Point de gestion Multi Asset Juin

Publié le 11 Juin 2021   Produits  
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Période du 28/06/2021 au 11/06/2021

Performance positive des fonds Multi Asset grâce à une bonne tenue des marchés actions. A noter que la forte détente sur les taux longs au début du mois de juin et la rotation sectorielle à la faveur des secteurs de croissance et au détriment des financière, a été coûteuse pour les portefeuilles. Cependant, nous estimons que ce mouvement ne devrait pas durer. Il s’expliquerait par un rachat de positions très majoritairement « shorts » de la part des investisseurs qui craignaient un dérapage inflationniste aux Etats-Unis et qui ont été rassurés par les dernières données d’inflation et le rapport sur l’emploi du mois de mai. Les taux à 10 ans ont ainsi gommé des excès locaux. Toutefois, les taux longs devraient rester haussiers, en lien avec la reprise conjoncturelle mondiale. Seule la vitesse sera selon nous beaucoup plus lente qu’initialement anticipé par le marché, en concomitance avec le retour au plein emploi aux Etats-Unis. De façon générale, les volumes sont extrêmement faibles sur les actifs risqués, ce qui traduit le manque de nouveaux catalyseurs à court terme et un certain attentisme des investisseurs. 

  • Faits marquants sur la période:

Sur le plan macroéconomique, la dynamique de l’activité mondiale reste robuste aux Etats-Unis et en Asie, et se reprend en Europe. Les indicateurs de début (ISM/PMIs/confiance des consommateurs) de mois restent bien orientés, pointant vers une poursuite de la reprise conjoncturelle mondiale dans les mois à venir. A noter que les composantes prix des indicateurs avancés restent majoritairement haussières notamment dans le secteur des services, et que les composantes « emploi » continuent à marquer les pas, signes de tension persistantes sur le marché du travail et sur les salaires pour ce qui est des Etats-Unis.

Les données d’inflation continuent de surprendre à la hausse mais dans des proportions nettement inférieures au mois précédent. L’inflation totale est ressortie à 5% aux Etats-Unis pour le mois de mai et à 3.8% pour la partie sous-jacente, soit 0.3% de surprises positives. L’analyse des contributions semblent toutefois montrer que les fortes tensions devraient n’être que temporaires. En effet, près de 52% de la hausse vient de facteurs transitoires (voitures d’occasion, voitures de location, voitures d’assurance, tarifs aériens, restauration, hébergement). Le rapport sur l’emploi américain s’est par ailleurs révélé moins inflationnistes que prévu. Le marché du travail américain continue de s’améliorer, mais à un rythme moins fort qu’attendu, ce qui est positif pour les actifs risqués et va dans le sens d’un scénario de « réflation » graduelle et non d’une inflation non maîtrisée voire même de stagflation. La moyenne sur 4 semaines des demandes d’allocation chômage reste baissière, ce qui constitue encore une fois un point positif pour une reprise durable.

Sur le plan macroéconomique, il convient cependant d’être prudents vis-à-vis des données réelles et de leur interprétation, car celles-ci restent  biaisées par les aides directes aux ménages qui dans le cas des Etats-Unis, devraient prendre fin au mois de septembre prochain. La reprise mondiale devrait toutefois accélérer dans la seconde partie de l’année.

Sur le plan sanitaire, on constate une forte amélioration de la situation mondiale avec une baisse marquée des nouvelles contaminations sur le plan mondial depuis le 12 mai et l'avancée des campagnes vaccinales (US/Chine/zone Euro/Canada fortement baissières ; baisse aux UK ; nouvelle baisse depuis le 16 mai au Japon ; retournement baissier depuis le 6 mai en Inde ; stabilisation sur des niveaux encore élevés au Brésil ; vers une nouvelle vague en Afrique du Sud ? Hausse au Vietnam, Indonésie, Argentine. Le taux de vaccination varie selon les régions entre 5% et 60% en moyenne /  UK(60%), US(59%), Canada(56%), Allemagne(43.5%), Italie(39%), Espagne/France(37%), Brésil/Mexique(20%), HK(18%), Australie(15%), Inde(12%), Corée/Nouvelle Zélande/Russie(10%),Japon(7%), Chine(0%). A monitorer cependant le cas du Royaume-Uni car à très court terme, les nouveaux cas quotidiens augmentent à nouveau (1800 nouveaux cas le 18/05 contre 7500 nouveaux cas au 13 juin)., tout comme les hospitalisations. Le UK est aux prises avec le variant indien contre lequel le vaccin Astrazeneca, principal vaccin de la campagne vaccinale britannique, est réputé moins efficace. Les autorités ont ainsi décidé de repousser certaines réouvertures.

Sur le plan monétaire, les principales banques centrales mondiales n’ont pas modifié leurs discours toujours très accommodant. A l’exception de la PBOC, toutes les autres banques centrales ont déclaré vouloir être patientes et attendre la confirmation d’une reprise durable avant de modifier quoique ce soit. Contrairement à certaines attentes de marché, la BCE n’a apporté aucun changement dans sa communication. Elle estime que des discussions autour d’un durcissement monétaire sont clairement prématurées et que les risques baissiers sur la croissance et l’inflation sont encore trop élevés. Sur ce point il est bon de dissocier la situation américaine, en avance sur le cycle, de la situation européenne, plus en retard. Christine Lagarde a par ailleurs précisé que la situation du marché du travail dans la zone Euro était encore très fragile et la reprise trop récente pour effectuer des évolutions monétaires. En particulier, elle n’envisage pas de réduire le programme d’aides d’urgence (PEPP), notifiant que l’enveloppe n’avait pas encore été totalement utilisée et que cette dernière pourrait même être augmentée si besoin. La BCE s’attend à une reprise de la croissance dans la zone Euro au second semestre. Elle a revu ses précisions à la hausse par rapport au trimestre dernier, à 4.6% contre 4% précédemment.

Sur le plan géopolitique, le G7 a mis en avant le retour des US sur le devant de la scène internationale. Les ministres des Finances des pays du G7 se sont mis d’accord pour la mise en place d’une taxation mondiale minimale des bénéfices des multinationales à hauteur de 15% afin d’éviter le dumping fiscal. Ce vote a été rendu possible par la nouvelle administration Biden, alors que Trump l’avait torpillé il y a trois ans. Le G7 a également mis en avant les pénuries d’investissement en Europe. Si un nouveau plan d’investissement massif européen est pour le moment rejeté par l’Allemagne, il pourrait en être autrement en cas de victoire des « verts » aux élections nationales allemandes du 26 septembre prochain, élection qui pourraient être le sujet des marchés dès la fin de l’été.

En terme de valorisation, elles restent toujours très élevées à LT, mais il est bon de noter que certains pays ont des taux de dividende toujours attractifs, relativement au niveau de taux (Japon, EMU, Suisse, EME, Australie, Canada), d'autres neutres (US, Latam). A ct, les fortes révisions positives sur les bénéfices rendent les valorisation attractives dans la plupart des pays exceptés la Suisse et l'Asie émergente qui restent correctement valorisées. La poursuite de la hausse des profits pourraient ainsi justifier des niveaux d’indices plus élevés, d’autant plus que la plupart des indicateurs de sur achat / sur vente se sont dégonflés récemment.

Le pétrole reste bien orienté. Si l'écart entre l'offre et la demande de pétrole devrait s'accentuer dans les semaines à venir, justement une poursuite de la hausse de l’or noir, celle-ci pourrait être plus modérée que prévu en raison de la décision de l’OPEP+ de réduire progressivement les quotas de production qui avaient été mis en place sur le marché au cœur de la crise. Par ailleurs, en cas d’accord américano-iranien en matière de nucléaire, l’impact pourrait être là aussi plus faible qu’attendu car une partie le la production iranienne semble déjà sur le marché.

Sur les cryptomonnaies, le Bitcoin s’est stabilisé autour des 35 000 dollars après la forte baisse du mois de mai. A noter qu’Elon Musk a « tweeté » que Tesla reviendrait sur les « cryptocurrencies » lorsque ces dernières seraient produites de façon « propres », plus écologiques.

  • Gestion

En début de mois, les modèles stratégiques ont peu évolué :

-  Actions : peu ou pas de changement. Signaux toujours positifs sur l’ensemble des zones. Les signaux de risque et de tendance sont positifs partout. Les signaux fondamentaux sont très positifs aux Etats-Unis et dans la zone Euro, et neutres à positifs au Japon et dans les pays émergents. Les facteurs les plus porteurs restent la dynamique bénéficiaire (momentum et révisions) et la croissance macroéconomique ;  les facteurs les plus négatifs sont l’inflation et les valorisations relatives (sauf dans la zone Euro).

- Taux : peu ou pas de changements. Signaux toujours assez hétérogènes d’une zone à une autre. Signal d’achat sur les taux américains (portés par la pente de la courbe et les taux réels), de vente sur les taux allemands (en raison de l’amélioration de l’activité économique) ; et neutres au Japon, en Australie et au Royaume-Uni.

Les changements ont été les suivants :

-  Actions : peu ou pas de changement. Pour des raison techniques, fondamentales et fiscales (projet de hausse de la taxation des entreprises à un plancher de 15%) , vente du Nasdaq contre SP500. Hausse des actions émergentes contre SP500 car nous pensons que les actions asiatiques émergentes pourraient être sur un point bas technique en relatif par rapport aux actions américaines. De plus, les risques sanitaires et inflationnistes, qui demeurent les principales préoccupations actuelles des investisseurs, sont moindres en Asie émergente, en Chine notamment. Enfin, nous pourrions être proches d’un point bas en Chine en matière des conditions d’accès au crédit. Nous conservons notre biais positif sur les actions européennes. Achat du secteur « healthcare » en relatif contre le stoxx600, pour des raison de valorisation, de dynamique bénéficiaire, et de fiscalité.  Nous avons maintenu tous nos autres paris sectoriels.

- Taux : peu ou pas de changements. Pour des raisons techniques, vente du 5 ans américain. Maintien de toutes les autres positions.

-  Devises : pas de changement. Maintien du long Yen contre USD (fondamentaux + positionnement), Nok contre USD (fondamentaux + haussier pétrole), et MXN contre USD (fondamentaux + effets collatéraux positifs des plans de relance américains sur les pays limitrophes que sont le Mexique et le Canada).

L’exposition globale aux actions est stable à 37% et 75% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est légère plus basse à 2.6 et 4.5 respectivement. L’exposition au dollar US est renforcée à la baisse à -13% et -25% suite au mouvement sur les actions émergentes.. 

  • Perspectives

A court terme, le manque de catalyseurs pourrait entraîner une consolidation sur les marchés dans les semaines à venir. Nous identifions deux risques : 1- le risque de rotation sectorielle plus brutale et de déstabilisation des marchés en cas de cassure à la baisse des supports majeurs sur les taux à 10 ans américains, même si ce n’est pas notre scénario central ; 2- une recrudescence inopinée des cas de Covid en raison de l’arrivée des variants indiens, brésilien ou même nouveaux -vietnamien- notamment dans les pays asiatiques peu vaccinés. Le positionnement est cependant rassurant. Il n’y a pas de surachat notable sur le marché.

Les élections allemandes pourraient également constituer une source de volatilité, positive ou négative dans le courant de l’été et la rentrée, en fonction de l’évolution des sondages et du positionnement des « verts ». Une victoire des « verts » serait une victoire  pour l’Europe et peut-être le gage d’un nouveau plan d’investissement plus massif en Europe et en Allemagne, plan de nature à mettre l’Europe en ordre de marche pour concurrencer le bloc « Asie Pacifique » tiré par la Chine et le bloc « Amérique », tiré par les Etats-Unis.

Enfin, les discussions au Congrès américain du plan d’infrastructures et de son financement par la hausse des taxes minimales sur les entreprises sera un sujet important pour l’allocation sectorielle et géographique, tout comme la mise en place de lois anti-trusts.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’atténuation du risque sanitaire post vaccination attendue pour la seconde partie de l’année sera de nature à alimenter un climat de confiance plus propice à l’investissement, tout comme la mise en place effective des volets infrastructures des plans de relance qui devraient être votés dans le courant de l’année pour ce qui est des Etats-Unis, et déployés dans les mois à venir pour ce qui est de l’Union Européenne. Tout cela devrait profiter aux bénéfices. Par ailleurs, les programmes de M&A constituent toujours un soutien aux actions. Seront à monitorer cependant, l’évolution des variants et les durées de protection des deux doses vaccinales.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.