Point de gestion Multi Asset Décembre

Publié le 11 Décembre 2020   Produits  
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Période du 27/11/2020 au 11/12/2020

Performance positive des fonds Multi Asset sur la période dans un contexte de consolidation sur les actifs risqués après certes un mois de novembre exceptionnel à la hausse sur les indices boursiers. Ainsi, l’environnement a été moins favorable avec l’hypothèse d’une sortie sans accord entre l’UE et la Grande Bretagne… Brexit deal or no deal  tout reste possible tant les discussions restent difficiles entre les deux parties et les marchés commencent à réaliser qu’ils ne sont pas forcément si bien préparés à ce cas de figure. Déception aussi autour du vaccin développé par Sanofi et GSK qui ne donne pas des résultats à la hauteur des attentes, nécessitant d’autres analyses qui repoussent de surcroit son arrivée sur le marché. Plus aussi des points de blocages persistant sur le plan de relance américain qui, selon Nancy Pelosi, n’aboutira pas avant les fêtes. Seule vraie bonne nouvelle, Pfizer et BioNTech ont obtenu le feu vert de la FDA, ultime étape avant l’autorisation de l’utilisation du produit par les autorités américaines. Mais visiblement ce n’est pas suffisant pour augmenter le risque à l’approche des fêtes de fin d’année. 

  • Faits marquants sur la période:

Sur le plan macroéconomique, les indicateurs aux Etats-Unis sont restés solides malgré une légère baisse de l’ISM manufacturier à 57.5 au lieu de 59.3 et attendu à 58 mais la moyenne sur les 2 derniers mois toujours élevée à 58.4. Les chiffres de l’emploi aussi un peu décevants avec 245k créations en novembre contre un consensus à 460k et un taux de chômage en baisse à 6.7% mais cela pourrait pousser le Congrès à approuver rapidement un nouveau plan de soutien à l’économie. En zone Euro, le PMI manufacturier a été aussi en repli à 53.8 au lieu de 54.8, seule la Chine avec la publication d’un indice PMI manufacturier au plus haut en 10 ans à 54.9 contre 53.5 estimé et 53.6 le mois précédent a montré que l’économie chinoise était toujours sur une bonne dynamique de reprise rassurant ainsi les investisseurs.

Sur le plan monétaire, la BCE a délivré le message attendu par le marché, soit dans le cadre de son dernier comité de l’année, elle a annoncé : 1-relever le montant de son programme PEPP de 500Mds€ portant le total à 1,850Mds€ et de le prolonger au moins jusqu’à fin mars 2022, 2-poursuivre l’application des TLTROs jusqu’à la fin 2021 avec les modalités les plus favorables qui s’appliqueront jusqu’en juin 2022, 3-laisser ses taux inchangés (Refi à 0.0%, le taux de prêt marginal à 0.25% et celui des dépôts à -0.5%), 4-prévoir une inflation de 0.2% (vs 0.3%) en 2020, puis 1.0% pour 2021, 1.1% pour 2022 et 1.4% pour 2023, 5-prévoir une contraction du PIB au T4 de -2.2%, de -7.3% pour 2020, puis une reprise de +3.9% pour 2021, de +4.2% vs pour 2022 et de +2.1% pour 2023. Du côté de la Fed, elle a finalement eu gain de cause dans son bras de fer qui l’opposait au Trésor. La banque centrale américaine a annoncé la prolongation jusqu'au 31 mars 2021 de plusieurs de ses facilités de crédit aux entreprises qui devaient expirer le 31 décembre. Cette décision a été validée par le Secrétaire d’Etat au Trésor, Steven Mnuchin.

Sur le plan fiscal, les démocrates et les républicains n’ont toujours pas validé un accord sur un paquet de 908 $ mds mais la probabilité d’y arriver avant la fin de l’année semble de plus en plus en fort. En Europe, la Pologne et la Hongrie ont accepté de lever leur véto sur le plan de relance et le budget pluriannuel européen permettant ainsi sa signature lors du Conseil Européen présidé par Angela Merkel.

Sur le plan politique, côté Brexit les négociations sont restées dans l'impasse sur la manière de maintenir des « règles équitables » pour la concurrence après que le Royaume-Uni aura quitté le marché unique. Michel Barnier (négociateur en chef des européens) a annoncé qu’un « No-Deal » lui semblait à présent plus probable qu’un accord commercial avant le 31 décembre, tandis que B. Johnson et U. Von Der Leyen ont fixé dimanche le Ministre chinois des Affaires étrangères a souligné son engagement envers l'accord commercial de phase 1 avec les Etats-Unis. 13 décembre comme date butoir pour les négociations, alors que les trois heures de discussions à Bruxelles se sont soldées encore par une impasse.

Sur le plan commercial, le ministre chinois des Affaires étrangères a souligné son engagement envers l'accord commercial de phase 1 avec les Etats-Unis, enlevant la perspective d’un retour de tensions entre les deux pays lors du passage de la présidence américaine à Joe Biden le 20 janvier 2021.

Sur le pétrole, les pays membres de l’OPEP+ ont décidé d’ajuster leur production de 0,5 mb/j , soit de 7,7 mb/j à 7,2 mb/j) à partir de janvier 2021. De plus, ces pays ont convenu de tenir des réunions mensuelles afin d’évaluer les conditions de marché et de décider de nouveaux ajustements de production pour le mois suivant, avec des ajustements mensuels supplémentaires ne pouvant s’élever à plus de 0,5 mb/j. 

  • Gestion

Début novembre, plusieurs changements sur les modèles stratégiques par rapport aux signaux envoyés le mois précédent. L'indicateur fondamental américain est entré en territoire négatif (mais légèrement), générant une baisse substantielle de l'exposition aux actions américaines. Cela est principalement dû à des facteurs macroéconomiques, en particulier à la croissance économique où la force de l'ISM Manufacturier implique, historiquement, un risque de resserrement de la FED. A l'inverse, d'autres indicateurs fondamentaux (UEM, Japon, EM) sont plus solides ce mois-ci (grâce aux révisions de croissances qui ont livré un signal positif fort ce mois-ci pour tous les marchés). Le résultat est que l'indicateur fondamental des marchés émergents est revenu positif, entraînant une nette hausse de l'exposition aux actions émergentes. Enfin, l'exposition stratégique aux taux a également diminué, tous les modèles fondamentaux étant plus baissiers, principalement en raison du fait que les facteurs de risque sont devenus négatifs.

Tactiquement, nous avons décidé de mettre en œuvre un biais positif sur les actions afin de compenser une partie de la baisse du modèle stratégique et de maintenir nos paris relatifs sur les secteurs de la zone Euro, du Japon, des EM et de l'Europe. Toutefois, nous avons décidé de mettre pleinement en œuvre l'évolution du modèle taux tout en maintenant notre pari sur les TIPS américains.

Globalement, nous prévoyons que la tendance haussière se poursuivra dans les mois à venir, même si une consolidation temporaire pourrait se produire. Après un fort mouvement haussier sur les actions, la volatilité pourrait se déplacer vers les marchés obligataires et des changes qui n'ont pas pleinement intégré le nouvel environnement.

Au cours de la période, nous avons effectué plusieurs changements dans les portefeuilles.

-   Actions : vente d’une partie de l’exposition aux grandes capitalisations américaines. Augmentation de notre pari relatif sur le secteur bancaire Euro contre l’EuroStoxx50 et maintien des paris tactiques pro reflation.

-   Obligations : réduction de la duration par allègement de nos positions sur les obligations allemandes, anglaises, américaines et japonaises.

-   Devises : vente de notre position short GBP/USD et maintien du long JPY/USD ainsi que du long CAD/USD.

-  Matière Première : pas de changement.

L’exposition globale aux actions est de 25% et de 50% sur le SMACG et SMADG, la duration modifiée est à 1.6 et 2.75 respectivement. L’exposition au dollar US est de -13% et -26% et sur l’or à 0.6% et 1.2%.

  • Perspectives

A court terme, une digestion de la performance historique du mois de novembre reste un scénario à prendre en considération mais les principales raisons pour remettre du risque restent plus que jamais d’actualité. Ainsi tous les récents mouvements de repli des indices ont  été achetés jusqu’ici. Le développement prometteur autour des vaccins, la passation de pouvoir politique aux Etats-Unis plus apaisée que celle redoutée ainsi qu’un plan de relance américain important et coordonné avec la nomination de Janet Yellen comme secrétaire d’Etat au Trésor, plus des valorisations qui ne sont pas si élevées compte tenu de la hausse des perspectives de résultats à venir, sont autant d’éléments positifs qui continueront de maintenir la volatilité sur ses niveaux bas et inciteront au repositionnement sur les actifs risqués pour aborder le potentiel d’upside en 2021.

A plus long terme, les fondamentaux sont voués à s’améliorer partout dans le monde dans les trimestres à venir, en lien avec la hausse des agrégats monétaires mondiaux. Les risques, qu’ils soient politiques, économiques, sanitaires ou commerciaux pourraient avoir atteint un pic, tout comme le durcissement des conditions d’accès au crédit par les banques commerciales. L’atténuation du risque sanitaire post vaccination sera de nature à retrouver un climat de confiance plus propice à l’investissement, tout comme la mise en place effective des volets infrastructures des plans de relance. 

Les performances passées ne permettent pas de présager des performances futures.