Point de gestion Multi Asset Août

Publié le 30 Août 2021   Produits  
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Période du 06/08/2021 au 20/08/2021

Après la bonne tenue des indices boursiers au cours de la première quinzaine du mois d’août en raison des bons résultats des entreprises et aussi d’une activité plus réduite des investisseurs, les marchés ont été plus volatiles car rattrapés par : 1- la publication de la dernière réunion de politique monétaire du 27 et 28 juillet de la Fed, ouvrant la discussion d'un ralentissement des achats mensuels d'actifs avant la fin de l'année 2021. Cependant, aucune décision finale n'a encore été prise puisque certains membres préféreraient attendre 2022 pour débuter le tapering. 2- l’accélération de la dégradation sanitaire alimentant la peur d’une reprise économique avortée au T4. 3- le tassement des données lors des dernières publications macroéconomiques américaines. 4- la volonté du gouvernement chinois de réguler le secteur technologique et d’étudier un plan de régulation et de redistribution des revenus qui pourrait bien affecter la consommation des ménages les plus aisés et réduire ainsi leurs pouvoir d’achats sur le secteur du luxe, provoquant une réduction importante des expositions (deleveraging) sur ce secteur. Les investisseurs vont donc rester prudent en attendant le premier rendez-vous important de la rentrée, celui de Jackson Hole à la fin du mois.

Performance négative des fonds Multi Asset sur la période. 

Faits marquants 

Sur le plan macroéconomique, aux Etats-Unis les ventes au détail reculent de -1.1% en juillet, inférieures au consensus qui tablait sur une baisse de -0.3% et en baisse par rapport à sa progression de +0.7% (révisé) en juin dernier. De même pour les ventes au détail hors auto en replis de -0.4% contre un consensus de +0.2% et après une progression de +1.6% en juin. Cependant, la production industrielle ressort en hausse de +0.9% soit au-dessus du consensus de +0.5% et supérieure à sa progression de juin de +0.2%, et les nouvelles demandes d’allocation chômage ressortent en baisse et en dessous du consensus. L’IPC progresse de +0.5% en juillet, en ligne avec le consensus et inférieur à sa progression de juin de +0.9%. En zone Euro, le PIB préliminaire progresse de +2.0% au T2, en ligne avec les estimations du consensus et avec sa progression du T1. L’IIPC progresse de +2.2% sur un an en juillet, en ligne avec les attentes et avec sa progression du mois de juin. En glissement mensuel, l’inflation recule de -0.1% en juillet, également en ligne avec les attentes et avec sa progression du mois de juin. En Chine, les ventes au détail progressent de +8.5% en juillet, inférieures à sa progression du mois de juin de +12.1% sur un an. La production industrielle ressort en hausse de +6.4% mais aussi en dessous du consensus et après +8.3% sur un an en juin dernier.

En matière de politique monétaire, pas de réunion de banques centrales au cours de la période mais la publication des minutes de la Fed a fortement contribué à la volatilité sur les indices boursiers. Bien sûr les principales banques centrales mondiales sont restées très accommodantes mais l’ouverture de la discussion d'un ralentissement des achats mensuels d'actifs avant la fin de l'année 2021 par une majorité de gouverneurs au sein de la Fed a généré de fortes inquiétudes auprès des investisseurs. Dans ce contexte, le rendez-vous monétaire majeur sera donc la réunion de Jackson Hole à la fin du mois d’août afin d’avoir un éclairage sur cette anticipation par J. Powell.

Sur le plan politique, les sénateurs républicains et démocrates sont parvenus à un accord en vue de l'adoption finale du projet de loi en votant le plan d'infrastructures de 1 000Mds$ de Joe Biden, par 69 voix contre 30. Le texte sera désormais soumis au vote de la Chambre des représentants. Après l'adoption du plan d’infrastructures, le Sénat se concentre désormais sur le plan d’infrastructures "humains" d'un montant de 3 500Mds$. Le plan prévoit notamment des dépenses sociales dans l'éducation, la santé, la lutte pour le climat ou encore le marché du travail.

Sur le plan sanitaire, la situation mondiale a tendance à se dégrader. Le variant delta se propage rapidement et les nouveaux cas quotidiens augmentent à l’échelle mondiale. SI les pays peu vaccinés sont clairement à risque, ceux qui ont eu la chance de pouvoir vacciner leur population devraient s’en sortir correctement, à l’image du cas britannique. En effet, le Royaume-Uni a connu une forte hausse des nouveaux cas de variant Delta ces dernières semaines, hausse qui semble à présent toucher à sa fin et qui n’a généré que peu d’hospitalisations supplémentaires. Il semble que la vaccination permette de gérer une nouvelle vague de Covid sans mettre en danger le service de santé et sans provoquer une saturation des hôpitaux. Le vaccin semble jouer son rôle pour éviter le développement des formes graves de la maladie. Reste à connaître à présent la durée de protection d’un vaccin et la fréquence des rappels.

Côté pétrole, l’Opep confirme sa prévision de forte reprise de la demande mondiale de brut en 2021 et 2022. Elle table donc sur une hausse de la demande de 5.95 M de barils par jour en 2021, soit une hausse de +6.6%. Pour 2022, elle prévoit une augmentation de la demande 3.28 M. Cependant, les cours ont fortement chuté sous les craintes d’un ralentissement économique lié à la situation sanitaire avec le développement du variant Delta en Asie.

En matière de flux, les volumes sont restés relativement faibles. Alors que les « Hedge Funds » font clairement une pause, les investisseurs et les ménages sont aussi moins actifs en cette période estivale sur les marchés financiers mais cette situation pourrait être propice à de forts décalages des cours en cas de retour de la volatilité.

Gestion

Pas de changements sur les modèles stratégiques sur les actions comme sur les obligations. Nous avons gardé les mêmes biais Tactiques dans les portefeuilles.

Au cours de la période, nous avons effectué les mouvements suivants  : 

  • Actions: pas de changements sur nos positions d’allocations géographiques et sectorielles.
  • Taux: légère réduction de notre duration sur les taux longs américains (10y et 30y).​
  • Devises: pas de changements, biais toujours short USD contre EUR, GBP, JPU et MXN. 

L’exposition globale aux actions est identique à 38% et 75% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée à 3.2 et 5.7 respectivement. L’exposition au dollar US est en baisse à -12% et -23%.

Perspectives

A court terme, le point culminant de la rentrée (Jackson Hole) se rapproche, ce qui limite les initiatives. Les quelques nouvelles mitigées sur les données macroéconomiques susceptibles de faire bouger les marchés ont été complètement ignorées. Les investisseurs privilégient un scénario positif marqué par l’efficacité des campagnes de vaccinations qui devraient permettre la poursuite d’un retour à la normale sur un plan économique. Cette perspective contribue à favoriser le positionnement sur les actifs risqués et à une certaine prudence sur les taux qui sont revenus sur des niveaux extrêmement bas. Les volumes sont faibles et les acheteurs semblent majoritairement être issus du « retail » et des stratégies automatiques. Les HF restent pour le moment à l’écart du marché. La période estivale pourrait ainsi générer une pause dans les achats frénétiques à bons comptes.  Cependant, la structure du « skew » montre que le marché est protégé et que le risque de correction majeure est par conséquent relativement faible.

A moyen terme, le risque de hausse des taux est toujours d’actualité, en ligne avec une poursuite de l’amélioration du marché du travail, des investissements, des salaires et de la consommation privée, mais peut-être à un rythme plus lent et plus modéré qu’initialement attendu en raison d’un risque sanitaire non évacué -y compris aux Etats-Unis- qui pourrait inciter la Fed à davantage de prudence et de patience dans sa volonté de durcir sa politique monétaire et diminuer son programme d’achat d’actifs. D’un autre côté, les émissions vont augmenter graduellement en lien avec les plans d’investissement décidés et votés par les autorités, ce qui pourrait déséquilibrer le marché des obligations d’état vers plus d’offre et susciter un risque haussier pour des raisons « mécaniques ». A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux et le changement de paradigme américain que l’administration Biden veut insuffler. L’atténuation du risque sanitaire post vaccination attendue pour la seconde partie de l’année sera de nature à alimenter un climat de confiance plus propice à l’investissement. 

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.