Point de gestion Seeyond Multi Asset au 03/06/2022

Publié le 13 Juin 2022  Produits  
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Période du 20/05/2022 au 03/06/2022

Performance positive des portefeuilles sur la période, tirés par la reprise technique sur les marchés d’actions alors que les taux ont fortement progressé surtout dans la zone Euro.

Les investisseurs sont restés globalement toujours averses au risque et en mode attentiste dans le sillage de

  1. la situation sanitaire chinoise,
  2. l’absence de désescalade dans la crise russo-ukrainienne,
  3. la fermeté affichée de la Réserve Fédérale américaine dans sa volonté de lutter drastiquement contre l’inflation,
  4. une saison des résultats plus hétérogène pointant du doigt un risque croissant sur les marges.
  5. le maintien de pressions haussières sur le pétrole.

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, aux Etats-Unis les données sont moins porteuses avec en exemple la baisse de la confiance des consommateurs et la baisse de l’activité globale. Le président américain assure néanmoins qu’une récession peut être évitée aux Etats-Unis et annonce de nouvelles mesures économiques avec notamment un nouveau partenariat en Asie Pacifique avec davantage d’intégration dans les domaines des chaînes d’approvisionnement, de l’économie numérique et des énergies vertes. Au niveau européen, les indices de la zone euro montrent une forte baisse de l’activité économique avec l’indice de confiance des consommateurs et l’indice de l’activité globale qui ont fortement baissé pendant le mois d’avril. Le PIB de la zone euro augmente toutefois de +0.3% au T1 et l’inflation est stable à +7.4% en avril. La Commission Européenne a abaissé ses prévisions de croissance pour l’UE et s’attend désormais à un PIB de +2.7% en 2022 et de +2.3% en 2023 vs +4% en 2022 et +2.8% en 2023 précédemment. A signaler que les pays membres de l’UE ont approuvé un embargo sur le pétrole russe couvrant plus des deux tiers de leurs importations depuis la Russie. Cette réduction sera mise en œuvre d’ici la fin de l’année avec des conséquences non négligeables sur la croissance à venir. L’arrêt des exportations énergétiques russes pourrait provoquer une baisse de -2.5 à -4.2% à court terme du PIB de l’UE. En Chine nous constatons une amélioration des données, le PMI manufacturier ressort à 49.6 en mai soit en hausse par rapport au mois d’avril à 47.4. De plus, les autorités chinoises annoncent 33 mesures dans les domaines fiscal, financier, industriel, et de l’investissement afin de relancer l’économie. Le gouvernement chinois débloque 800Mds de yuan (113Mds€) de prêts pour les infrastructures et à compter de la fin du mois, les investisseurs étrangers, présents ou non en Chine, pourront effectuer des transactions sur le marché « exchange », réservé jusque-là aux acteurs locaux, afin de faire revenir les gérants internationaux qui se sont détournés des obligations en yuans. Un ensemble de mesures favorables au soutien de son économie à moyen terme. . La directrice générale du FMI a déclaré que « l’horizon s’est obscurci » sur l’économie mais exclut toutefois un risque de récession mondiale.

Sur le plan microéconomique, la saison des résultats est globalement correcte mais assez divergente d’un secteur à un autre. Aux Etats-Unis, 77% des entreprises ont publié des bénéfices supérieurs aux attentes, ce qui est en ligne avec la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, un nombre croissant d’entreprises évoquent des difficultés grandissantes qui pourraient mettre à mal les marges dans un avenir proche. Les raisons citées sont multiples mais liés à l’environnement de risque : problèmes d’approvisionnement en Chine, hausse du coût de la main d’œuvre, hausse des prix des matières premières, moindre demande en raison de la hausse des prix à la consommation. Quelques grands noms américains du secteur de la consommation et des détaillants ont  déçu et ont été sévèrement sanctionnés par les marchés. Les analystes ont jusqu’à présent peu révisé à la baisse les estimations de bénéfices et pourraient paraître sur-optimistes par rapport aux enquêtes de confiance macroéconomiques.

Sur le plan monétaire, la FED et la BOE ont augmenté leurs taux directeurs de +50bps et +25bps respectivement afin de combattre les niveaux record de l’inflation. La BCE a maintenu ses taux inchangés mais a adopté un discours plus « hawkish » et annonce la fin du QE ainsi qu’une première hausse des taux (depuis 2011) à partir de juillet. En Chine, la Banque centrale a baissé un de ses taux « le Loan Prime Rate 5 ans » de -15bps afin de soutenir son économie fortement affectée par les restrictions sanitaires à cause du Covid. Le gouvernement chinois a toutefois annoncé un allégement des restrictions à la fin du mois et la reprise progressive des activités à Shangaï et Pékin. 

Sur le plan géopolitique, le conflit en Ukraine ne faiblit pas. La Russie se concentre sur le contrôle de la partie Est de l’Ukraine et semble être en bonne position pour atteindre ses objectifs malgré les aides militaires et économiques octroyées à l’Ukraine par l’occident. Le président ukrainien a annoncé qu’il était toujours ouvert pour entamer des pourparlers avec le président russe dans le but d’arrêter la guerre.

Gestion

Les modèles stratégiques ont apporté les changements suivants au début du mois de juin :

  • Actions : stabilité du niveau d’exposition, sur le plan fondamental les Etats-Unis et le Japon restent en territoire positif alors que la zone Euro est un peu moins négative mais les EM sont toujours ancrés en territoire négatif. En matière de tendance et de régimes de risque, tous les marchés restent en tendance baissière, à l’exception des actions britanniques toujours en positions neutres et à signaler un signal proche de passer positif sur les actions japonaises.
  • Taux : baisse de la duration, sur le plan fondamental les signaux sont en légère baisse. Sur l’Allemagne il passe maintenant en négatif et un peu plus négatif  sur les Etats Unis. Le Japon reste en positif mais avec une baisse de sa note, seul l’Australie repasse en positif.

En conséquence, les allocations stratégiques cibles ont vu l’exposition aux actions rester stable autour de 15% et la duration modifiée baisser de 4.08 à 3.63 pour un profil « conservative ».

Les changements effectués dans les portefeuilles réels ont été les suivants :

Nous avons maintenu un biais tactique positif sur les actions et un biais négatif sur les obligations, compte tenu de l'ajustement à la baisse de l'allocation stratégique.Actions : maintien du niveau d’exposition dans une vue tactique de court terme tout en conservant nos stratégies optionnelles sur le SP500 et l’Eurostoxx50. En biais relatifs, nous réduisons les actions britanniques au profit des actions émergentes qui devraient profiter d’un rattrapage de valorisation à la suite des mesures de soutien prises par les autorités chinoises. Maintien de notre panier de secteurs défensifs européens (food&beverage, healthcare, utilities, telecom & basic resources) qui historiquement ont servi de « hedge » en période d’inflation élevée.

  • Taux : réduction de la duration, nous avons vendu des obligations allemandes à 10 ans et à 30 ans, des obligations longues américaines et des obligations anglaises à 10 ans.
  • Devises : pas de changements, nous restons short Eur contre Aud et long Cad contre Usd ainsi que long Yen contre Usd en guise de couverture des portefeuilles en cas de retournement macroéconomique majeur.
  • L’exposition globale aux actions est stable à 20% et 41% sur SMACG et SMADG, et la duration modifiée est en baisse à 3 et 5.4 respectivement. L’exposition au dollar US est stable à -6% et -11.6%.

Perspectives

A court terme, nous anticipons un rebond  tactique sur les principaux marchés d’actions  pour les raisons suivantes

  1. les valorisations sont attractives à très court terme et deviennent neutres à moyen terme sur de nombreux marchés,
  2. les attentes concernant les bénéfices des entreprises sont toujours globalement favorables même si certaines alertes commencent à toucher certains secteurs défensifs,
  3. le positionnement est très prudent et extrême (signal contrariant positif),
  4. les taux d'intérêt intègrent déjà une politique monétaire agressive et il est peu probable que la Fed prenne les marchés par surprise à très court terme,
  5. une reprise tactique autour de 10% est envisageable.

A moyen terme, les taux longs nominaux devraient continuer à augmenter et les marges des entreprises pourraient être sous pression. La hausse de l’inflation, la baisse des salaires réels, le durcissement rapide et drastique des politiques monétaires et l’absence d’accord entre la Russie et l’Ukraine constituent des facteurs de risque pour la croissance. Plusieurs indicateurs économiques pointent d’ores et déjà vers un ralentissement à venir de l’activité en Europe et aux Etats-Unis (confiance des consommateurs ; confiance dans les PMEs ; confiance dans l’industrie en Allemagne). Par ailleurs, la Chine reste fragilisée par l’ajustement de son marché immobilier et le regain de cas de Covid. Si les actions se sont déjà ajustées depuis le début de l’année, elles pourraient aller chercher des niveaux plus bas en cas de tensions persistantes sur les taux d’intérêts et/ou l’environnement de risque.

Trois risques extrêmes sont à surveiller de près :

  1. le risque d'un ralentissement macroéconomique mondial plus fort que prévu dans les mois à venir en raison de l'affaiblissement peut-être plus structurel de la Chine et des effets négatifs de la hausse des prix ;
  2. un ajustement baissier des flux mondiaux suite au changement de paradigme des banques centrales en matière de liquidité,
  3. des pressions inflationnistes plus durables, résistant à un ralentissement économique, et nécessitant une Fed plus agressive que ce qui est anticipé dans les marchés.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.