Point de gestion Seeyond Multi Asset au 21/10/2022

Publié le 28 Octobre 2022  Produits  
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Période du 30/09/2022 au 21/10/2022

Performance négative des portefeuilles sur la période due à la poursuite de la hausse des taux. Période en dents de scie sur les marchés d’actions. Ces dernières ont touché de nouveaux points bas par deux fois durant la  première quinzaine du mois d’octobre, avant de rebondir en anticipation d’un pic de « hawkishness » imminent de la part de la Fed et d’une saison des résultats attendue correcte après les fortes révisions baissières de ces dernières semaines, notamment dans le secteur bancaire et de l’énergie. La fin du mois de septembre et le début du mois d’octobre ont été marqués par la crise politique britannique, les fortes tensions sur les taux et l’intervention en urgence de la BoE.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, les dernières données confirment les craintes d’un ralentissement de l’activité mondiale. Les PMIs mondiaux continuent à s’ajuster de façon très graduelle, sans à-coup, pour atteindre 49.8 dans l’industrie comme dans les services. L’Allemagne est toujours fortement touchée et enregistre des PMIs entre 44 et 45. La Chine reste fragilisée en raison du maintien de la politique 0-Covid, tout comme ses voisins les plus proches. Aux Etats-Unis, le secteur manufacturier ralentit fortement alors que les services font preuve d’une belle résistance. Au Japon, le PMIs global reste au-delà des 50, soutenu par la politique accommodante de la BOJ et un Yen compétitif.

Le secteur immobilier ralentit partout, sous l’effet de la hausse des taux hypothécaire, sans pour autant s’effondrer. Le marché du travail est toujours robuste et tendu. Les négociations salariales restent actives. Les pressions inflationnistes ne montrent pour le moment aucun signe d’apaisement.

Sur le plan monétaire, pas de changement majeur sur la période. Les principales banques centrales ont maintenu leur biais « hawkish ». A noter que la BoE a été contrainte d’intervenir pour fluidifier la liquidité sur le marché suite à des problèmes de financement d’appels de marges de fonds de pension britanniques, et éviter un accident financier majeur. Dans la foulée, et pour rassurer les marchés, K. Kwateng, a été limogé de son poste de ministre britannique des Finances par Liz Truss et a été remplacé par Jeremy Hunt (ancien ministre des Affaires étrangères). Par ailleurs, le gouvernement a annoncé l’abandon d’une partie du paquet de réductions d’impôts notamment sa promesse de ne pas augmenter l’impôt sur les sociétés. Quelques jours plus tard, Liz Truss sera contrainte de poser sa démission. Elle sera remplacée par Rishi Sunak, ancien chancelier du gouvernement Johnson. D’après le FT, Sunak trancherait fortement avec le gouvernement Truss. Il envisagerait des hausses d'impôts et des réductions de dépenses à hauteur de 50 milliards de livres par an pour combler le déficit des finances publiques.

Sur le plan géopolitique, toujours pas de progrès dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. En Chine, le président Xi Jinping, lors du 20e congrès du Parti communiste, a réorganisé son cercle pour assurer sa réélection. Il a par ailleurs défendu sa politique sanitaire 0-Covid, quitte à s’éloigner des objectifs de croissance.

En matière d’énergie, les treize membres de lOpep ont décidé de réduire la production de deux millions de barils par jour, soit la coupe la plus importante depuis le début de la pandémie. Par cette décision, l’organisation affiche sa volonté de soutenir le prix du pétrole, quitte à froisser les Etats-Unis.

Sur le plan microéconomique, la saison des résultats a commencé. Aux Etats-Unis, les grandes banques ont reporté des bénéfices supérieurs aux attentes, tout comme le secteur de l’énergie et des matériaux. Le secteur technologique s’annonce plus aléatoire. Tesla a déçu alors que Netflix a vu le nombre d’abonnés augmenter fortement. En Europe, le secteur du luxe fait preuve de résistance malgré la fébrilité de la situation chinoise.

Gestion

Les modèles stratégiques ont apporté les changements suivants :

-Actions :  les modèles stratégiques ont peu évolué au  mois d’octobre. Les fondamentaux sont toujours positifs aux Etats-Unis et au Japon, et négatifs en Europe et dans les pays émergents. Les régimes de risque et tendance sont négatifs sur toutes les zones géographiques.

-Taux : les modèles  stratégiques sont neutres en Australie et négatifs partout ailleurs. Cependant, ils se sont améliorés suite à la hausse récente de l’aversion pour le risque et la détérioration des fondamentaux économiques.

Les portefeuilles stratégiques sont prudents sur les actions et les taux.

Les changements effectués dans les portefeuilles ont été les suivants :

- Actions : gestion des positions en options et hausse de l’exposition via l’achat d’actions américaines. Nous avons introduit un léger biais tactique positif pour les raisons suivantes :
1- Configuration technique positive suite à la tenue de supports significatifs sur les grands indices,
2- Positionnement toujours très prudent des investisseurs – pour la première fois, la marché n’a pas chuté suite à la publication de mauvais chiffres d’inflation américains,
3- Probabilité élevée à court terme de stabilisation des taux longs américains autour du niveau des 4%, 4- Début de saison de résultats rassurante aux Etats-Unis avec 73% de surprises positives.

- Taux : légère hausse de la duration via les taux américains, allemands et japonais pour accompagner les signaux stratégiques.

- Devises : pas de position.

L’exposition globale aux actions est en hausse à 18% et 36% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est à 2.9 et 5.1 respectivement. L’exposition au dollar US est de 0.5% et 1%..

Perspectives

A très court terme, les publications des résultats trimestriels des entreprises constituent les principaux catalyseurs des marchés. Les secteurs bancaire, de l’énergie et des matériaux devraient par conséquent conforter leur surperformance. La Fed, à l’image de la BoC, pourrait par ailleurs être tentée de marquer une pause ou de freiner le rythme de son resserrement monétaire pour évaluer la situation et la diffusion de sa politique monétaire à l’économie réelle, permettant au rebond tactique de se poursuivre quelque temps encore.

A plus long terme, les tensions sur les marchés devraient se poursuivre avec une succession d'épisodes positifs et négatifs. Sur les marchés obligataires, les rendements souverains devraient rester orientés à la hausse, jusqu’à ce que les banques centrales envoient un message clair de pause durable. Aux États-Unis, la Fed devrait maintenir la pression sur sa politique monétaire malgré une détérioration de la croissance économique, et la poursuite de la réduction de son bilan ajoutera une pression supplémentaire à la vente sur les bons du Trésor américains. En Europe, la hausse de l'inflation n'est probablement pas terminée. La crise énergétique devrait s’étendre au moins jusqu’à l'hiver prochain avec d'éventuelles restrictions. La BCE est contrainte de rattraper le retard pris ces derniers mois et la hausse des taux courts devrait accélérer. Sur les marchés d’actions, les perspectives fondamentales sont orientées à la baisse (lentement aux Etats-Unis, plus nettement en Europe). Quelques entreprises commencent à faire des avertissements sur résultats, arguant soit une hausse des coûts supérieure aux attentes, soit une pénurie d’approvisionnement en biens de production. Seul le faible positionnement des investisseurs pourrait permettre, par à-coup, de faire remonter temporairement les marchés.

A moyen terme, la probabilité de récession mondiale va s’amplifier au fur et à mesure de la hausse des taux et des prix, constituant un risque majeur sur les profits des entreprises. Les effets négatifs des politiques monétaires restrictives sur les économies réelles devraient atteindre leur paroxysme en 2023. Dans ce contexte de hausse des taux réels, de détérioration des conditions financières et de ralentissement économique, les analystes devraient être contraints de réviser à la baisse leurs prévisions de bénéfices, accentuant le retournement des multiples. Un ajustement supplémentaire des indices actions est hautement probable. L’analyse technique rejoint l’analyse fondamentale dans une perspective de 3 à 6 mois en envoyant des signaux de grande prudence toujours en tendance baissière actions et haussière taux & dollar.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.