Point de gestion Multi Asset Décembre 

Publié le 24 Décembre 2021   Produits  
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Période du 03/12/2021 au 17/12/2021

Performance positive des portefeuilles sur la période, les marchés d’actions ont tenu bon leurs supports de moyen terme et ont rebondi sensiblement, à l’inverse la volatilité a fortement baissé. Les facteurs majeurs à ce retournement de tendance : 1- le nouveau variant Omicron circule rapidement et les cas de contaminations sont en forte augmentation en revanche les effets sur un risque d’hospitalisation sévère sont moindre comparé au variant Delta, de plus les vaccins permettent d’en limiter les causes graves. 2- quelques nouvelles restrictions dans certains pays mais un re confinement général est écarté pour beaucoup d’autres principalement aux Etats-Unis. 3- les banques centrales ont confirmé, notamment la FED, leur volonté d’accélérer la réduction des achats d’actifs « tapering » mais le risque de remonter des taux ne semble pas trop inquiéter les investisseurs qui prennent plutôt en compte leur détermination à lutter contre le risque d’inflation afin d’éviter la stagflation.

Faits marquants 

Données macroéconomiques toujours bien orientées, surtout aux Etats-Unis avec une baisse régulière des inscriptions hebdomadaires au chômage, une amélioration du moral des ménages à 70.4 en décembre contre 67.4 en novembre. L’indice "Empire State" ressort à 31.9 en décembre après 30.9 le mois dernier ainsi qu’une hausse de la production industrielle de +0.5% en novembre. En zone Euro, le PMI composite est ressorti en baisse à 53.4 en décembre contre 55.4 en novembre. Celui des services est ressorti à 53.3. Le PMI manufacturier a reculé à 58.0 vs 58.4 le mois précédent. Au Japon, le PMI manufacturier de décembre (préliminaire) est ressorti stable à 54.2 contre 54.5 en novembre. En Chine, légère amélioration aussi avec une hausse de la production industrielle de +3.8% en novembre par rapport à l'année précédente contre +3.5% en octobre.

Pour autant, le regard des investisseurs reste toujours porté sur l’inflation, peu de changements sur la dynamique qui reste haussière à la vue des dernières publications. Aux US, la hausse des prix à la production à +9.6% sur un an en novembre a été plus forte qu’attendu à +9.2%, mais l’indice des prix à la consommation est en léger repli à +0.8% en novembre contre +0.9% en octobre. En zone Euro, l’inflation a atteint +4.9% sur un an en novembre, soit son plus haut niveau jamais enregistré.

Les banques centrales ont tenu leurs derniers comités de l’année 2021, donnant des informations sur l’accélération du « tapering », de la hausse des taux et des perspectives de croissance ainsi que d’inflation. La FED mettrait fin dès mars 2022 à ses achats d'obligations sur les marchés et a ouvert la voie à trois hausses d'un quart de point de ses taux d'intérêt d'ici la fin 2022. Une majorité des gouverneurs de la Fed estiment que le taux des fed funds sera supérieur à 2% à la fin de 2024, sachant que les investisseurs avaient prévu un taux relativement plus bas de 1.5% jusqu'en 2024. La FED prévoit 5.3% d’inflation en 2021, ensuite 2.6% en 2022 et table sur un PIB à +5.5% en 2021 et +4% en 2022. La BCE relèvera le montant de ses achats d'actifs classiques à 40Mds€ au T2 de 2022, contre 20Mds actuellement. La fin du PEPP est confirmée pour mars 2022. Elle relève sa prévision de croissance à +5.1% pour 2021 et l’abaisse pour 2022 à +4.2% contre +4.6%. Tandis que la croissance du PIB pour l’année 2023 est relevée à +2.9% vs +2.1%, et attendue à +1.6% en 2024. La banque table sur une inflation de +2.6% en 2021, +3.2% pour 2022 et +1.8% pour 2023. La BOE a surpris en relevant son taux directeur de +0.15%  à 0.25% vs 0.10% auparavant.  Elle a déclaré qu'un resserrement plus "modeste" serait probablement nécessaire suite à la hausse de l'inflation. La BOJ laisse inchangé ses taux directeurs et prolonge de 6 mois le mécanisme exceptionnel visant à faciliter les prêts bancaires aux petites et moyennes entreprises souffrant du Covid-19.

Sur le plan politique, aux Etats-Unis le Sénat puis la Chambre des Représentants ont approuvé le relèvement du plafond de la dette de 2.500Mds$, ce qui devrait permettre d’assurer la capacité d’emprunt du gouvernement américain jusqu’au début de l’année 2023. Les tensions restent fortes avec la Chine, la Maison Blanche envisagerait la mise en place de sanctions plus sévères à l’encontre du plus gros fabricant de puces chinois SMIC, dans le but de freiner l’accès de la Chine à certaines technologies avancées. De plus, les US imposent des restrictions commerciales à plus de 30 instituts et entités de recherche chinois face aux violations des droits de l'homme et au développement présumé de technologies, telles que les armes de contrôle du cerveau. Tensions aussi avec la Russie, les États-Unis font monter la pression sur l'UE afin de finaliser un ensemble de sanctions contre les banques et les entreprises énergétiques russes au cas où la Russie déciderait d’attaquer l'Ukraine. Côté Brexit, le UK a délivré des licences supplémentaires aux pêcheurs européens pour tenter de régler le litige, notamment avec la France, sur l'accès à ses eaux à la suite du Brexit. 

Sur le plan sanitaire, les nouveaux cas quotidiens d’infection au Covid-19 à cause du variant Omicron augmentent toujours un peu partout dans le monde et fortement en Europe, obligeant de nombreux pays comme l’Autriche, l’Allemagne et l’Angleterre particulièrement touchés de prendre de nouvelles restrictions. Toutefois, à part la Hollande qui a de nouveau confiné le pays, la majorité d’entre eux ne devraient pas avoir recours au confinement car les vaccins contribuent à limiter les cas graves et l’accélération de la 3ième dose un peu partout va ainsi permettre de contenir la hausse du taux d’hospitalisation dans la plupart des grands pays.

Sur le pétrole, l’Arabie Saoudite a relevé les prix du pétrole pour les acheteurs asiatiques et américains pour le mois de janvier, ce qui montre que la demande reste soutenue malgré les inquiétudes entourant l’impact du variant Omicron et l’OPEP+ a relevé sa prévision de demande mondiale de brut pour le T1 d’1.1 mln de barils par jour, prédisant un effet modéré du nouveau variant sur l’économie.

Gestion

Pas de changements sur les modèles d'Allocation Stratégique,  d'un point de vue tactique sur les actions nous conservons le même scénario, privilégiant les marchés value et cycliques (financière, automobile, matériaux, small cap US), actions européennes et japonaises, avec une faible exposition aux marchés émergents. Sur les taux nous restons en ligne avec le niveau de duration de l’Allocation Stratégique.

Quelques changements dans les portefeuilles sur la période :

  • Actions : légère réduction de l’exposition globale. Baisse sur les actions américaines via le SP500 ainsi que sur l’Eurostoxx50. Nous avons repositionné nos biais optionnels tactiques à la hausse des indices SP500 et Eurostoxx50 uniquement sur 03/2022, tout en conservant aussi un put ratio sur le SP500 sur 03/2022.
  • Taux : stabilité de la duration. Mise en place de couvertures optionnelles via des put ratio sur les taux à 10 ans allemand et américain à échéance 02/2022.
  • Devises : pas de changements, maintien du long AUD contre JPY.

L’exposition globale aux actions est en baisse à 28% et 57% sur SMACG et SMADG, la duration modifiée stable à 3.5 et 6.3 respectivement. L’exposition au dollar US est stable à -1% et  -2%.

Perspectives

A court terme, les fondamentaux macroéconomiques et microéconomiques toujours bien orientés restent un facteur de soutien aux actifs risqués et les investisseurs conservent un intérêt pour les actifs risqués, notamment le retail américain. Cependant, la situation sanitaire mondiale qui se dégrade avec le nouveau variant du Covid-19 et l’incertitude sur l’évolution temporaire ou durable de l’inflation contribuent à plus de nervosité de la part des investisseurs soucieux de protéger leurs performances à l’approche de la fin de l’année et génèrent une remontée des principaux indicateurs de volatilité à court terme.

A moyen terme, le sujet du « tapering », de l’inflation, des futures hausses de taux, du ralentissement de la croissance chinoise et de la hausse des taxes des entreprises vont graduellement revenir sur le devant de la scène au fur et à mesure que le risque sanitaire va s’apaiser. Le face-à-face entre la Fed et le marché n’est pas terminé, augurant une hausse de la volatilité sur les marchés -notamment obligataires- dans les mois  à venir.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.