Point de gestion Seeyond Multi Asset au 25/03/2022

Publié le 31 Mars 2022  Produits  
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Période du 11/03/2022 au 25/03/2022

Performance positive des portefeuilles sur la période, retournement à la hausse sur les marchés d’actions malgré des taux obligataires en forte augmentation, une situation inchangée dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine et des sanctions qui s’amplifient à Moscou, le tout dans un contexte où les prix du pétrole et du gaz ont fortement progressé. Ainsi, la guerre en Ukraine est restée le focus majeur pour les investisseurs mais avec un prisme différent, la possibilité de négociations ouvrant la porte à des pourparlers entre l’Ukraine et la Russie avec une éventualité de trouver un terrain d’entente, ont généré un mouvement de « squeeze à la hausse » sur les indices actions dans des volumes relativement faibles. Le positionnement très prudent des investisseurs à contribuer à amplifier ce mouvement entraînant les volatilités implicites à la baisse.

Faits marquants 

Sur le plan géopolitique, l’invasion de l’Ukraine par la Russie dure depuis un mois, l’espoir d’une guerre « éclair » par les Russes ne s’est pas matérialisé. La résistance de l’armée ukrainienne à l'offensive russe s’est révélée plus solide qu'attendue par les Russes et même par la communauté internationale. Le président ukrainien Zelensky a su mobiliser la communauté internationale et galvaniser l'esprit de défense des ukrainiens. La durée du conflit militaire dépend maintenant à la fois de la capacité de l'Ukraine à résister à la pression militaire russe et de l'impact des sanctions sur l'économie russe qui sont montées d’un cran au cours de cette période. Autre point à ne pas négliger, l’absence de réel soutien de la population russe à un conflit avec un pays historiquement, culturellement et linguistiquement proche. Ces différents éléments pourraient amener le président V. Poutine à revoir sa stratégie et potentiellement à chercher une porte de sortie à ce conflit en négociant un compromis de paix avec V. Zelensky. Cela explique en partie le mouvement de reprise des marchés actions ces derniers jours. Pour autant, les conséquences immédiates de ce conflit : 1- une catastrophe humanitaire avec le déplacement de plus de trois millions de réfugiés et plusieurs milliers de morts, 2- une hausse du prix des matières premières énergétiques, industrielles et alimentaires avec des effets potentiellement récessifs à moyen terme dans le monde et une résurgence des troubles sociaux dans les pays émergents, 3- une baisse potentielle d’activité dans les pays commerçant avec la Russie dans le sillage des sanctions de la communauté internationale à l’encontre du pays, sont des facteurs de risques installés plus durablement militant toujours à la prudence.

Sur le plan macroéconomique, aux Etats-Unis les publications sont restées solides, les mises en chantier de logements sont en hausse de +6.8% en février contre +6.3% en janvier soit au-dessus du consensus. L’activité manufacturière est aussi en hausse en mars d’après l’indice Philly Fed à 27.4 contre 16 en février alors que le consensus prévoyait l’indice légèrement en baisse. L’activité dans le secteur privé s’est accélérée en mars, l’indice des directeurs d’achat PMI Composite ressort à 58.5 vs 55.9 en février. Le PMI des services est passé de 56.5 en février à 58.9 en mars et celui du secteur manufacturier de 57.3 en février à 58.5 en mars. Seule la croissance de la production industrielle a ralenti en février avec une hausse seulement de +0.5% contre +1.4% le mois précédent. En zone Euro, les effets du conflit se fait déjà ressentir dans les dernières publications. En Allemagne, le moral des investisseurs s’est effondré au mois de mars selon le baromètre IFO avec un indicateur à 90.8 contre 98.8 en février et l’indice ZEW du climat économique allemand chute de -93.6 points, passant de 54.3 à -39.6. De plus, l’institut économique IfW Kiel estime que la guerre en Ukraine va diviser par deux la croissance attendue du PIB allemand en 2022 soit à +2.1% contre +4% estimé en début d’année. Afin de répondre à cette situation, les ministres des Finances de l’UE vont coordonner leur réaction aux effets négatifs de la guerre ukrainienne sur l’économie européenne à travers un cadre légal sur les aides d’Etat, dans un contexte où l’inflation en zone euro a atteint un record en février à +5.9% sur un an contre +5.1% en janvier. En Chine, amélioration des données économiques avec une hausse de la production industrielle chinoise de +7.5% en rythme annuel au cours des deux premiers mois de 2022 et une hausse des ventes au détail de +6.7%. La bourse chinoise a fortement rebondi après les promesses de soutien du gouvernement pour les secteurs affectés par le conflit ukrainien.

Sur le plan monétaire, La BCE par sa présidente Christine Lagarde déclare que le relèvement des taux directeurs serait progressif et n’interviendrait que quelque temps après la fin du Quantitative Easing prévu cet été. La BoE a relevé son taux directeur à 0.75% (niveau de pré-pandémie) pour lutter contre l’inflation qui pourrait atteindre +8% en 2022 au Royaume-Uni. Comme attendu, la Fed a relevé ses taux de 0.25 bps pour faire face à l’inflation, qui est à son plus haut depuis 40 ans et qui pourrait atteindre +4.3% cette année selon ses prévisions. Le FOMC anticipe désormais des Fed Funds à 1.9% en fin d’année et 2.8% d’ici à 2024. Elle prévoit également une croissance du PIB moins élevé à +2.8% contre +4% auparavant, puis +2.2% en 2023 (inchangé). De plus, J. Powell a déclaré que la Fed est prête à relever les taux d’intérêt de +0.5% lors de sa prochaine réunion du 3 mai 2022 si nécessaire pour lutter plus efficacement contre l’inflation, qu'il considère comme beaucoup trop élevée.

Sur le plan sanitaire, la situation sur la pandémie en Asie reste à surveiller, principalement à Hong-Kong et en Chine où la politique « zéro Covid »,peu adaptée au nouveau variant Omicron de par sa contagiosité, se traduit toujours par la fermeture de grandes villes, régions, et usines. Des pressions dans les chaines d’approvisionnement pourraient ressurgir.

Sur le marché des matières premières, le prix du pétrole, du gaz et des denrées alimentaires a continué de se tendre, obligeant les pays européens à réfléchir à un plan stratégique pour diminuer rapidement leur dépendance à l’énergie russe. Des informations plus précises sont attendues pour la fin du second trimestre et les autorités européennes ont d’ores et déjà prévenu qu’une telle décision demanderait « des efforts et des sacrifices ». Sur le London Metal Exchange les cours sur les échanges de Nickel ont repris et les prix sont restés dans les limites fixées pour la première fois depuis la réouverture du marché le 16 mars signe que le marché commence à se stabiliser.

Gestion

Changements effectués dans les portefeuilles :

Nous maintenons un biais toujours prudent sur les actifs risqués, nous pensons que la crise entre l’Ukraine et la Russie n'a pas atteint son paroxysme et devrait continuer à peser sur le sentiment des investisseurs.

  • Actions : légère augmentation de l’exposition (convergence vers le portefeuille Stratégique), achat sur les actions américaines et anglaises. En complément nous avons mis en place des positions optionnelles sur juin à la réduction du risque sur l’EurosStoxx50 et le S&P500.
  • Taux : réduction de la duration modifiée par la vente de taux allemands à 10 ans et de taux à 5 / 10 ans américains. Sur la courbe américaine nous restons positionnés sur le 10 / 30 ans au détriment des taux courts sous pression de la remontée des taux Fed funds.
  • Devises : pas de positions.

L’exposition globale aux actions est passée à 14% et 29% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en baisse à 3 et 5 respectivement. L’exposition au dollar US est quasi nulle.

Perspectives

A court terme, des pourparlers entre responsables russes et ukrainiens sont toujours maintenus mais des progrès significatifs ne semblent pas être encore d’actualité. La durée du conflit est plus dommageable à la Russie qui envisageait une invasion éclaire de l’Ukraine grâce à son armée mieux préparée et équipée mais la situation est bien différente après plus d’un mois de guerre. Cela pourrait engendrer un conflit plus long qu’espéré initialement par la Russie. Ainsi l'incertitude entourant les effets directs et indirects du conflit russo-ukrainien sur l'environnement économique et financier mondial, la durée de la guerre, les tensions sur les matières premières, la politique monétaire plus restrictive et l'évolution des marges des entreprises, ne permettent pas d’envisager une reprise durable des actifs risqués.

A moyen terme, nous considérons que la crise ukrainienne n’est pas encore de nature à changer définitivement les perspectives économiques mondiales et à faire dérailler la reprise globale. Mais elle est suffisamment importante pour générer des incertitudes à court terme, dans un environnement de marché par ailleurs fragilisé par les tensions sur les taux d’intérêts. Nous préférons donc conserver un profil prudent, prendre le temps d’évaluer la situation et garder la possibilité de profiter d’opportunités qui pourraient se présenter dans les semaines à venir.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.