Point de gestion Multi Asset Juillet

Publié le 21 juillet 2020   Produits  
LinkedIn 3

Période du 26/06/2020 au 17/07/2020​

MA_20200721

  • Faits marquants sur la période:

Les actifs risqués ont poursuivi leur rebond, tirés par les actions américaines, les valeurs technologiques en particulier, et les actions émergentes, la Chine notamment. Dans le même temps, les taux gouvernementaux sont restés stables et le dollar s’est déprécié, surtout contre l’Euro.

Sur le plan sanitaire, l’OMS indique que le pire pourrait être à venir faute d’une capacité des Etats à implémenter le tracing, le port du masque et la distanciation sociale. Le nombre de nouveaux cas augmente de façon exponentielle dans le monde, que ce soit aux Etats-Unis, en Amérique Latine, en Asie et en Océanie où la ville de Melbourne a décidé de reconfiner ses citoyens. De nombreux « clusters » apparaissent également en Allemagne, en France et en Espagne. Si un nouveau confinement global parait peu probable à court et moyen terme, le maintien du risque sanitaire est de nature à modifier plus durablement le comportement des agents économiques, contraignant de façon plus structurelle la croissance mondiale. Dans le même temps, les laboratoires avancent dans la recherche sur un vaccin avec l’annonce de plusieurs entreprises déclarant commencer la phase des essais sur l’Homme qui pourrait durer jusqu’à l’automne.

En matière de relations sino américaines, le chef de la diplomatie américaine a menacé Pékin de nouvelles représailles, déplorant un «triste jour» pour Hong Kong après l'adoption par la Chine d'une nouvelle loi sur sa sécurité nationale. Dans les premiers jours de juillet,  le Congrès américain a adopté une loi sanctionnant les banques traitant avec des responsables chinois impliqués dans la mise en œuvre de la nouvelle loi de sécurité nationale à Hong Kong.

Sur le plan macroéconomique, les statistiques sur le marché du travail et les indices de confiance de début de mois dans l’industrie et dans le secteur des services font état d’une poursuite de l’amélioration. La dynamique positive insufflée par le déconfinement est toujours positive. A noter cependant quelques exceptions : en Europe, le PMI manufacturier allemand peine à dépasser le niveau de 45 alors qu’il se rapproche des 50 en Italie et en Espagne et qu’il les dépasse en France ; en Asie, le rebond des indicateurs de confiance dans l’industrie est très poussif au Japon, tout comme chez les autres pays voisins de la Chine. A contrario, la Chine et les Etats-Unis ont vu leurs indicateurs de confiance industriels fortement rebondir. Cependant, quelques données laissent planer un doute sur la pérennité de la reprise : les chiffres du commerce extérieur chinois et japonais sont décevants (exportations comme importations) ; l’analyse du PIB chinois pour le compte du T2 2020 fait état d’une faiblesse marquée de la consommation privée et de l’investissement ; et la confiance des consommateurs américains, après une tentative de rebond le mois précédent, a retrouvé ses points bas au mois de juillet. Par ailleurs, nombreuses sont les entreprises qui ont d’ores et déjà annoncé des plans de restructuration pour le mois d’octobre. La rentrée macroéconomique pourrait ainsi s’avérer plus délicate et moins porteuse.

Sur le plan microéconomique, la saison des résultats a commencé aux Etats-Unis. Elle est plutôt correcte, suggérant que les analystes ont révisé à la baisse leurs prévisions sans excès. Au 17/07, les entreprises enregistrent un taux de surprises de plus de 82%, ce qui est historiquement un niveau élevé. A noter que le secteur de la finance a publié des résultats supérieurs aux attentes (GS, Citigroup, Morgan Stanley, Bank of America). Côté secteur technologique, Netflix a déçu, pré-annonçant un plafonnement des abonnés au S1 et par conséquent un risque de déception sur les bénéfices aux T3 et T4 prochains. A voir si les GAFAM seront dans le même cas.

Sur le plan monétaire, pas de changement du côté des banques centrales toujours très accommodantes et prêtes à agir si de nouvelles mesures étaient nécessaires afin de soutenir la ré ouverture des économies mondiales. A noter que le Président du Conseil de Stabilité Financière de la Fed a déclaré que les banques devaient s’attendre à de nouvelles difficultés et qu’il existait un risque réel de détérioration supplémentaire des conditions d’accès au crédit.

En termes de positionnement, le ratio bull/bear (AAII) remonte mais de façon extrêmement lente et graduelle. Les investisseurs sont encore très prudents, ce qui pourrait contribuer à prolonger le rallye sur les actifs risqués.

  • Gestion

Au mois de juillet, les modèles stratégiques se sont améliorés sur les actions, portés par des tendances plus favorables aux Etats-Unis (SP500 et Nasdaq) et au Japon (Nikkei), et des signaux fondamentaux plus constructifs aux Etats-Unis et dans la zone Euro. Sur les taux, les taux devraient rester bas mais les modèles identifient encore peu de potentiel.

Dans ce contexte, et compte tenu d’indicateurs de positionnement encore très prudents, nous avons augmenté le risque dans les portefeuilles.

Changements dans les portefeuilles.

-   Actions : hausse de l’exposition aux actions principalement via l’achat d’actions américaines, japonaises et émergentes ; renforcement du biais tactique positif sur les actions émergentes ; introduction d’un biais négatif sur les petites et moyennes capitalisations américaines contre SP500 (qui devraient pâtir de l’affaiblissement de la croissance à plus long terme, une fois passés les effets bénéfiques du déconfinement) ; suppression du biais négatif sur le Nasdaq contre SP500 ; vente du secteur pétrolier contre Stoxx600 (les fondamentaux et le positionnement sur le pétrole envoient des signaux baissiers à moyen terme sur le prix de l’or noir) ; introduction de protection sur le Nasdaq (put ratio), le SP500.

-   Obligations : léger renforcement de la duration modifiée via l’achat d’obligations américaines indexées à l’inflation, encore sous valorisées rapport aux autres actifs dits risqués (actions et crédit) ; maintien de la diversification sur les taux européens via les taux français et espagnols (contre taux allemands).

-   Devises : forte réduction du dollar US, à présent en territoire négatif ; achat de JPY contre USD ; achat de CHF contre USD ; maintien du short Euro contre USD. Nous avons soldé nos positions vendeuses sur l’AUD et le GBP contre USD.

-   Matières premières : pas de position.

L’exposition globale aux actions est de 18% et 36% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est en baisse à 3.8 et 6.7 respectivement. L’exposition au dollar US est de -2.2% et -5.5%.

  • Perspectives

A très court terme, le positionnement toujours prudent des investisseurs -non professionnels en particulier-, pourrait contribuer à prolonger le rallye actuel sur les actifs risqués. Par ailleurs, la dynamique macroéconomique pourrait encore être favorable en raison des effets « techniques » positifs sur les indicateurs conjoncturels de diffusion de la poursuite des déconfinements dans de nombreux pays.

A plus long terme, on peut identifier plusieurs freins à une reprise pérenne et durable. Tout d'abord la hausse des taux de défaut et la détérioration des conditions d'accès au crédit font peser un risque sur le marché du travail et par ricochet sur la demande privée, risque d'autant plus élevé que les mesures d'urgence déployées par les gouvernements pour soutenir la demande des ménages vont graduellement s'estomper. Ensuite, l’approche des élections présidentielles américaines pourrait exacerber le risque politique. Les républicains sont au plus mal dans les sondages récents et la probabilité d’une majorité démocrate absolue au Congrès -au Sénat et à la Chambre des représentants- pourrait accroître le poids de l’aile gauche du parti et contribuer à une politique plus radicale en matière de fiscalité des entreprises. Enfin, le risque sanitaire est intact. Même si les effets ne seraient en rien comparables avec la première vague en raison de l’expérience acquise en matière de connaissance du virus, les états se préparent à une seconde vague et n'hésitent pas à reconfiner partiellement les régions touchées et à appeler à maintenir les mesures basiques de précaution, contraignant de façon durable les économies à ne pas tourner au maximum de leur capacité. Dans ce contexte toujours incertain, un large trading range sur les marchés des actions nous paraît hautement envisageable dans les six prochains mois. Il conviendra par conséquent d'adopter un pilotage tactique et dynamique de l'exposition aux actions.

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.