Point de gestion Seeyond Multi Asset Février 2022

Publié le 23 Février 2022  Produits  
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Période du 28/01/2022 au 11/02/2022

Performance légèrement positive des portefeuilles sur la période. Les indices actions américains et européens sont restés en mode prudence, toujours en attente d’une évolution plus positive sur la situation géopolitique entre l’Ukraine et la Russie, et suspendus aux décisions de la Fed concernant sa politique monétaire, surtout après la prise de parole de James Bullard, favorable à une hausse de 50bps des taux dès le mois de mars, alors que l’expansion inflationniste devrait se poursuivre. Toutefois, les actions émergentes et japonaises ont profité d’achats de repositionnement après des données fondamentales plus rassurantes et des valorisations attractives. Les taux obligataires ont accentué leur tendance haussière, portés par des données inflationnistes et un prix du pétrole continuellement plus élevés d’un mois à l’autre. Le 10 ans américain a franchi les 2% de rendement pour la première fois depuis juillet 2019, le rendement du 10 ans japonais se rapproche des 0.20% pour la première fois depuis janvier 2016 et le rendement du 5 ans allemand est revenu en territoire positif pour la première fois depuis 2018.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, aux Etats-Unis les données publiées sur l’activité au cours du mois de janvier étaient mitigées, l’ISM manufacturier ressort à 57.6 en janvier contre 58.7 en décembre, de même l’ISM des services en baisse à 59.9 en janvier contre 62.3 en décembre, toujours sous l’impact négatif du variant Omicron. Tandis que les chiffres d'inflation restent sous tension avec un CPI en hausse de +7.5% sur 1 an au mois de janvier et +0.6% par rapport au mois de décembre 2021, laissant entrevoir une hausse de taux plus forte en 2022 qu’attendu précédemment. A signaler, des créations de 467.000 emplois non agricoles en janvier et le taux de chômage ressort à 4.0%. En zone Euro, le PMI manufacturier ressort à 58.7 après 58.0 en décembre mais le PMI des services est en baisse à 51.1 après 53.1 d’où un indice PMI composite en retrait à 52.3 contre 53.3 en décembre. Le taux de chômage ressort à 7.0% en décembre et l’inflation au plus haut à +5.1% en janvier sur un an. En Chine le PMI manufacturier de janvier se stabilise à 50.1 et attendu à 50.

Sur le plan monétaire, la hausse rapide des salaires (salaire horaire +5.7% en 12 mois) pourrait pousser la Fed à remonter ses taux plus fortement cette année et une discussion de remontée de taux pourrait avoir lieu à chaque réunion du FOMC, pour autant la FED n'agira pas en urgence avant son prochain meeting prévu pour le 15/16 mars, mais les marchés estiment désormais qu’elle pourrait remonter ses taux de +50bps dès mars et non +25bps, et entrevoient 5 hausses de taux en 2022 au lieu de 3 précédemment. La BCE a laissé sa politique monétaire et ses taux inchangés. Le programme PEPP s’achèvera fin mars, aucun changement n'a été apporté aux décisions prises en décembre. Cependant, la présidente Christine Lagarde a semblé beaucoup plus ouvert à l'idée d’une politique resserrée en raison des chiffres d'inflation plus élevés que prévu à plusieurs reprises. Les marchés monétaires anticipent désormais le taux de dépôts de la BCE à 0% d'ici la fin d'année (soit +50bps par rapport aux niveaux actuels). De son côté la Banque d’Angleterre a relevé une nouvelle fois ses taux d’intérêt de 0.25 point, à 0.5%, et la BoJ a décidé de ne pas s’écarter de son programme de rachat d’obligations alors que les rendements continuent d’augmenter.

La saison des résultats s’achève aux Etats-Unis. Loin d’être négative, elle semble pour le moment un peu plus hétérogène que d’ordinaire. A noter cependant qu’à aujourd’hui, les « grands » noms de la tech américaine ont publié des résultats très satisfaisants.

Sur le plan géopolitique, les tensions sont au plus haut entre la Russie, l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Europe. Les intimidations militaires et les menaces se multiplient de part et d’autre. Les négociations se poursuivent avec l’approvisionnement en gaz et le projet « nord stream2 » au cœur des discussions. Un compromis entre la Russie, l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Europe est difficile et pourrait prendre du temps, tant les intérêts américains et européens sont divergents.

Sur le plan sanitaire, la situation s’améliore et beaucoup de pays européens assouplissent les mesures de restriction car le pic des contaminations semblerait être atteint et selon l’OMS l’Europe s’achemine vers une longue période de tranquillité pandémique, de plus en Asie le Japon et l’Indonésie s’apprêtent à assouplir le contrôle aux frontières.

Sur le pétrole, les cours sont restés orientés à la hausse, le prix actuel proche de 95$ le baril reflète les risques géopolitiques croissants, plus que le différentiel entre l’offre et la demande (attendu positif dans le courant de l’année 2022). 

Gestion

Quelques changements sur les modèles Stratégiques en janvier :

  • Actions : le modèle fondamental est resté robuste et toujours positif aux Etats-Unis, le Japon est désormais positif (révisions bénéficiaires positives et signal d'inflation en baisse), mais l'Europe toujours en territoire négatif et les Emergents désormais stables. Depuis le mois dernier, la Tendance est restée en territoire négatif pour tous les pays. Ainsi, le niveau global d'exposition évolue peu, juste une légère baisse sur le S&P500.
  • Taux : le modèle fondamental s'est amélioré, le signal est moins négatif avec une amélioration du facteur risque (plus faible) pour tous les pays sauf l'Australie, ce qui a conduit à une augmentation de la duration; principalement sur les obligations américaines et japonaises.

Côté vues tactiques, nous avons décidé de rester surpondérés actions pour profiter de conditions techniques favorables à court terme (sentiment très négatif, nombreux signes de survente), cependant l'idée est de trouver des points de vente car l'environnement reste difficile. Nous continuons de privilégier les pays hors US (plus défensifs, sauf le Japon) et le secteur des financières. Sur les obligations, nous restons en retrait du signal de hausse de la duration car nous restons très prudents sur les obligations courtes américaines (risque de flattening) et sur les obligations européennes allemandes et britanniques.

Changements sur la période dans les portefeuilles :

  • Actions : légère réduction de l’exposition via le S&P500, prise d’une partie de nos bénéfices sur le short Nasdaq100 vs S&P500 et mise en place d’un nouveau biais en faveur des Small Cap US vs S&P500 mais pas de changement d'allocations géographiques. Nous avons conservé nos paris sectoriels sur les banques et autos mais nous avons introduit un nouveau pari sectoriel relatif face au Stoxx Europe 600 sur le secteur Retail (potentiel de valorisation). Maintien de nos positions optionnelles.
  • Taux : baisse de la duration, vente d'obligations 10 ans japonaises, de taux 2 ans américains et de taux allemands à 2 ans et 5 ans.
  • Devises : pas de changement. Maintien du long AUD contre JPY.

L’exposition globale aux actions a peu évolué autour de 26% et 52% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en baisse à 2.3 et 3.9 respectivement. L’exposition au dollar US est restée autour de -2.5% et -5.5%.

Perspectives

A très court terme, les facteurs de soutien aux marchés d’actions se font plus rares : le momentum fondamental pourrait pâtir d’Omicron, les pressions inflationnistes persistantes empêchent les banques centrales d’adopter un ton moins dur et le marché pourrait facilement devenir excessif sur le sujet, la dynamique des conditions financières est devenue moins porteuse, la cassure de niveaux techniques importants pourrait induire des ventes en série. Les tensions géopolitiques entre l’Ukraine et la Russie alimentent un contexte plus volatile matérialisé par une réduction du risque et une forte incertitude dans la zone européenne. Cependant, à aujourd’hui, les investisseurs sont globalement sous-exposés et le socle fondamental de moyen terme semble solide. Dans ce contexte,  tout repli conséquent de plus de 10% nous paraît de bons points de repositionnement.

A moyen terme, le sujet du « tapering », de l’inflation, des futures hausses de taux, du ralentissement de la croissance chinoise, des marges des entreprises et de la hausse des taxes vont graduellement revenir sur le devant de la scène au fur et à mesure que le risque sanitaire va s’apaiser. Le face-à-face entre la Fed et le marché n’est pas terminé, augurant une hausse de la volatilité sur les marchés -notamment obligataires- dans les mois  à venir.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages. Dans ce contexte, l’économie réelle sera apte en absorber des niveaux de taux structurellement plus élevés.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.