Point de gestion Multi Asset Mars

Publié le 25 Avril 2021   Produits  
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Période du 02/04/2021 au 16/04/2021


Performance positive des fonds Multi Asset sur la période, portés par les actions. A noter toutefois que la sous performance relative des actions européennes et japonaises a été coûteuse. 

  • Faits marquants sur la période:

La tendance sur les indices reste toujours orientée à la hausse et les taux longs ont marqué une pause dans leur mouvement haussier après les excès des mois de février et mars. Les indices restent soutenus par des fondamentaux macroéconomiques et microéconomiques solides aux US et en Asie, et en amélioration en Europe, et des politiques monétaires et fiscales extrêmement accommodantes. A noter cependant des volumes très faibles sur les marchés d’actions depuis le début du mois d’avril. Par ailleurs, Pour des raisons techniques et de positionnement, le dollar s’est fortement déprécié face à l’Euro, le franc suisse et le Yen, moins face au GBP, et les devises liées au cycle des matières premières (cad/aud/nzd).

Sur le plan macroéconomique, les données restent bien orientées. Les indicateurs de confiance de début de mois font état d’une activité toujours très soutenue dans le secteur manufacturier mondial, et plus hétérogène dans le secteur des services en fonction de la situation sanitaire. Cependant, si les niveaux sont assez disparates dans les principales économies du monde (PMI des services en deçà de 50 au Japon et dans la zone Euro), les dynamiques convergent toutes vers une amélioration que ce soit aux Etats-Unis, en Asie, ou en Europe. A noter que les Etats-Unis, le Canada et le Mexique devraient bénéficier non seulement de la réouverture progressive des économies, mais également du plan d’investissement en infrastructures américain. En Europe Continentale, les états tardent à ratifier le plan de sauvetage de 750Mds€ décidé par l'Union Européenne, ce qui pourrait ralentir d’autant les investissements et les effets positifs et durables sur la croissance. Le risque est que la reprise post-réouverture soit de courte durée dans la zone Euro. Aux Etats-Unis, Biden met progressivement en place du projet de campagne : Janet Yellen, la secrétaire américaine au Trésor a annoncé souhaiter instaurer un taux minimum mondial d'imposition des sociétés ; le financement du plan d’infrastructures sera en partie financée par une hausse des taxes sur les entreprises et sur les transactions financières des américains les plus aisés.

Les taux d’inflation augmentent mais de façon très graduelle dans les pays développés. Le rythme est plus marqué dans les pays émergents qui accumulent le risque haussier lié aux matières premières et celui lié à la dépréciation des devises locales.

Le FMI a publié ses prévisions de croissance pour 2021. Il table sur une croissance mondiale de +6% pour 2021 (contre +5.5% précédemment) et +4.4% en 2022. Le FMI a également augmenté sa prévision de croissance pour la zone Euro à +4.4% pour 2021 (contre -6.6 en 2020) et +3.8% en 2022. Sur la même période, le Fonds prévoit une croissance de +3.6% pour l'Allemagne (+0.1 par rapport à Janvier), +5.8% pour la France (+0.3 point), +4.2% pour l'Italie (+1.2 point) et +6.4% pour l'Espagne (+0.5 point). Pour 2022, le FMI prévoit une croissance de +3.4% pour l’Allemagne, +4.2% pour la France, +3.6% pour l’Italie et +4.7% pour l’Espagne. Pour les Etats-Unis, la croissance est attendue pour 2021 à +6.4% (+1,3 point) et +3.5% en 2022. Pour la Chine, les prévisions de croissance sont de +8.4% pour 2021 (contre +2.3% en 2020) et +5.6% en 2022. Pour le Japon, la croissance est estimée à +3.3% en 2021 (contre -4.8% en 2020) et 2.5% en 2022. Pour le U.K. la prévision est de +5.3% en 2021 (contre -9.9% en 2020) et +5.1% en 2022. Le G20 réfléchit à un potentiel renforcement de 650Mds$ des réserves d’urgence du FMI et souhaite donner plus de délais sur le remboursement de la dette des pays les plus pauvres face à la crise du coronavirus.

Sur le plan microéconomique, les premières semaines du mois d’avril marquent  le début de la saison des résultats aux Etats-Unis. Les attentes sont très élevées mais les premières publications paraissent prometteuses, en particulier dans le secteur bancaire aux Etats-Unis, et dans le luxe en Europe.

Sur le plan monétaire, pas de changement de ton sur les politiques accommodantes. Les banques centrales des principales économies mondiales conservent un discours très accommodant, jugeant inopportun de commencer à parler d’une date pour un début de retrait des liquidités. Deux exceptions : la banque populaire de Chine, qui a commencé à retirer des liquidités en raison du retour à la normale des conditions de financement, et la banque du Canada,  qui a laissé entendre qu’une première hausse de taux pourrait avoir lieu au H2 2002, et non plus en 2023 comme précédemment suggéré par l’institution.  Par ailleurs, dans le monde émergent, l’Ukraine, la Russie et le Brésil ont d’ores et déjà durci leur politique monétaire. Les pays émergents ont à faire face à une hausse des pressions inflationnistes et à un ralentissement économique marqué.

Sur le plan sanitaire, la campagne vaccinale accélère aux Etats-Unis, en Grand Bretagne, où 45% en moyenne de la population est vaccinée, et en Europe Continentale, qui avoisine à présent les 18%.  La troisième vague touche toujours de nombreux pays de la zone Euro dont la France, l’Allemagne et l’Italie, et s’étend également au Japon où l’état d’urgence a été décrété dans les principales provinces (Tokyo, Osaka, Kyoto), alors qu’elle semble être en retrait en Israël, aux US et au RU, pays en avance en matière de vaccination. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont commencé à rouvrir les commerces, bars et restaurants. Ils devraient graduellement être suivis par l’Italie dans les semaines à venir. A noter que mi-mai, des livraisons de Pfizer permettront de vacciner les moins de 55 ans dans la plupart des pays d’Europe Continentale. Si la situation semble sous contrôle dans les pays développés, elle reste extrêmement préoccupante dans certains pays émergents tels que l’Inde -où J&J organise des tests cliniques pour vérifier l’efficacité de son vaccin au variant indien- et le Brésil.

Le prix du pétrole a augmenté, boosté par les déclaration de l’OPEP+, a décidé d’augmenter graduellement les limites de production sur les 3 mois à venir. Il s’agit d’un signe de confiance dans la reprise de la demande mondiale. La production sera relevée de 350k barils par jour en mai et en juin, puis de 440k barils en juillet.

  • Gestion

Les modèles stratégiques en début de mois d’avril ont peu évolué :

- Les régimes de risque sur les marchés d’actions sont restés en territoire positif, toutes zones confondues.

- Les modèles fondamentaux stratégiques sur les actions sont toujours très positifs sur la zone Euro, positifs sur le Japon et neutres à légèrement positifs sur les US et les EM. Au total, les notes se sont améliorées.

- Sur les taux, les signaux ont davantage évolué : ils sont passés négatifs sur l’Allemagne et le Japon (tirés à la baisse par la reprise de risque sur les marchés d’actions et le rebond des indicateur de croissance), positifs sur les US et l’Australie, et neutres sur le UK.

La baisse de la volatilité sur les marchés des actions et les modèles stratégiques ont provoqué une hausse de l’exposition stratégique aux actions et une baisse de la duration modifiée.

Sur la base des nouveaux modèles stratégiques et de notre analyse discrétionnaire, les changements ont été les suivants :

-   Actions : augmentation du poids des actions via des achats d’actions américaines (SP500), sur lesquelles nous étions le plus fortement sous pondérés par rapport à la cible stratégique. Maintien des biais positifs sur l’Europe et le Japon, négatif sur les EM et le Nasdaq. Maintien du biais relatif positif sur l’Allemagne (DAX) et l’Italie contre zone Euro. Maintien des paris sectoriels relatifs (cycliques/Thème « réouverture » / value) positifs sur les auto, l’industrie, l’alimentaire, les produits ménagers, les bancaires, l’assurance contre Stoxx600. Nous avons par ailleurs acheté le secteur des matières premières contre Stoxx600 qui devrait pleinement bénéficier des investissements liés au plan d’investissement in infrastructure américain. Maintien des stratégies optionnelles de protection sur le Nasdaq, le SP500, le Nikkei et l’Eurostoxx50.

-   Obligations : baisse de la duration modifiée via un allégement sur les taux américains (vente de 30 ans et achat de 5 ans), japonais et allemands. Maintien de nos paris de pentification sur la courbe américaine, allemande et britannique, ainsi que l’exposition aux TIPS.

-   Devises : achat d’un long MXN/USD afin de jouer les effets collatéraux positifs des plans de relance massifs américains sur le Mexique, voisin des US. Maintien de tous les autres paris de change (long NOKEUR, meilleur proxy d’une vue positive sur le pétrole), long GBPEUR, long AUDEUR, long CADCHF et short EURUSD.  

L’exposition globale aux actions a augmenté à 35% et à 70% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est à 2.81 et 4.84 respectivement. Exposition au dollar US à hauteur de -1% et -1.94%. 

  • Perspectives

A court terme, la vitesse de la hausse des rendements obligataires rend les investisseurs nerveux. Les investisseurs craignent une hausse brutale et durable de l’inflation, et un infléchissement des politiques monétaires notamment de la part de la Fed. Si l’inflation est amenée à s’accroître dans les prochains mois et trimestres, en lien avec la reprise de l’activité économique mondiale et la mise en place des plans de relance mondiaux, cette hausse sera selon nous beaucoup plus graduelle et modérée que certains investisseurs ne le pensent. La « réflation » des économies est un long processus qui s’étale dans le temps et les banques centrales , y compris la Fed, ne prendront pas le risque de durcir leur discours avant que les signes de déflation liés à la pandémie ne soient définitivement écartés.  Les banques centrales seront patientes, et même plus patientes que lors des cycles précédents. Elles monitoreront de près les taux réels et les conditions financières, et feront en sorte que ceux-ci restent attractifs pour éviter que la reprise n’échoue. Ainsi, si les rendements des taux obligataires devraient continuer à se tendre à moyen terme, le rythme d’appréciation devrait être beaucoup plus lent, réduisant ainsi graduellement le stress sur la valorisation boursière. Par ailleurs, la saison des résultats à venir devrait confirmer un rebond conséquent des bénéfices. A monitorer de près les indicateurs de sentiment, de valorisation et de positionnement qui commencent à se tendre au fil des semaines sans être pour autant tous en zone extrême.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux. Les risques, qu’ils soient politiques, économiques, sanitaires ou commerciaux pourraient avoir atteint un pic, tout comme le durcissement des conditions d’accès au crédit par les banques commerciales. L’atténuation du risque sanitaire post vaccination attendue pour la seconde partie de l’année sera de nature à alimenter un climat de confiance plus propice à l’investissement, tout comme la mise en place effective des volets infrastructures des plans de relance qui devraient être votés dans le courant de l’année pour ce qui est des Etats-Unis, et déployés dans les mois à venir pour ce qui est de l’Union Européenne.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.