Point de gestion Seeyond Multi Asset au 25/03/2022

Publié le 11 Mai 2022  Produits  
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Période du 14/04/2022 au 29/04/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période, prolongement de la baisse des marchés actions et de la hausse des taux d’intérêts. Les actifs risqués ont chuté et la volatilité a augmenté, toujours pénalisés par une dynamique économique plus faible, le durcissement monétaire des banques centrales, la guerre en Ukraine plus les sanctions imposées à la Russie et le confinement partiel en Chine, entraînant un fort repli de l’appétit pour le risque. 

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, les indicateurs d’activités au niveau mondial montrent une dynamique moins robuste ces derniers temps, sous l’effet de différents facteurs pénalisants (guerre en Ukraine, hausse de l’inflation, confinement partiel en Chine et resserrement rapide des conditions financières). Si les PMI manufacturier restent globalement sur une trajectoire baissière, néanmoins l’activité résiste bien grâce aux services en lien avec le repli épidémique et la hausse de la mobilité. En zone euro, l’activité est en phase de ralentissement malgré des indices PMI bien résistant jusque-là (+0,9 à 55,8 pour le PMI composite) mais avec un secteur manufacturier en ralentissement contre des services en hausse. L’indice IFO allemand reste fragile malgré son léger rebond sur le mois de +1 point à 91,8 et suggère une nette décélération de l’activité allemande. Sous l’effet du choc Ukraine/Russie et de la hausse des prix, la confiance des ménages en zone Euro a baissé. La tendance est donc défavorable ce d’autant que la BCE est plus restrictive, se concentrant sur l’inflation. Aux Etats-Unis, le PIB a baissé au T1 (-1,4% en rythme annualisé) mais en réalité la demande intérieure privée finale est restée solide (+3,7% en rythme annualisé). A plus court terme, la mobilité est bien orientée, les craintes sur le Covid sont faibles et l’emploi encore dynamique. De plus, les Etats-Unis sont relativement peu exposés au choc Ukraine/Russie ainsi la dynamique macro devrait rester assez satisfaisante, contrairement à l’Europe. Mais la hausse des taux longs et la réduction du bilan de la Fed vont freiner l’immobilier et la hausse de l’inflation pénaliser les dépenses des consommateurs. Dans les pays émergents, les perspectives restent assez défavorables avec les difficultés en Europe de l’Est alors que les conditions financières se sont durcies et en Chine la tendance demeure médiocre à la suite des confinements pénalisant l’activité (recul brutal des PMI, accélération des délais de livraison). La Chine ne sortira de cette situation que progressivement, en raison de sa politique zéro Covid et d’un vaccin peu efficace.

Sur le plan géopolitique, les troupes russes se sont retirées de Kiev et se concentrent actuellement sur l'occupation de l'est de l'Ukraine. Les sanctions continuent à peser de plus en plus sur la Russie à cause de ses actes militaires qualifiés de "crimes de guerre" par les Américains et les Européens avec les annonces d'embargo sur les importations de charbon et de pétrole russe, plus une pression montante pour décider d’un embargo sur le gaz russe. Les Etats-Unis et les Européens continuent à envoyer des armes et du soutien logistique en Ukraine. Dans ce contexte, on voit mal comme le prix des matières premières pourraient rapidement retrouver les niveaux de la fin de l’année dernière.

Sur le plan monétaire, plusieurs pays tels que la Pologne, le Canada, la Corée du Sud et la Nouvelle Zélande ont relevé leurs taux directeurs afin de contrer l'inflation qui atteint un niveau historique. Du côté de la FED, J. Powell envisage une hausse des taux de +50bps lors de la réunion du 3 et 4 mai prochain et prévoit de réduire son bilan, aujourd'hui à 8700Mds$, de -95Mds$ au maximum par mois. La BCE a maintenu ses taux inchangés, taux de dépôt à -0.5% et refinancement à 0%, mais les membres du conseil des gouverneurs de la BCE adoptent désormais un discours plus hawkish. Les marchés semblent désormais anticiper une hausse de +50bps d'ici septembre. Au Japon, le gouverneur de la BoJ Kuroda a indiqué que la banque centrale japonaise devait continuer d'appliquer du stimulus monétaire et conservait sa politique monétaire ultra-accommodante malgré l’inflation qui accélère et la forte baisse du yen.

Sur le plan sanitaire, la situation s’améliore nettement et reste sous contrôle en Europe et aux US. En revanche, elle est plus délicate en Asie du sud-est, surtout en Chine, où les autorités ont annoncé le confinement de plusieurs grandes villes telles que Shanghai, avec un risque non négligeable sur Pékin.

Sur le marché des matières premières, la prime de risque géopolitique reste élevée, ainsi le prix du gaz européen a progressé de +24% à 127.5€ / MWh suite à l’arrêt de livraison de gaz russe à la Bulgarie et la Pologne qui ont refusé de payer les exportations russes en rouble. Le prix du baril de pétrole s’est stabilisé autour de ses plus hauts à 110 $.

Sur le plan politique, Emmanuel Macron a remporté la présidentielle française et renouvelle ainsi un second mandat de 5 ans. Le troisième tour (législative du 12 et 19 juin) sera un enjeu important afin que son parti LREM obtienne la majorité parlementaire pour mettre en place son programme de campagne. Mais la difficulté est de taille à la vue des résultats du premier tour avec un regroupement de la gauche sous la bannière Union Populaire et de l’extrême droite du Front Républicain.

En matière de positionnement, pas de changements les investisseurs sont restés très prudent, malgré plusieurs indicateurs qui sont proches de points bas historiques. Pris en contrariant, il constitue un indéniable facteur de soutien tactique favorable pour un rebond.

Gestion

Quelques changements effectués mais maintien de la prudence sur les actifs risqués dans les portefeuilles :

  • Actions : légère réduction de l’exposition, allègement sur le SP500, les actions anglaises et émergentes mais avec un biais relatif sur l’ EuroStoxx50. Nous conservons nos stratégies optionnelles sur les US (put ratio) et la zone Euro (put spread)  pour gérer l’exposition directionnelle de façon dynamique et gérer le risque. Maintien de notre panier de secteurs défensifs européens (food&beverage, healthcare, utilities, telecom & basic resources) qui historiquement ont servi de « hedge » en période d’inflation élevée.
  • Taux : nous avons augmenté la duration dans les portefeuilles pour revenir plus proche du niveau du portefeuille Stratégique (niveau de valorisation et indicateurs techniques de survente). Achats en grande partie sur le 10Y américain, plus faiblement sur le 10Y japonais et sur la partie longue de la courbe allemande. Nous avons vendu le biais à l’écartement du spread entre les OAT et le Bund avant le second tour des élections présidentielles françaises (risque faible de non-réélection d’Emmanuel Macron).
  • Devises : mise en place d’un short Euro contre Yen et maintien du short Euro contre dollar US. Nous avons sorti l’Aud contre le dollar US pour le remplacer par un long Cad contre Aud (thématique pétrole).

L’exposition globale aux actions est passée à 11% et 22% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en hausse à 3.1 et 5.6 respectivement. L’exposition au dollar US est à 2.5% et 5%.

Perspectives

A court terme, les taux d’intérêts réels sont encore négatifs et le positionnement des investisseurs est prudent. Ces deux indicateurs constituent des facteurs de soutien aux indices boursiers mais les incertitudes géopolitique, sanitaire et monétaire laissent aussi entrevoir un risque de ralentissement de l’économie mondiale. Dans ce contexte, les investisseurs restent toujours à l’écart des actifs risqués. Cependant, à aujourd’hui, les entreprises sont parvenues à maintenir leurs marges grâce à un effet volume favorable post-covid et une répercussion de la hausse des coûts dans les prix de vente. Il sera important de voir si ce constat est toujours d’actualité lors de la saison des résultats pour le compte du T1 2022.

A moyen terme, la hausse de l’inflation, la baisse des salaires réels, le durcissement rapide et drastique des politiques monétaires et l’absence d’accord entre la Russie et l’Ukraine constituent des facteurs à risque pour la croissance. Plusieurs indicateurs économiques pointent d’ores et déjà vers un ralentissement à venir de l’activité en Europe et aux Etats-Unis (confiance des consommateurs ; confiance dans les PMEs ; confiance dans l’industrie en Allemagne). Par ailleurs, la Chine reste fragilisée par l’ajustement de son marché immobilier et le regain de cas de Covid. Si les actions se sont déjà ajustées depuis le début de l’année, elles pourraient aller chercher des niveaux plus bas en cas de tensions persistantes sur les taux d’intérêts et/ou l’environnement de risque.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.