Point de gestion Seeyond Multi Asset Janvier 2022

Publié le 24 Janvier 2022  Produits  
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Période du 31/12/2021 au 14/01/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période, les marchés actions, notamment aux Etats-Unis, sont fragilisés par la hausse des taux d'intérêt et la chute des valeurs technologiques, les investisseurs prennent des profits dans l’attente des décisions de la Fed sur sa politique monétaire fin janvier. Les marchés obligataires sont aussi sous pression, le BUND 10 ans en hausse de +13bps à -0.05% et le 10 ans US de +27bps à 1.78%, tandis que le dollar est resté globalement stable. A signaler une forte reprise des cours du pétrole pesant ainsi sur les perspectives d’inflation à moyen terme.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, aux Etats-Unis les indicateurs d’activités dans l’industrie et les services ont été en dessous des attentes, ceci est lié à la dégradation de la situation sanitaire en décembre cependant ils demeurent toujours en expansion bien au-dessus de 50. Le rapport de l’emploi est sorti avec +199k création d’emplois en décembre contre +249k en novembre, le taux de chômage de 3.9% vs 4.1% attendu, la croissance des salaires s’établit à +0.6% sur un mois et +4.7% sur un an et le taux de participation reste stable à 61.9%. En zone Euro, nous constatons une stabilité des indicateurs et une mélioration côté Allemagne avec les commandes industrielles en hausse de +3.7% sur décembre après les -5.8% de novembre et la croissance préliminaire du PIB allemand ressort à +2.7% sur 2021 en ligne avec les attentes. L’inflation en zone Euro ressort à un niveau record de +5.0% contre +4.8% attendu par le consensus et après +4.9% au mois de novembre. En Chine les chiffres d'inflation sont inférieurs aux attentes, le PPI progresse de +10.3% sur un an au mois de décembre, après +12.9% en novembre, le CPI progresse de +1.5% après +2.3% en novembre.

Sur le plan monétaire, dans le cadre d'une allocution au Congrès, J. Powell a cherché à rassurer les législateurs et les investisseurs sur le fait que la banque centrale peut mener à bien la tâche délicate de réduire l'inflation élevée sans endommager l'économie américaine. Il a indiqué que la Fed pourrait commencer à relever ses taux dès le mois de mars avec 3 hausses prévues en 2022 tout en réduisant la taille de son bilan de  8800Mds$. Pour autant, d’autres gouverneurs de la Fed (par exemple C. Waller) ont indiqué que la Fed pourrait même aller jusqu'à 5 hausses de taux si nécessaire, remettant plus de pressions sur la partie courte de la courbe américaine. La première réunion de la BCE pour 2022 aura lieu le 3 février, il ne devrait pas y avoir de changement concernant les taux d’intérêts mais plutôt des détails sur sa politique de réduction du programme d’achats d’actifs.

Sur le plan géopolitique, les tensions restent fortes entre la Russie et les Etats-Unis. Les négociations sont toujours officiellement en ouvertes sur le sujet ukrainien et le gaz constitue l’arme de persuasion de dernier ressort.

Sur le plan sanitaire, la situation du nombre de cas quotidiens d’infection au variant Omicron se stabilisent surtout en Europe et aussi aux Etats-Unis mais reste en augmentation en Asie. Dans le cas où les nouvelles hospitalisations seraient en baisse, nous pourrions avoir assez rapidement des annonces de levées de restrictions sanitaires dans plusieurs pays européens, surtout que les décès restent également modérés. Cette nouvelle vague portée par ce nouveau variant pourrait être salvatrice car qu’elle contribuerait à immuniser une bonne partie de la population mondiale et diminuerait le risque d’émergence de nouveaux variants plus dangereux.

Sur le pétrole, comme anticipé par le marché l'OPEP+ a décidé d'augmenter sa production de +400k barils/jour pour le mois de février 2022 dans la mesure où la demande a peu réagi à la propagation d'Omicron.

Gestion

Quelques changements pour le mois de décembre sur les modèles Stratégiques :

  • Actions : le modèle fondamental est devenu plus positif aux Etats-Unis (hausse de la croissance et amélioration du signal sur l'inflation), le Japon est désormais flat (signal positif sur la croissance) mais l'Europe et les Emergents restent en territoire négatif. Ainsi, le niveau d'exposition global a faiblement augmenté à 27% au lieu de 26% auparavant, principalement par une repondération sur le Japon. Pas de changement sur le signal de Tendance qui reste toujours en territoire positif sauf pour les Emergents qui est négatif.
  • Taux : le modèle fondamental est en baisse, les signaux se sont dégradés dans tous les pays (signal sur le risque plus faible, valorisation et pente de lacourbe), seules les obligations japonaises restent encore en territoire positif, ce qui a conduit à une baisse de la duration de 50 bps, elle est passée de 3,52 à 3,03.

Les portefeuilles restent risqués et nous avons décidé de suivre la réduction de risque de l'allocation Stratégique sur les obligations tout en maintenant un biais Tactique positif sur les actions.

Changements dans les portefeuilles au cours de la période :

  • Actions : légère baisse de l’exposition, réduction sur les actions américaines via le SP500 et le Nasdaq100 mais renforcement de notre diversification géographique sur le Japon et mise en place d’une nouvelle position les actions Emergentes pour des raisons de valorisation, un point bas atteint sur les surprises économiques et une vue technique plus positive. Nous avons conservé nos biais sectoriels et nos positions optionnelles de couverture.
  • Taux : baisse de la duration, vente sur les taux 10 ans allemands, anglais et japonais. De plus nous avons pris nos profits sur les TIPS US (obligations américaines indexées à l’inflation). Maintien de nos positions optionnelles de protection sur le bund et Tnote 10Y.
  • Devises : pas de changements, maintien du long AUD contre JPY.

L’exposition globale aux actions est en légère baisse à 28.5% et 57.5% sur SMACG et SMADG, la duration modifiée en baisse à 2.5 et 4.5 respectivement. L’exposition au dollar US est à -2% et  -4.5%.

Perspectives

A court terme, les fondamentaux macroéconomiques restent robustes et sont un facteur de soutien aux actifs risqués mais l’incertitude sur l’évolution temporaire ou durable de l’inflation contribuent à plus de nervosité de la part des investisseurs soucieux de protéger leurs performances acquises en 2021 et génèrent une remontée des principaux indicateurs de volatilité à court terme, le tout dans un contexte de remontée des taux obligataires et dans l’attente des décisions de la Fed sur sa politique monétaire en 2022. La situation sanitaire mondiale a tendance à ne plus se dégrader à la suite du nouveau variant Omicron, cela devrait être un autre soutien aux actifs risqués avec en perspectives des levées de contraintes sanitaires dans de nombreux pays.

A moyen terme, le sujet du « tapering », de l’inflation, des futures hausses de taux, du ralentissement de la croissance chinoise et de la hausse des taxes des entreprises vont graduellement revenir sur le devant de la scène au fur et à mesure que le risque sanitaire va s’apaiser. Le face-à-face entre la Fed et le marché n’est pas terminé, augurant une hausse de la volatilité sur les marchés -notamment obligataires- dans les mois  à venir.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.