Point de gestion Multi Asset Mars

Publié le 12 Mars 2021   Produits  
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Période du 26/02/2021 au 12/03/2021


Performance positive des fonds Multi Asset sur la période. Contribution positive des actions, des taux et des devises. Les portefeuilles ont profité de la hausse des actions et de l’évolution hétérogène des taux selon les zones géographiques. Les taux américains à 10 ans se sont tendus mais notre diversification des taux US via les TIPS et la partie courte de la courbe américaine en a fortement limité les effets négatifs. Nos positions relatives ont également constitué un soutien notamment notre prudence sur les valeurs technologiques américains contre les « small&mid caps », les actions émergentes et les actions américaines en général (surpondération des actions européennes). Enfin, nos paris sur les devises ont aussi apporté de la valeur que ce soit le long cad contre usd, le short chf contre usd ou le short euro contre usd.

Les marchés d’actions sont extrêmement solides et résistent parfaitement à la rotation sectorielle en cours provoquée par l’amélioration conjoncturelle et les craintes exacerbées et exagérées de reprise imminente marquée et durable de l’inflation.


  • Faits marquants sur la période:

Les semaines passent et se ressemblent avec beaucoup de volatilité intraday, une rotation sectorielle à la faveur de la value et des cycliques au détriment de la croissance (sous performance marquée du secteur technologique), mais des indices boursiers qui restent haussiers.

Sur le plan macroéconomique, les données publiées sur la période sont extrêmement rassurantes. Les indicateurs de confiance de début de mois restent bien orientés aux Etats-Unis, au Japon, en Europe et dans la plupart des grands pays émergents avec une hausse marquée dans le secteur manufacturier et une amélioration et/ou stabilisation dans le secteur des services selon les pays, et ce malgré une recrudescence de la pandémie et des mesures de restriction de la mobilité en Europe. En Chine, la dynamique ralentit légèrement, mais ce n’est en rien préoccupant pour la reprise économique mondiale car les prêts accordés au secteur privé restent solides et ce frein est clairement voulu par les autorités en lien avec leur double objectif de croissance et de maitrise de l’endettement. Rebond attendu de l’activité marqué aux Etats-Unis dès le T1 2021 et au RU dès le T2 2021 ; rebond retardé dans la zone Euro pour le T2 ou le T3 en fonction de l’évolution du plan de vaccination et de la pandémie.

Sur le plan monétaire, les banquiers centraux n’ont de cesse de rassurer les marchés par rapport à un quelconque durcissement imminent, que ce soit la Fed, dont les membres répètent régulièrement que la reprise de l’inflation sera graduelle et plus lente que ce que les marchés anticipent aujourd’hui, la RBA, ou la BCE qui a annoncé une accélération de ses rachats de dettes dans le cadre du PEPP dès le trimestre prochain (la taille du PEPP demeure inchangée à 1 850Mds€ et le programme sera maintenu jusqu'en mars 2022, au minimum). Pour des effets de base, des effets techniques (rétablissement du taux de tva en Allemagne) et en raison de la hausse récente du prix des matières premières, les chiffres d’inflation sont amenés à augmenter à court terme, peut-être au-delà de la cible des 2% aux Etats-Unis, mais cette hausse pourrait n’être que temporaire. Le ralentissement chinois devrait tempérer la hausse du prix des matières premières ; l’excès des capacités de production au niveau mondial et les fortes destructions d’emplois devraient limiter les tensions inflationnistes plus sous-jacentes.

Sur le plan fiscal, Biden est parvenu à obtenir l’accord de la Chambre des Représentants pour le plan de relance d’urgence de 1.9 trls de dollar US. Le plan prévoit notamment 400Mds$ destinés à fournir une aide directe de 1.400$ à la plupart des Américains, 350Mds$ d'aides aux Etats et municipalités locales, 15Mds$ consacrés à la vaccination, 50Mds$ pour les tests et le traçage et 10Mds$ pour la production de vaccins. Devrait suivre un second plan de relance pour un montant quasi équivalent mais axé sur les infrastructures et les secteurs de demain d’ici la fin de l’année. Ce second volet est extrêmement important pour tracer la croissance de plus long terme des Etats-Unis et tirer la croissance mondiale.

Sur le plan sanitaire, la vaccination accélère dans l’ensemble des pays. Les Etats-Unis et le Royaume Uni font largement la course en tête et devraient être les premiers à rouvrir leurs économies. Les autres pays européens restent à la traîne et pourraient accumuler plus de retard en raison d’une suspension temporaire du vaccin Astrazeneca suite à quelques cas suspects post-vaccination constatés dans plusieurs pays. Une étude est en cours. A noter que le vaccin de Johnson & Johnson a obtenu l’approbation de mise sur le marché aux Etats-Unis et en Europe.

  • Gestion

Peu de changements dans les portefeuilles sur la période. Les modèles stratégiques au début du mois de mars ont peu évolué : les signaux (de tendance/risque et fondamentaux) restent positifs sur tous les marchés sur les actions ; les signaux fondamentaux sont repassés positifs sur les taux américains et australiens, neutres sur les taux japonais et allemands. Ils sont restés positifs sur les taux britanniques.

-   Actions : nous avons augmenté le poids des actions de la zone Euro au détriment des actions américaines et japonaises, et maintenu tous les autres paris relatifs géographiques, stylistiques et sectoriels. Nous avons également introduit des stratégies optionnelles « delta-hedgées » sur les actions américaines, de la zone Euro et japonaises. La hausse des marchés d’actions a naturellement provoqué une hausse de l’exposition dans les ptfs.

-   Obligations : nous avons abaissé le poids du taux à 10 ans allemands et britanniques au profit des taux japonais et américains.  Nous avons maintenu nos paris de pentification sur la courbe américaine, allemande et britannique, ainsi que l’exposition aux TIPS.

-   Devises : pas de changement ;  nous avons maintenu le long AUD contre EUR, long CAD contre USD, short CHF contre USD, et le short EUR contre USD. Les changements proviennent exclusivement d’ajustements techniques.

-  Matières Premières : pas de changement ; nous avons maintenu le poids de l’or dans les portefeuilles au même niveau.

L’exposition globale aux actions est  légèrement en hausse pour des effets de marché à 33% et à 65% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est à 3.78 et 6.75 respectivement. Exposition au dollar US à hauteur de 1.5% et 3.3%. Exposition à l’or de 1.3% et 2.6%.

  • Perspectives

A court terme, la vitesse de la hausse des rendements obligataires rend les investisseurs nerveux. Les investisseurs craignent une hausse brutale et durable de l’inflation, et un infléchissement des politiques monétaires notamment de la part de la Fed. Si l’inflation est amenée à s’accroître dans les prochains mois et trimestres, en lien avec la reprise de l’activité économique mondiale et la mise en place des plans de relance mondiaux, cette hausse sera selon nous beaucoup plus graduelle et modérée que certains investisseurs ne le pensent. La « réflation » des économies est un long processus qui s’étale dans le temps et les banques centrales , y compris la Fed, ne prendront pas le risque de durcir leur discours avant que les signes de déflation liés à la pandémie ne soient définitivement écartés.  Les banques centrales seront patientes, et même plus patientes que lors des cycles précédents. Elles monitoreront de près les taux réels et les conditions financières, et feront en sorte que ceux-ci restent attractifs pour éviter que la reprise n’échoue. Ainsi, si les rendements des taux obligataires devraient continuer à se tendre à moyen terme, le rythme d’appréciation devrait être beaucoup plus lent, réduisant ainsi graduellement le stress sur la valorisation boursière.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux. Les risques, qu’ils soient politiques, économiques, sanitaires ou commerciaux pourraient avoir atteint un pic, tout comme le durcissement des conditions d’accès au crédit par les banques commerciales. L’atténuation du risque sanitaire post vaccination attendue pour la seconde partie de l’année sera de nature à alimenter un climat de confiance plus propice à l’investissement, tout comme la mise en place effective des volets infrastructures des plans de relance qui devraient être votés dans le courant de l’année pour ce qui est des Etats-Unis, et déployés dans les mois à venir pour ce qui est de l’Union Européenne.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.