Point de gestion Seeyond Multi Asset au 28/01/2022

Publié le 08 Février 2022  Produits  
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Période du 14/01/2022 au 28/01/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période. Les marchés d’actions ont été pénalisés par une forte remontée de la volatilité et de l’aversion pour le risque sur fonds 1- de risque géopolitique croissant (conflit russo/ukrainien), 2- de tensions inflationnistes toujours sur des plus hauts, 3- de durcissement du discours des principales banques centrales mondiales dans un contexte de données économiques américaines moins porteuses, 4- de publications microéconomiques plus disparates, et 5- de rotation sectorielle. Techniquement la cassure des moyennes mobiles à 100 jours sur les principaux indices boursiers a contribué à accentuer le mouvement correctif. Les taux Européens et Japonais se sont tendus.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, le flux de publications a été mitigé. Les données américaines se sont avérées plus décevantes, que ce soit les ventes au détail du mois de décembre, la production industrielle, le taux d’utilisation des capacités de production ou la confiance des consommateurs calculée par l’Université du Michigan. De plus, si l’indicateur de confiance des PME est ressorti bien orienté, on constate que de plus en plus d’entreprises considèrent l’inflation comme un sujet de préoccupation immédiate. Dans le même temps, les commandes de biens durables, indicateur avancé de l’investissement à venir, restent bien orientées pour la partie « core ». En Chine, les dernières publications font état d’une fragilité persistante, avec des indicateurs de confiance dans l’industrie et les services en retrait et proches du seuil psychologique des « 50 » et des importations moins dynamiques qu’à l’accoutumée. Si le pib pour le compte du T4 est ressorti à peu près en ligne avec les attentes (4% en glissement annuel), il se caractérise par une faiblesse notable du côté de l’investissement, notamment dans le secteur immobilier, et de la consommation privée. Il reste en deçà du potentiel. Ailleurs, les données réelles du mois de décembre sont également négativement impactées par la vague « omicron » et les chiffres d’inflation, à l’exception du Japon, ne montrent aucun signe de retournement immédiat.

Sur le plan monétaire, le FOMC du mois de janvier  a été en ligne avec les attentes du marché. La Fed a « pré-annoncé » une hausse des taux pour le mois de mars. Powell a précisé que le rythme et l’ampleur de la réduction du bilan serait un sujet abordé lors des deux prochaines réunions de la Fed. A noter que la réduction des achats d'actifs doit prendre fin début mars. Par ailleurs, Powell a laissé entendre que le rythme des hausses de taux pourrait être plus rapide qu’en 2015 -lorsque le rythme avait été extrêmement lent !- , mais que la Fed devait rester "humble et agile" et se laisser guider par les données. La Banque du Japon (BoJ) a revu à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation pour 2022, mais n’a apporté ou pré-annoncé aucun changement dans sa politique. Quant à la banque de Chine (PBOC), elle a conforté son biais accommodant en abaissant ses principaux taux directeurs (Loan prime rate et taux de réserve obligatoire) et en injectant des liquidités pour soulager les acteurs du secteur immobilier local.

La saison des résultats a début aux Etats-Unis. Loin d’être négative, elle semble pour le moment un peu plus hétérogène que d’ordinaire. A noter cependant qu’à aujourd’hui, les « grands » noms de la tech américaine ont publié des résultats très satisfaisants.

Sur le plan géopolitique, les tensions sont au plus haut entre la Russie, l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Europe. Les intimidations militaires et les menaces se multiplient de part et d’autre. Les négociations se poursuivent avec l’approvisionnement en gaz et le projet « nord stream2 » au cœur des discussions. Un compromis entre la Russie, l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Europe est difficile et pourrait prendre du temps, tant les intérêts américains et européens sont divergents.

Sur le plan sanitaire, la situation semble se stabiliser en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Le pic des contaminations pourrait être atteint d’ici peu et plusieurs pays (Royaume-Uni, France, Italie) envisagent un assouplissement des mesures de restriction.

Sur le pétrole, les pressions sont restées fortes. Le prix actuel reflète les risques géopolitiques croissants, plus que le différentiel entre l’offre et la demande (attendu positif dans le courant de l’année 2022). 

Gestion

Quelques changements sur les modèles Stratégiques : les modèles de tendance sur les actions sont passés négatifs sur toutes les zones à l’exception du Royaume-Uni où ils demeurent neutres.

  • Actions : nous avons pris des profits sur une partie du biais relatif négatif sur le Nasdaq. Par ailleurs, nous avons profité du repli de près de 12% sur le SP500 pour prendre des profits sur nos stratégies optionnelles de protection. Nous avons mis un biais tactique positif sur les actions américaines suite au repli de marché et avons décidé de retarder l’implémentation du signal stratégique vendeur.
  • Taux : légère hausse de la duration via l’achat de taux à 10 ans Américains qui pourraient progressivement retrouver de la valeur en cas de faiblesse macroéconomique.
  • Devises : pas de changement. Maintien du long AUD contre JPY.

L’exposition globale aux actions n’a que peu évolué autour de 28% et 56% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en légère hausse à 2.9 et 5.1 respectivement. L’exposition au dollar US est restée autour de -2% et -5%.

Perspectives

A très court terme, les facteurs de soutien aux marchés d’actions se font plus rares : le momentum fondamental pourrait pâtir d’Omicron, les pressions inflationnistes persistantes empêchent les banques centrales d’adopter un ton moins dur et le marché pourrait facilement devenir excessif sur le sujet, la dynamique des conditions financières est devenue moins porteuse, la cassure de niveaux techniques importants pourrait induire des ventes en série. Cependant, à aujourd’hui, les investisseurs sont  sous-exposés et le socle fondamental de moyen terme semble solide. Dans ce contexte,  tout repli conséquent de plus de 10% nous paraît, toutes choses également par ailleurs, de bons points de repositionnement.

A moyen terme, le sujet du « tapering », de l’inflation, des futures hausses de taux, du ralentissement de la croissance chinoise, des marges des entreprises et de la hausse des taxes vont graduellement revenir sur le devant de la scène au fur et à mesure que le risque sanitaire va s’apaiser. Le face-à-face entre la Fed et le marché n’est pas terminé, augurant une hausse de la volatilité sur les marchés -notamment obligataires- dans les mois  à venir.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages. Dans ce contexte, l’économie réelle sera apte en absorber des niveaux de taux structurellement plus élevés.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.