Point de gestion Seeyond Multi Asset au 04/11/2022

Publié le 11 Novembre 2022  Produits  
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Période du 21/10/2022 au 04/11/2022

Performance positive sur la période, les portefeuilles ont bénéficié de la bonne tenue des marchés actions, surtout de la zone euro, et de la détente des taux gouvernementaux. L’espoir d’un assouplissement de la politique zéro-Covid de la Chine a pu compenser l’augmentation des taux de la FED et le discours plus ferme de J. Powell pour ramener l’inflation à +2% par an.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, en zone Euro l’activité économique a ralenti avec des indices PMI en octobre inférieurs à ceux du mois de septembre. Le PIB français a progressé de +1.0% sur un an au T3 contre +4.2% au T2 et celui de l’Allemagne de +0.3% contre +0.1%. L’inflation est repartie à la hausse notamment en France et en Allemagne sur un an en octobre, avec respectivement, +6.2% versus +5.6% et +10.4%. Aux Etats-Unis, le PIB a augmenté de +2.6% en rythme annualisé au T3 contre -0.6% au T2. Cependant, le PMI composite a baissé à 47.3 en octobre versus 49.5 en septembre et les demandes d’allocations au chômage ont légèrement augmenté à 220K lors de la semaine du 22 octobre. En Asie, le FMI a abaissé ses prévisions de croissance à +4% cette année contre +4.9% auparavant et à +4.3% pour 2023 contre +5.1% précédemment. Le PIB chinois a augmenté de +3.9% sur un an au T3 contre +0.4% au T2.

Sur le plan monétaire, la BCE a de nouveau relevé ses trois taux directeurs de +75bps à 2.0% pour le taux de refinancement et 1.5% pour le taux de dépôt. La BCE a annoncé que le rythme des hausses des taux futures dépendrait des chiffres macroéconomiques. La FED a aussi relevé ses taux de +75 bps pour les porter entre 3.75% et 4.0%. Elle a maintenu un ton ferme concernant la lutte contre l’inflation alors que l’espoir d’un ralentissement des hausses des taux grandissait ces derniers jours. J. Powell a écarté la perspective d’une inflexion marquée de la politique monétaire restrictive de la FED. Le pic attendu du taux directeur de la Réserve fédérale impliqué par les contrats de swap a augmenté à 5.25% en juin 2023. La BoE a également relevé ses taux de +75bps à 3.0% (comme attendu). Cependant, elle a signalé un ralentissement des hausses des taux à venir. Elle a également repris ses ventes d’obligations qui avait été interrompues lors de l’annonce du plan fiscal de Liz Truss. La Banque du Canada a surpris en  augmentant uniquement ses taux de +50 bps à 3.75% car attendu à 4.0%. De son côté, la BoJ a une nouvelle fois maintenu son taux de dépôt des banques à -0.1%.

Sur le plan géopolitique, toujours pas d’évolution positive dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Cependant, la Russie après l’avoir suspendu a repris sa participation à l’accord assurant la poursuite des exportations de céréales ukrainiennes. Au Royaume-Uni, R. Sunak, ancien ministre des Finances, est devenu le nouveau Premier ministre. Il a maintenu J. Hunt en tant que ministre des Finances et a reporté l’annonce du plan fiscal à moyen terme au 17 novembre, initialement prévu le 31 octobre. En Chine, Xi Jinping a été reconduit à la tête du pays pour un 3e mandat consécutif. De plus, suivant les propos d’un ancien haut responsable des autorités sanitaires chinoises, la Chine pourrait assouplir ses mesures zéro-Covid. Au Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva (Parti des travailleurs) a remporté les élections avec 50.1% des voix.

En matière d’énergie, le secteur a fortement progressé et a profité de la remontée du cours du pétrole à la suite de l’annonce d’une baisse de la production de pétrole brut de -2m bpj par l’OPEP+. Les résultats au T3 des sociétés du secteur ont démontré un environnement opérationnel très favorable, avec des résultats records, et retour à l’actionnaire important.

Sur le plan microéconomique, la saison des résultats se prolonge et reste globalement bien orienté sauf sur le secteur technologique ou les annonces sont plus aléatoire. 

Gestion

Les modèles stratégiques ont apporté les changements suivants pour novembre :

-Actions :  pas de changement et niveau d'exposition stable dans les pays développés, fondamentalement les Etats-Unis et le Japon restent en territoire positif, la zone Euro toujours en territoire négatif. Juste un changement dans les pays émergents, retour en territoire légèrement positif avec l’amélioration du signal d'inflation (prix payé en baisse). En termes de régimes de tendance, tous les marchés restent dans une tendance baissière, mais le Japon et l'Australie sont positifs et le Royaume-Uni neutre mais seulement depuis quelques jours donc pas suffisants pour changer le signal de tendance négatif.

-Taux : baisse de la duration, le signal fondamental est en repli sur tous les pays avec l'indicateur d'aversion au risque en baisse, à la suite de la hausse des marchés actions. Globalement, tous les notes sont plus négatives. 

En conséquence, le portefeuille stratégique repasse un peu plus prudent uniquement sur les taux, tandis que l'exposition aux actions a légèrement augmenté à 15,2 % (soit +1 % investi dans les marchés émergents). Ainsi la duration modifiée est passée de 3,28 à 2,14.

Les changements effectués dans les portefeuilles ont été les suivants :

- Actions : maintien du biais tactique positif. Nouvelle position à l’achat sur les actions émergentes à hauteur de 1% en ligne avec le signal stratégique. Mise en place d’un pari relatif sur l’EuroStoxx50 contre SP500, ainsi que sur les financières et small caps américaines contre le SP500. Maintien de nos options sur le SP500 soit des calls 3800 12/22 et des paris sectoriels européens.

- Taux : baisse de la duration via les taux américains et japonais pour accompagner les signaux stratégiques en baisse.

- Devises : pas de position.

L’exposition globale aux actions est en légère hausse à 22% et 44% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en baisse à 2.1 et 3.5 respectivement.

Perspectives

A court terme, des signes d'affaiblissement de l'économie mondiale se multiplient. Mais une inflation et des données sur l’emploi toujours fortes rendent l’évolution des marchés financiers très complexe en termes d'allocation d'actifs. Un changement de politique monétaire de la FED serait cohérent avec la situation actuelle afin d'éviter une erreur de politique. Cependant, la FED a besoin de voir un ralentissement des chiffres prix/travail pour valider un tel changement de stratégie. En Europe, la politique de la BCE pourrait être contrainte très rapidement par une dégradation de la dynamique économique. Et enfin, les autorités chinoises ne montrent aucun signe de tournant dans leur stratégie covid. Quoi qu'il en soit, jusqu'à la fin de l'année, la faible liquidité et les investisseurs systématiques pourraient exacerber la volatilité dans les deux classes d'actifs.

A moyen terme, la probabilité de récession mondiale va s’amplifier au fur et à mesure de la hausse des taux et des prix, constituant un risque majeur sur les profits des entreprises. Dans ce contexte de hausse des taux réels, de détérioration des conditions financières et de ralentissement économique, les analystes devraient être contraints de réviser à la baisse leurs prévisions de bénéfices, accentuant le retournement des multiples. Un ajustement des indices actions reste hautement probable.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.