Point de gestion Multi Asset Mai

Publié le 18 Mai 2021   Produits  
LinkedIn 3

Période du 30/04/2021 au 14/05/2021

Performance positive des fonds Multi Asset malgré des marchés actions majoritairement en territoire négatif, en raison d’une prudence relative tant sur les actions que sur les taux, et d’une surpondération notable des actions européennes qui ont fait preuve d’une belle résistance durant l’épisode « risk-off » de ces derniers jours.

  • Faits marquants sur la période:

La tendance est à la consolidation sur les indices boursiers sur fonds de résurgence des craintes inflationnistes et d’un possible moindre soutien monétaire à venir. Les actions des pays les plus avancés dans le cycle et les plus sensibles aux hausses de taux d’intérêts ont sous performé (valeurs technologiques américaines, actions d’Asie émergente, actions japonaises, actions émergentes). Sur le segment obligataire, les obligations indexées à l’inflation ont sur performé les taux nominaux. Les taux européens ont fortement sous performé les taux américains. Le dollar US s’est déprécié, notamment face au GBP et au CAD. L’or a fortement rebondi et la pétrole est resté stable.

Sur le plan macroéconomique, les indicateurs de confiance mondiaux du mois d’avril montrent que la reprise se poursuit dans le secteur de l’industrie comme dans les services, ce qui est une excellente nouvelle. Nous constatons cependant quelques dynamiques divergentes dans le secteur manufacturier, avec un rattrapage de l’Europe et des données moins bien orientées, quoique sur des niveaux élevés, en Chine et aux Etats-Unis. Les données américaines de début de mois font état de signaux plutôt mixtes : l’ISM manufacturier est ressorti en baisse et inférieur aux attentes (à l’exception de la composante prix qui augmente, toutes les autres marquent le pas) ; le rapport sur l’emploi s’est avéré très décevant avec une hausse du taux de chômage alors que le marché attendait une baisse et des créations d’emplois plus basses qu’attendu (à noter cependant une hausse du taux de participation, signal d’optimisme post-crise des ménages américains) ; les ventes au détail du mois d’avril ont, certes, été décevantes mais celles du mois de mars, déjà élevées, ont été révisées à la hausse et la tendance de moyen terme reste solide – la distribution des chèques est de nature à induire de la volatilité sur les données de consommation privée ; les données d’inflation sont ressorties en hausse et supérieures aux attentes, tout comme les prix à la production ; les PME américaines sont plus optimistes mais font état d’une difficulté croissante à recruter, ce qui pourrait se traduire par une hausse des salaires, hausse néfaste pour les marges des entreprises américaines mais positive pour la croissance et la consommation privée ; les demandes d’allocation chômage restent baissières et envoient des signaux positifs. Les aides gouvernementales toujours en cours -jusqu’au mois de septembre- semblent quelque peu perturber la lecture des données et pourraient entrainer une hausse de l’inflation à court terme supérieure aux attentes, hausse qui pourrait induire de la volatilité sur les marchés. En Chine, sans surprise, la croissance de l’offre de monnaie se retourne, en lien avec la volonté des autorités de freiner l’accès au crédit et l’endettement. Par ailleurs, les prix à la production et la consommation augmentent, les premiers beaucoup plus fortement que les seconds. En matière d’inflation, partout dans le monde on constate une hausse des chiffres d’inflation, à des degrés différents selon les pays. Si les pays développés ont une inflation gérable et encore modérée, d’autres sont particulièrement touchés et cela pourrait compromettre leur reprise post-crise. C’est notamment le cas de certains pays émergents (Brésil/Turquie) qui sont beaucoup plus sensibles à l’évolution du prix des matières premières industrielles et agricoles. Certains de ces pays ont déjà fait évoluer leur biais monétaire, à l’image de la banque centrale du Brésil.  

Sur le plan monétaire, les principales banques centrales mondiales ont conservé un discours très accommodant (à commencer par la Fed qui a réitéré ses propos sur le côté temporaire du rebond marqué des chiffres d’inflation, précisant qu’elle maintenait son programme de rachat d’actifs hebdomadaire de 80Md$ avec la précision cependant que celui-ci serait désormais réorienté vers les maturités longues (7-ans et au-delà). A noter que la BPOC, conformément aux attentes, est devenue moins active et que la banque du Brésil a relevé ses taux directeurs pour faire face aux pressions inflationnistes croissantes. Graduellement, le biais monétaire constitue un facteur discriminant au sein des économies mondiales et des marchés.

Sur le plan politique, les pressions géopolitiques entre les Etats-Unis d’un côté, et la Chine et la Russie, de l’autre, restent fortes, et cela commence à avoir des répercussions sur l’activité des entreprises (Tesla).

Sur le plan microéconomique, les annonces des résultats des entreprises aux Etats-Unis comme en Europe surprennent positivement malgré des attentes très élevées, notamment dans le secteur bancaire, technologique et dans le luxe.

Sur le plan sanitaire, la campagne vaccinale continue de s’accélérer aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, mais surtout en Europe. Après les Etats-Unis et le RU, un calendrier de lever des restrictions sanitaires d’ici la fin du mois de juin se met en place dans la zone Euro. Toutefois, la situation pandémique reste extrêmement préoccupante en Inde, et se dégrade à Taiwan (probabilité élevée de nouvelles mesures de contrainte de la mobilité) et au Japon (maintien l’état d’urgence dans les principales provinces (Tokyo, Osaka, Kyoto), alors que les JO d’été approchent à grands pas mettant en avant un risque fort d’annulation de cet évènement déjà reporté à cause du Covid19). A noter que l’Asie et les pays émergents restent très en retard en matière de vaccination.

Le prix du pétrole est plutôt stable mais a subi quelques accès de volatilité suite à la cyberattaque des principaux oléoducs de la Côte Est américaine, a priori par des machines localisées en Russie selon les propos du président Biden.

  • Gestion

Les modèles stratégiques du mois d’avril ont apporté les changements suivants :

-  Actions : hausse des actions US - signal fondamental positif sur toutes les zones, en hausse marquée aux Etats-Unis suite à l’atténuation des indicateurs de croissance macroéconomiques (baisse de l’ISM manufacturier) ; les tendances et les régimes de risque sont en territoire positif sur toutes les zones.

-  Obligations : peu de changements - signaux stratégiques plus hétérogènes d’une zone géographique à une autre (baissier taux US et australiens/haussier taux allemands et japonais/neutre taux britannique).

Les modèles stratégiques et notre analyse discrétionnaire nous ont conduits à effectuer les changements suivants dans les portefeuilles :

- Actions : pas de modification significative de l’exposition globale (le poids des actions US a évolué en fonction du marché en rapport avec les options contenues dans le ptf) ; maintien des biais géographiques positifs sur la zone Euro et le Ryaume-Uni ; maintien des stratégiques optionnelles de protection sur les actions (notamment le Nasdaq et le Nikkei) ; vente du secteur de l’assurance (prise de profits) et achat du secteur énergétique (nouvelle position) en relatif par rapport au Stoxx600

- Taux : pas de changement.

-   Devises : prise de profits sur le long AUD/EUR et GBP/USD ; rachat du short EUR/USD ; achat de Yen contre USD en guise de protection.

L’exposition globale aux actions est en baisse à 28% et à 57% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est stable à 2.8 et 4.8 respectivement. L’exposition au dollar US est de -6.8% et -13.6%. 

  • Perspectives

A court terme, la vitesse de la hausse des rendements obligataires et le risque de pénuries de composants électroniques rendent les investisseurs nerveux. Les investisseurs craignent une hausse brutale et durable de l’inflation, et un infléchissement des politiques monétaires notamment de la part de la Fed. Si l’inflation est amenée à s’accroître dans les prochains mois et trimestres, en lien avec la reprise de l’activité économique mondiale et la mise en place des plans de relance mondiaux, cette hausse sera selon nous beaucoup plus graduelle et modérée que certains investisseurs ne le pensent. La véritable « reflation » durable des économies est un long processus qui s’étale dans le temps et les banques centrales , y compris la Fed, ne prendront pas le risque de durcir leur discours avant que les signes de déflation liés à la pandémie ne soient définitivement écartés. Les banques centrales seront patientes, et même plus patientes que lors des cycles précédents. Elles monitoreront de près les taux réels et les conditions financières, et feront en sorte que ceux-ci restent attractifs pour éviter que la reprise n’échoue. Ainsi, si les rendements des taux obligataires devraient continuer à se tendre à moyen terme, le rythme d’appréciation devrait être beaucoup plus lent, réduisant ainsi graduellement le stress sur la valorisation boursière. Par ailleurs, les résultats de nombreuses entreprises confirment un rebond conséquent des bénéfices.

Cependant, les dernières données d’inflation surprennent à la hausse alors que les chiffres économiques américains et chinois sont plus modérés qu’attendu. L’envoi des chèques aux ménages américains perturbe l’interprétation des données (créations d’emploi plus faibles / tensions sur les salaires) et pourrait justifier à court terme des pressions inflationnistes plus fortes, quoique temporaires. Par ailleurs, de nombreux indicateurs de sentiment et de positionnement commencent à devenir un peu extrêmes, ce qui, combiné à des chiffres d’inflation plus élevés, une résurgence des cas de Covid en Asie,  et des données fondamentales localement moins porteuses, pourraient inciter à quelques prises de bénéfices là-aussi temporaires. Cette situation pourrait également accentuer un repositionnement vers les marchés les plus en retard dans la reprise et les moins sensibles à la hausse des taux. (Europe)

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’atténuation du risque sanitaire post vaccination attendue pour la seconde partie de l’année sera de nature à alimenter un climat de confiance plus propice à l’investissement, tout comme la mise en place effective des volets infrastructures des plans de relance qui devraient être votés dans le courant de l’année pour ce qui est des Etats-Unis, et déployés dans les mois à venir pour ce qui est de l’Union Européenne.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.