de Kiev est soutenu par son peuple et ne plie pas, même si le président Zelenski « aurait » accepté de retirer sa demande d’intégration à l’OTAN. L’armée russe avance et déploie sa stratégie d’encerclement du pays. Alors que l’Europe et les Etats-Unis continuent à envoyer des armes et des vivres à l’Ukraine, la Chine réitère son soutien au Kremlin. A aujourd’hui, les conséquences immédiates de ce conflit sont principalement de trois ordres : 1- une catastrophe humanitaire avec le déplacement de près de trois millions de réfugiés et plusieurs milliers de morts, 2- une hausse du prix des matières premières énergétiques, industrielles et alimentaires avec des effets potentiellement récessifs à moyen terme dans le monde et une résurgence des troubles sociaux dans les pays émergents, 3- une baisse potentielle d’activité dans les pays commerçant avec la Russie dans le sillage des sanctions de la communauté internationale à l’encontre du pays.

Sur le plan macroéconomique, les données fondamentales publiées sur la période ont été mitigées en dynamique  mais restent globalement solides en niveau. Le conflit en Ukraine est trop récent pour avoir un impact sur les dernières publications.

Aux Etats-Unis, les indicateurs de confiance dans l’industrie sont ressortis bien orientés que ce soit l’ISM manufacturier, les commandes de biens durables ou le rapport sur l’emploi. L’activité dans les services, dans les PMEs et la confiance des consommateurs s’infléchissent quelque peu et les pressions inflationnistes demeurent élevées et persistantes. En Europe, l’activité est toujours soutenue portée par la réouverture des économies post pandémie et la mise en place graduelle du plan de relance européen. Au Japon, les indicateurs se reprennent même si l’activité dans les services reste fragile. En Chine, les indicateurs de confiance repassent la barre symbolique des 50 et l’inflation semble sous contrôle, portée par la baisse du prix du porc. Cependant, l’activité dans le secteur immobilier est toujours sous pression et les autorités ont annoncé préparer un plan de soutien.

Aux Etats-Unis, en Europe et dans les pays émergents, les indicateurs de surprises macroéconomiques ont atteint des points hauts locaux et pourraient décevoir à court terme. Au contraire, le potentiel de surprises positives est élevé au Japon.

Sur le plan monétaire, en dépit de l’invasion russe en Ukraine, les banques centrales tentent de garder le cap de la normalisation, dans la foulée de la hausse des tensions inflationnistes. La BCE a tenu son comité. Officiellement,, la présidente Lagarde a conservé son message et a confirmé son plan de réduction graduel des achats d’actifs via l’APP jusqu’au mois de juin, tout en notifiant que la hausse des taux n’était pas encore d’actualité. Au-delà du mois de juin, toutes les options quant à une extension de l’APP ou pas restent ouvertes en fonction de l’impact de la guerre en Ukraine sur les données économiques et financières.

La banque centrale a légèrement révisé à la baisse (3.7%) ses prévisions de croissance pour 2022 et à la hausse (5.1%) ses prévisions d’inflation. Contrairement à la situation américaine, la BCE reconnaît que les risques sur la croissance sont extrêmement élevés, que la progression des salaires dans la zone Euro est atone et que les pressions inflationnistes sont principalement dues à un choc d’offre provoqué par le conflit. Elle estime que les conditions monétaires et fiscales sont très accommodantes et que les banques ont retrouvé les niveaux de profits pré pandémique. La BCE a délivré un message « officiel » de nature à ancrer les anticipations d’inflation. Toutefois, elle a reconnu que les incertitudes étaient très élevées et qu’elle devrait rester très flexible en fonction des événements. Un écart pourrait très vite se creuser au sein des principales banques centrales mondiales avec une PBOC, une BoJ, une RBA et une BCE relativement prudentes, et une Fed, une BoE, une BoC plus offensives.

Post comité de la BCE, les taux d’intérêts à long terme européens se sont tendus, notamment les taux périphériques italiens, espagnols et portugais, provoquant une détérioration implicite des conditions financières.

Sur le plan sanitaire, la pandémie repart en Asie, à Hong-Kong et en Chine en particulier où la politique « zéro Covid »,peu adaptée au nouveau variant Omicron de par sa contagiosité, se traduit par la fermeture de grandes villes, régions, et usines. Des pressions dans les chaines d’approvisionnement pourraient ressurgir.

Sur le marché des matières premières, le prix du pétrole, du gaz et des denrées alimentaires ont poursuivi leur envolée. Lors du sommet de Versailles, outre une hausse des budgets militaires -en Allemagne en particulier-, les pays européens ont réfléchi à un plan stratégique pour diminuer rapidement leur dépendance à l’énergie russe. Des informations plus précises sont attendues pour la fin du second trimestre et les autorités européennes ont d’ores et déjà prévenu qu’une telle décision demanderait « des efforts et des sacrifices ».  A aujourd’hui, les actions de l’OPEC+ pour accroître la production et l’utilisation des réserves stratégiques mondiales ont peu d’impact sur les cours.

Gestion

Peu de changements sur les modèles Stratégiques au mois de février : 

  • Actions : seul le modèle fondamental Américain est resté en territoire positif. Le Japon est repassé en négatif (révisions bénéficiaires en baisse et risque plus élevé sur l’inflation). L'Europe et les Emergents restent en territoire négatif. La tendance est baissière dans toutes les zones. Ainsi, le niveau global d'exposition aux actions n’a que très peu évolué : la légère baisse sur le Japon est compensée par une légère hausse sur les actions Américaines.
  • Taux : le modèle fondamental est globalement stable. Seul le signal sur les taux japonais est devenu un peu plus positif (amélioration du facteur activité), ce qui a conduit à une faible augmentation de la duration, principalement sur les obligations japonaises.

La guerre entre l’Ukraine et la Russie a entraîné un fort mouvement d'aversion pour le risque sur les marchés, une crise politique en Europe et un manque de visibilité notable, surenchéris par les menaces nucléaires russes. Nous avons décidé de réduire tous nos paris tactiques pro réflationnistes / pro cycliques et d'être tactiquement sous-pondérés sur les actions. L'exposition aux actions est désormais concentrée sur les marchés américains et britanniques. Nous avons également décidé d'augmenter légèrement la duration modifiée afin de protéger les portefeuilles contre une escalade inévitable en Ukraine.

  • Actions : réduction de l’exposition, vente des actions de la zone Euro, Japonaises et du secteur bancaire américain. Baisse de l’exposition sur les  actions anglaises et technologiques américaines.
  • Taux : légère augmentation de la duration modifiée via l’achat de taux allemands à 10 ans.
  • Devises : pas de positions.

L’exposition globale aux actions est en baisse proche de 11% et 23% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en hausse à 3.7 et 6.8 respectivement. L’exposition au dollar US est quasi nulle.

Perspectives

A court terme, la prime de risque des marchés d’actions reste élevée et devrait continuer à augmenter. L’incertitude entourant les effets directs et indirects du conflit russo-ukrainien sur l’environnement économique et financier mondial, la durée du conflit, les tensions sur les matières premières, les possibles erreurs de politiques monétaires et l’évolution des marges des entreprises ne permettent pas d’envisager une reprise durable des actifs risqués. Nous considérons que la crise ukrainienne n’est pas encore de nature à changer définitivement les perspectives de moyen terme et à faire dérailler la reprise globale. Mais elle est suffisamment importante pour générer des incertitudes à court terme, dans un environnement de marché par ailleurs fragilisé par les tensions sur les taux d’intérêts. Nous préférons donc adopter un profil prudent, prendre le temps d’évaluer la situation et garder la possibilité de profiter d’opportunités qui pourraient se présenter dans les semaines à venir.​

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.