Point de gestion Seeyond Multi Asset au 28/01/2022

Publié le 04 Mars 2022  Produits  
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Période du 11/02/2022 au 25/02/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période tirée à la baisse par le regain de volatilité sur les marchés d’actions alors que les taux d’intérêts à long terme n’ont pas servi de valeurs refuges. Les paris relatifs tactiques (sur l’Europe, le Japon, les banques Euro et les EM) ont été mis à mal par le début de l’invasion Russe en Ukraine et la forte sous performance des actions non US.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, les données américaines publiées sur la période font état d’une belle solidité économique que ce soit les ventes au détail en fort rebond et aux de-là des attentes, des commandes de biens durables, des permis de construire, du taux d’utilisation des capacité de production ou de la production industrielle. Seuls les indicateurs de confiance industriels régionaux ont quelque peu déçu ( Philly Fed et Richmond Fed). En Europe également, les données sont bien orientées, à l’image du Zew , de l’IFO en Allemagne ou des PMis dans les services.

Sur le plan monétaire, les banques centrales gardent le cap de la normalisation mais celle-ci pourrait être plus graduelle et de moins grande ampleur en raison du conflit entre la Russie et l’Ukraine et des incertitudes croissantes que celui-ci engendre.

Sur le plan géopolitique, les tensions entre la Russie et l’Ukraine, au plus haut ces dernières semaines, se sont matérialisées par plusieurs attaques de l’armée russe non seulement dans le Donbass, région ukrainienne majoritairement séparatiste, mais également à Kiev et à Karkhiv, les deux principales villes du pays. L’intervention russe est de plus grande ampleur que ce que les spécialistes avaient envisagé. Poutine exige : 1- une démilitarisation de l’Ukraine, 2- une garantie que l’Ukraine n’entrera pas dans l’Otan, 3- une reconnaissance du rattachement de la Crimée et du Donbass à la Russie. De son côté, la présidence ukrainienne a effectué une demande d’intégration d’urgence « sans délai » dans l’union européenne. Dans un tel contexte de divergences des doléances, il semble difficile d’anticiper, à aujourd’hui, une résolution rapide du conflit. En représailles à cette invasion militaire, le G7 et l’Europe se sont mis d’accord pour appliquer des sanctions exemplaires ciblées à la Russie, de nature à ne pas contrecarrer la reprise économique mondiale mais avec la volonté d’isoler le pays et de le priver de ses réserves : 1- expulsion de plusieurs banques russes du système « swift », 2- fermeture de l’espace aérien à la Russie, 3- fermeture des liaisons commerciales, 4- fermeture de l’accès aux devises étrangères de la banque centrale de Russie. Les plus grandes entreprises européennes du secteur de l’énergie ont par ailleurs annoncé cesser leurs investissements directs en Russie.

Sur le plan sanitaire, la situation se stabilise et s’améliore dans la plupart des régions du monde.

Sur le marché des matières premières, le prix du pétrole, du gaz et des denrées alimentaires se sont envolés suite au conflit russo/ukrainien. L’Europe est très dépendante du gaz russe, en particulier l’Allemagne et l’Italie.  Si le risque d’une rupture d’approvisionnement est jugé peu probable par les spécialistes, des perturbations sont possibles en cas d’accidents sur les sites d’acheminement majeurs. A noter que quelques pays arabes ont demandé à l’OPEC et ses alliés de tenir leur accord actuel d'une augmentation de la production de 400 000 barils par jour chaque mois. 

Gestion

Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le début du conflit et compte tenu du manque de visibilité, nous avons soldé la plupart de nos paris tactiques pour rapprocher les portefeuilles des modèles stratégiques :

  • Actions : baisse de l’exposition globale aux actions ; vente des actions de la zone Euro, des banques de la zone Euro, d’actions Japonaises, des actions EM, des PME américaines, des secteurs automobiles et de la consommation européens.
  • Taux : hausse de la duration modifiée via l’achat de taux allemands, britanniques, japonais et américains.
  • Devises : nous avons soldé notre position acheteuse d’AUD contre JPY.

Nous avons maintenu notre exposition aux banques américaines contre SP500.

L’exposition globale aux actions est en baisse proche de 16% et 33% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en hausse à 3.4 et 6.2 respectivement. L’exposition au dollar US est quasi nulle autour de 0.2% et 0.4%.

Perspectives

A court terme, la prime de risque des marchés d’actions devrait continuer à augmenter. L’incertitude entourant l’ampleur des nouvelles sanctions et leur impact sur l’environnement économique et financier ne permet pas d’envisager une accalmie rapide. Et encore moins une reprise durable des actifs risqués. Au moment où elles doivent entériner une inflexion significative de leur politique monétaire, les banques centrales vont devoir intégrer ces éléments dans leur analyse de la situation. De fait, les tensions inflationnistes vont encore s’accroitre à court terme, mais les risques de ralentissement de la croissance à moyen terme vont également augmenter. Un dilemme qui devrait peser dans les choix de la FED lors de sa prochaine réunion (le 16 mars).

Nous considérons que la crise ukrainienne n’est pas encore de nature changer définitivement les perspectives de moyen terme et à faire dérailler la reprise globale. Mais elle est suffisamment importante pour générer des incertitudes à court terme, dans un environnement de marché par ailleurs fragile. Nous préférons donc adopter un profil prudent, prendre le temps d’évaluer la situation et garder la possibilité de profiter d’opportunités qui pourraient se présenter dans les semaines à venir.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.