Point de gestion Seeyond Multi Asset au 03/12/2021

Publié le 13 Décembre 2021   Produits  
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Période du 19/11/2021 au 03/12/2021

Performance négative des portefeuilles sur la période, les marchés d’actions ont sensiblement reculé et la volatilité est repartie à la hausse. Deux facteurs majeurs à cette situation : 1- la découverte d'un nouveau variant baptisé Omicron, pour lequel l'efficacité des vaccins reste à démontrer, dans un contexte de reprise de l'épidémie qui a conduit à de nouvelles restrictions dans plusieurs pays. 2- l’évolution du ton des banques centrales moins accommodant, notamment du côté de la FED qui semble mettre désormais plus l’accent sur l’inflation qui demeure élevée plus longtemps que prévu ; laissant entrevoir une accélération du « tapering » avec un risque de hausse des taux plus précoce.

Faits marquants 

Les  données macroéconomiques sont globalement restées bien orientées, notamment aux US où l'indice ISM manufacturier est ressorti en hausse à 61.1 en novembre contre 60.8 le mois précédent. En zone Euro, le PMI du secteur manufacturier ressort stable à 58.4 en novembre contre 58.3 le mois précédent, et le PMI composite progresse légèrement à 55.4 en novembre après 54.2 en octobre, ainsi que les ventes au détail en augmentation de +0.2% sur un mois et de +1.4% en glissement annuel. De même au Japon, l’indice PMI Manufacturier ressort à 54.5 vs 54.2 précédemment et en Chine le PMI manufacturier de novembre repasse au-dessus du seuil d’expansion à 50.1, seul l'indice PMI des services est en baisse à 52.1 en novembre  contre 53.8 en octobre.

Cependant l’intention des investisseurs reste portée sur l’inflation et les publications vont toujours dans le sens d’une dynamique haussière. Plusieurs intervenants de banques centrales ont communiqué sur le fait que le pic d’inflation n’était pas encore atteint. La Fed pourrait être forcée d’envisager une accélération du « tapering » au vu de la forte croissance économique et de la hausse de l’inflation selon le vice-président de la banque centrale Richard Clarida. L’économiste membre du directoire de la BCE, Isabel Schnabel, a indiqué que les risques d'inflations étaient dirigés vers le haut. Toutefois, Janet Yellen, s'attend à ce que l'inflation se modère l'année prochaine, et retombe à 0,2% ou 0,3% sur un mois au second semestre 2022. La prochaine réunion de la Fed du 14/15 décembre sera suivi de près ainsi que la publication des indicateurs d’inflation.

Sur le plan politique, aux Etats-Unis le risque d’un « shutdown » a été évité. A la suite du feu vert de la Chambre des Représentants, le Sénat a approuvé un relèvement du plafond de la dette à court terme qui permettra à l’administration américaine de continuer à fonctionner au moins jusqu’à mi-février 2022.

Les surprises macroéconomiques marquent un point bas dans les pays développés et envoient des signaux porteurs de rebond à moyen terme dans l’ensemble des pays -y compris en Chine-, à l’exception des pays émergents hors Chine où la dégradation ne semble pas encore avoir touché à sa fin.

Sur le plan microéconomique, les résultats des sociétés sont très bons, notamment ceux de la distribution.  Les entreprises ont du cash et peuvent encore absorber les hausses de prix. La demande est également au rendez-vous et les marges sont préservées.

Sur le plan sanitaire, les nouveaux cas quotidiens d’infection au Covid-19 augmentent un peu partout dans le monde et fortement en Europe, obligeant de nombreux pays comme l’Autriche, l’Allemagne, Israël, le Japon, l’Angleterre particulièrement touchés de prendre des mesures de restrictions fortes. Cependant, dans les prochains jours nous devrions savoir si les vaccins restent toutefois un moyen efficace de contrôler cette 5ième vague. L’organisation d’un rappel vaccinal s’accélère un peu partout et devrait éviter la mise en place de mesures trop strictes de confinement dans la plupart des grands pays développés. Par ailleurs, la hausse du taux d’hospitalisation reste très contenue à aujourd’hui dans la plupart des grands pays.

Sur le pétrole, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde devraient relâcher une partie de leurs réserves stratégiques malgré les inquiétudes autour de la demande alors que l’épidémie de Covid s’accentue, afin de faire baisser le cours du baril. L’OPEP+ a prévenu qu’une telle décision pourrait forcer le cartel à revoir son programme d’augmentation graduelle de la production.

Gestion

Les modèles d'Allocation Stratégique ont légèrement évolué en novembre :

  • Actions : le modèle fondamental est devenu négatif sur les marchés Emergents (signal baissier sur la dynamique des bénéfices), il reste désormais seulement positif aux Etats-Unis mais faiblement (proche de zéro). Ainsi, le niveau d'exposition est réduit de 2,5% principalement sur les EM. Le Trend est désormais en territoire négatif pour le Japon et les marchés Emergents mais toujours positive pour les autres pays.
  • Taux : le modèle fondamental est resté stable. Toujours en territoire négatif sur les obligations américaines, allemandes et britanniques mais positif uniquement sur les obligations japonaises car les obligations australiennes sont désormais négatives. Pas de changement sur la durée modifiée.

D'un point de vue tactique, nous restons sur le même scénario, privilégiant les marchés value et cycliques (financière, automobile, matériaux, small cap US), actions européennes et japonaises, avec une faible exposition aux marchés émergents.

Quelques changements dans les portefeuilles sur la période :

  • Actions : réduction de l’exposition globale. Baisse sur les actions japonaises, américaines via le SP500 et Nasdaq100 ainsi que sur le marché Suisse. Nous conservons des biais optionnels tactiques dans les portefeuilles orientés à la hausse des indices SP500 et Eurostoxx50 sur 03 et 01/2022.
  • Taux : augmentation de la duration. Dans un contexte plus incertain nous décidons de neutraliser notre vue tactique négative sur les taux et de converger vers l’allocation stratégique. Repositionnement sur les taux à 10 ans allemand et américain.
  • Devises : maintien du long AUD contre JPY, les portefeuilles sont quasi neutres sur l’USD (légèrement négatifs).

L’exposition globale aux actions est en baisse à 33% et 66% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée en hausse à 3.7 et 6.6 respectivement. L’exposition au dollar US est stable à -0.6% et  -1.4%.

Perspectives

A court terme, les fondamentaux macroéconomiques et microéconomiques toujours bien orientés restent un facteur de soutien aux actifs risqués et les investisseurs conservent un intérêt pour les actifs risqués, notamment le retail américain. Cependant, la situation sanitaire mondiale qui se dégrade avec le nouveau variant du Covid-19 et l’incertitude sur l’évolution temporaire ou durable de l’inflation contribuent à plus de nervosité de la part des investisseurs soucieux de protéger leurs performances à l’approche de la fin de l’année et génèrent une remontée des principaux indicateurs de volatilité à court terme.

A moyen terme, le sujet du « tapering », de l’inflation, des futures hausses de taux, du ralentissement de la croissance chinoise et de la hausse des taxes des entreprises vont graduellement revenir sur le devant de la scène au fur et à mesure que le risque sanitaire va s’apaiser. Le face-à-face entre la Fed et le marché n’est pas terminé, augurant une hausse de la volatilité sur les marchés -notamment obligataires- dans les mois  à venir.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’objectif de Biden est de créer une inflation « positive » via les salaires et les investissements pour progressivement accroître le niveau de croissance potentielle du pays et par ricochet le niveau de vie des ménages.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.